Burkina Faso: Santé - Mon "stage" d'une journée à la maternité de Yalgado

Ils courent d'une salle à l'autre, d'une patiente à l'autre, assistent un accouchement, exécutent une césarienne ou font une simple consultation... Ce sont des sages-femmes, des chirurgiens, des gynécologues, des anesthésistes, en somme le personnel opérationnel de la maternité Yalgado- Ouédraogo.

Leur travail au quotidien est fait de craintes mêlées de désolation quand ils font face à des situations délicates comme celles de perte d'un bébé ou d'une mère. Mais c'est la joie, quand, grâce à leurs mains expertes, ils réussissent un accouchement ou sortent une patiente d'une situation difficile. Des gémissements de douleurs de parturientes, des cris de nouveau-nés... Compte rendu du «stage »de 24 heures que nous avons effectué il y a quelques mois de cela dans la maternité du plus grand Centre hospitalier universitaire du Burkina Faso où les agents de santé se démènent comme de beaux diables pour donner la vie.

D'incessants cris de douleur suivis de soulagement, des vagissements de nouveau-nés. Parfois des pleurs de parents éplorés. C'est le concert habituel dans toute maternité comme celle du plus grand hôpital du Burkina Faso, le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO).

Dans la salle de tri qui fait office d'un sas d'entrée, une parturiente, la trentaine, le ventre arrondi, couchée sur un des quatre lits, se tord de douleur. Sur les autres couchettes ou sur des pagnes étalés à même le sol, bien d'autres femmes sont aussi en attente de délivrance. Elles vivent le même calvaire. La scène est insoutenable. En blouse rose carrelée, les sages-femmes sont sollicitées de façon incessante et de tous les côtés. Débordées, elles tentent de rassurer comme elles peuvent et de parer au plus urgent.

Dans ce climat de confusion, on entend soudain les premiers cris d'un nouveau-né suivis d'un ouf de soulagement de la mère. « M'tilgam », lâche-t-elle, en langue mooré, pour dire qu'elle vient d'être libérée ou sauvée. Ne dit-on d'ailleurs pas, en Afrique, qu'une femme enceinte a un pied dans la tombe et l'autre sur terre ? Où tout simplement qu'elle est entre la vie et la mort ?

Initialement pressentie pour une césarienne, une autre finira par accoucher par voie basse, avec à son chevet une obstétricienne, un médecin gynécologue et un interne (étudiant en 7e année de Médecine). Pendant qu'elle était en travail, elle entendait instamment : «Oui, allez-y ! Poussez ! Bravo !». Cette dernière incitation m'impressionne. Mes préjugés sur le mauvais comportement des accoucheuses se dissipent aussitôt. Jusqu'alors, j'avais en tête le cliché des matrones qui ne faisaient que crier sur les futures mamans, voire les insulter. Oui, les unes abonnées aux propos sarcastiques et les autres scotchées aux télénovelas comme le racontent couramment les usagers des maternités. Cette bienveillance serait-elle motivée par la présence étrangère que nous constituons ?

Si la délivrance de cette dame intervient un peu tôt, ça n'a pas été le cas pour celle que «j'avais accompagnée» : Kamini Nadjari, référée au CHU-YO depuis Fada N'Gourma, était en effet ma patiente. Oui, "ma " patiente, puisque j'ai été autorisée à assister à son intervention chirurgicale. Pour la simple et bonne raison que dès mon entrée dans la salle de tri, c'est à moi que, essoufflée, le regard presque vide, elle s'était adressée en implorant mon secours. Mais elle était loin d'imaginer que je n'avais pas prêté le serment d'Hippocrate. Malgré cet état de fait, elle avait tout simplement été rassurée par mes propos au point que, avec l'autorisation des agents de santé, on m'enfila une blouse bleue. On m'affecta illico presto «un maître de stage». Mon stress était au summum, le sentiment de ne pouvoir être utile à cette dame m'envahissait de plus en plus. Pourtant, l'expression de son visage indiquait qu'elle s'attendait à ce que je la tire d'affaire. Je fis de mon mieux en lui apportant l'assistance de la stagiaire d'une journée notamment par la conversation, en attendant l'arrivée des professionnels littéralement happés par le travail. Même si en réalité elle et moi ne nous comprenions point, barrière linguistique oblige.

Les va-et-vient dans la salle d'accouchement ne cessent donc jamais. Dans ces courses folles, je perds de vue mon «maître de stage», le docteur Amélie Naré qui, au regard des nombreuses tâches, n'avait pas trop de temps pour moi. Je la retrouverai à la «base», dans la salle de tri, presqu'une heure après.

L'habit ne fait pas le moine, dit-on, mais avec ma blouse bleue, j'étais devenue une praticienne du métier que je le veuille ou pas. En témoignent les multiples sollicitations des futures mères. Face à ma réticence, certains accompagnateurs, me foudroyaient du regard, estimant que je restais impassible à leur angoisse et surtout à la souffrance de leurs parentes. Et dire que c'est dans une telle atmosphère qu'exercent les agents de santé. «Non, je ne serai pas en mesure d'exercer ce métier !», me suis-je dis in petto. Perdue dans mes pensées, je finis par oublier momentanément ma patiente.

