Sénégal: Mbour - Des élèves réclament de meilleures conditions pour les travailleuses de la pêche artisanale

Mbour — Des élèves du Centre de formation et d'application pédagogique Abbé David Boilat de Mbour (ouest) ont plaidé jeudi en faveur de meilleures conditions de travail et d'existence pour les femmes du secteur de la pêche artisanale.

Ils estiment en effet que si les les femmes sont mieux traitées dans leur milieu professionnel, tout le pays s'en sentira mieux.

"Avec les problèmes de l'océan, cette mère nourricière, les difficultés des femmes méritent qu'on s'arrête un peu et qu'on fasse une introspection, afin de prendre les bonnes décisions", a notamment déclaré Mariama Véronique Kandé, présidente du gouvernement scolaire dudit centre.

Elle s'exprimait au démarrage de la huitième édition du forum des acteurs de la pêche artisanale. Cette manifestation est organisée par l'Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale maritime (APRAPAM), avec le soutien de la Confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (CAOPA).

Elle s'inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l'océan axée sur le thème "Genre et océan", et qui se tient le 8 juin de chaque année.

"Les femmes et les hommes de l'océan : Enjeux et défis pour l'amélioration des conditions de travail et d'existence des femmes dans le secteur de la pêche artisanale", est le thème du forum qui, de l'avis de Mariama Véronique Kandé, est on ne peut plus d'actualité.

"Au nom des enfants du monde, de l'Afrique et du Sénégal, je voudrais attirer l'attention de tous et de chacun sur certains phénomènes qui, si on y prend gare, créeront des problèmes insolubles dans la planète", a-t-elle lancé, en présence notamment du directeur de la pêche maritime, Mamadou Goudiaby.

Selon elle, "les côtes sénégalaises, jadis poissonneuses, peinent maintenant à satisfaire la demande locale".

Des espèces halieutiques comme le "thiof" disparaissent du plat national sénégalais, le riz au poisson communément appelé "thiébou djieune".

"Et comble de désespoir, la sardinelle ou +Yabooy+, qu'on pouvait acquérir aisément, se raréfie. Les causes sont humaines. Ressaisissons-nous !", a-t-elle lancé.

Elle déplore le fait que les usines de production de farine de poisson utilisent la sardinelle, ce qui, à l'en croire, entraine la surexploitation de l'espèce.

"Pensez-vous à la catastrophe humanitaire qu'occasionnera la raréfaction du poisson ? Nous voulons des industries de transformation, mais pensons d'abord à la sécurité alimentaire et aux problèmes de santé publique que causent ces usines", a-t-elle exhorté.

Elle estime que sans les femmes, le secteur de la pêche ne serait jamais une locomotive pour le développement du pays.

"A l'ère où on parle de parité, pourquoi sont-elles stigmatisées ? Pourquoi travaillent-elles dans des conditions difficiles pour des revenus inférieurs à la charge du travail ? Ce pays ne pourra émerger que si les femmes sont traitées à la valeur de leurs efforts", a-t-elle martelé, estimant que les richesses doivent être "redistribuées équitablement".

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Plus de: APS

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