Programmée depuis 8h pour une césarienne, c'est finalement après 11h que dame Nadjari sera conduite au bloc opératoire, non sans avoir été préparée par une équipe. Là-bas, elle est entourée d'une armada de «sauveteurs» composée d'anesthésistes, de chirurgiens et bien entendu de la stagiaire d'une journée. Sur le billard, à l'aide de la Bétadine rouge et jaune, elle est désinfectée du bas-ventre au ventre. Les anesthésistes s'impliquent pour "tuer la douleur". Une anesthésie rachidienne, m'explique-t-on doctement, lui est appliquée après de nombreuses difficultés puisqu'elle n'était pas à même d'adopter la posture souhaitée. Il se posait, en fait, un problème de communication car la patiente ne parle que le gulmatchéma, une langue que les agents de santé ne comprennent pas aussi.

Par des gestes et la participation de toute l'équipe, cette barrière linguistique finit par tomber. Cet obstacle levé, c'est le champ qui est posé. Vous êtes perdu dans ce jargon ? Allons, la stagiaire va vous expliquer. Le champ, c'est ce tissu qui est utilisé pour couvrir la patiente tout en laissant à découvert la partie concernée par l'intervention. Il permet aussi aux chirurgiens, en plus de leurs blouses, de se protéger. Toutes les précautions prises, le docteur Thiamou, un diplômé d'études spécialisées, épaulé par un de ses collègues, avec beaucoup de précision, de rigueur, ouvre l'abdomen de Kamini et fait sortir le bébé,quimalheureusement, n'a pas émis le moindre souffle de vie.

Les chirurgiens coupent le cordon ombilical, donnent le mort-né à une infirmière chargée de le remettre aux accompagnateurs de la dame. Après, c'est le placenta qui est expulsé. Ils s'attellent aussi à débarrasser l'utérus des cellules mortes. Ce processus terminé, l'équipe vide le ventre du sang, raccorde l'utérus rafraîchi, assèchent à plusieurs reprises le ventre. Elle remet en ordre tout ce qu'elle avait désorganisé pour faire sortir le bébé avant de pratiquer une suture : un spectacle, insoutenable pour la novice que j'étais. L'abdomen, soigneusement refermé, Kamini est par la suite débarrassée des champs posés sur elle. Quelques instants plus tard, elle commence à balbutier quelques mots dans sa langue maternelle et à travers son regard interrogateur, on pouvait imaginer aisément qu'elle demandait des nouvelles de son bambin.

Autant dire que sa souffrance avait fait place à une autre douleur plus atroce. Pour remonter le moral aux femmes dans cette situation, on a coutume de dire : «Mieux vaut avoir le contenu de la calebasse versé que la calebasse brisée». En d'autres termes, tant qu'elle sera en vie, elle pourra encore enfanter. Une poche de sang posée sur un brancard, elle est alors conduite successivement en salle de réanimation, puis en soins intensifs. Pourquoi le nourrisson est "reparti" comme on dit ? Le dossier de ma patiente montre qu'elle a attendu longtemps son intervention. Pour quelles raisons ? Les questions se bousculent dans ma tête sans que je puisse y apporter le moindre début de réponse.

Rupture à Fada, rupture à Ouaga

D'après les relevés, Kamini a fait un long voyage d'où un long travail. Depuis une formation sanitaire à Matiacoali, elle a été référée à Fada N'Gourma avant d'être conduite dans la capitale. Je n'ose pas imaginer son calvaire et la souffrance fœtale qui peut aller avec sur cette RN 4 faite de colmatage. Selon ses accompagnateurs (sa mère et son frère), ils ont quitté Matiacoali un dimanche soirpour la cité de Yendabili. Dans le chef-lieu de la région de l'Est, les agents ont estimé qu'ils ne pouvaient pas assurer sa prise en charge. C'est à bord d'une ambulance qu'elle a dû parcourir 236 autres kilomètres avant d'arriver à Ouagadougou au petit matin du lundi 20. La césarienne s'est tout de suite imposée après qu'elle a été auscultée.

5000 francs CFA : c'est la modique somme qu'avaient empoché en tout et pour tout, les accompagnateurs de la patiente. C'est en cela que la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans peut être salutaire. Mais encore faut-il que les produits nécessaires soient disponibles. Ce qui ne fut, hélas, pas le cas pour ma patiente à son arrivée, car beaucoup de médicaments manquaient. Le kit complet de l'intervention était presque vide. Il n'y avait qu'une trousse universelle et un kit de césarienne. Un kit complémentaire avait donc été prescrit. De quoi aggraver l'angoisse du frère et de la mère qui ont vite procédé à d'interminables appels téléphoniques dans le but de solliciter de l'aide.

Les médecins, conscients de la gravité du cas, étaient, eux aussi, préoccupés. «Le cas de cette femme est sérieux, il faut qu'on l'opère le plus vite possible», murmure l'un d'entre eux à son collègue. Mais sans le matériel au complet, la césarienne pouvait-elle se faire ? Une situation qui ne manque pas d'irriter le professeur Blandine Thiéba/Bonanet, professeur titulaire de gynécologie-obstétrique à l'université Ouaga I, par ailleurs chef du service gynécologie à Yalgado : «C'est énervant de voir qu'on peut offrir des soins à une personne et ne pas pouvoir le faire parce que le malade n'est pas en mesure de faire face à l'ordonnance complémentaire qui est prescrite. Quand le malade souffre, cela joue sur nos nerfs et même sur la qualité de la prise en charge», rouspète-t-elle.

Appareil d'échographie vieillissant

C'est comme si les autres attendaient que la doyenne se lâche avant d'ouvrir le feu. Les plaintes fusent. Celle qui revenait en boucle, le manque de matériels adéquats pour assurer convenablement la prise en charge des malades. Ils sont révoltés parce que, l'opinion lie toujours leurs revendications aux questions pécuniaires. «C'est vrai, la profession de médecin est comme toutes les autres, on l'exerce pour de l'argent mais il est insupportable pour nous de voir nos malades souffrir par manque de matériels», affirme un agent, agacé. Pour lui, les grèves perlées menées par les syndicats visent le plus souvent à revendiquer de meilleures conditions de travail, ce qui implique une disponibilité du matériel.

Et d'énumérer «seulement quelques-unes des difficultés» auxquelles ils font face. « Actuellement les résultats de l'échographie sont presque illisibles du fait du vieillissement de l'appareil qui date de 1990. Aussi pour un hôpital de référence, il n'y a qu'un seul défibrillateur, appareil qui permet de réanimer le cœur en cas de crise cardiaque. Mais faute de matériels, le massage est fait manuellement. Cette manière archaïque, excusez-nous du terme, de massage à l'aide des mains peut-il être efficace pour ramener une personne à la vie ?», s'interroge-t-il. Et notre interlocuteur d'enfoncer le clou : «Nous avons perdu beaucoup de nos patientes à cause de cet appareil qui, sur le marché au Burkina Faso, ne coûte que 600 000 francs CFA l'unité. Avec cette politique de gratuité des soins, si le malade arrive, il ne s'attend plus à aller chercher des produits. Pour lui, tout est gratuit, il ne peut pas comprendre qu'il y ait souvent des ruptures».

Moins de deux heures après, Jean-Baptiste Nadjari, frère cadet de la patiente obtient l'argent tant espéré. Ordonnance en main, il se précipite vers la pharmacie de l'Hôpital. Là, il y avait un long rang interminable, comme d'habitude. Même pour un renseignement, il faut attendre son tour. Pendant qu'il s'impatientait pour apporter le nécessaire à sa sœur, elle se contorsionnait. C'est finalement aux environs de 10h que Jean-Baptiste s'est présenté avec les produits souhaités. Mais pour l'étape suivante, le bloc opératoire était déjà occupé si bien que Kamini Nadjari y entrera après 11h. Elle complétait à 7 le nombre des interventions de la matinée. La suite de l'histoire, vous la connaissez déjà !

Dans la soirée, à 18h, une autre équipe, composée de trois médecins assistants et de trois internes, monte la garde. Mon maître de stage fait toujours partie de l'équipe de relais. Avant 20h, les agents profitent du peu d'affluence pour souffler un tant soit peu. Mais ce temps mort ne sera que de courte durée, l'espace s'étant rempli d'autres femmes que les sapeurs-pompiers venaient de convoyer. Les cas urgents se multiplient, la débandade des médecins reprend de plus belle, eux qui étaient limités par l'absence des internes de l'université de Ouagadougou, en grève pour des raisons de frais de stage impayés. Qu'à cela ne tienne, la petite équipe de garde était au four et au moulin, tantôt dans la salle de tri, tantôt en salle d'accouchement ou au bloc.

«On ne peut pas vous référer à Schiphra»

Dans ce méli-mélo, Latifa Pagbelma, une patiente référée d'un CMA de la ville pour hypertension artérielle demandera par la suite à être transférée à Schiphra, justifiant sa requête par la longue attente qu'elle a dû subir sans soin. On lui explique que l'hôpital Yalgado, en tant que centre de référence, ne peut référer une personne à Schiphra. Néanmoins, si elle y tient, elle doit signer des documents qui engagent sa responsabilité au cas où un incident se produirait. Elle se résolut donc à rester au CHU-YO et reçut ses soins, un peu plus tard.

La patience n'est pas la chose la mieux partagée en ces lieux. Kadidja Nikièma, une accompagnatrice de malade, finira par sortir de ses gonds en estimant que l'agent mettait du temps à examiner sa protégée. Une interpellation à la limite d'une agression verbale. Sa colère finit par s'estomper tel un soufflet quand elle se rendit compte que le disciple d'Hippocrate ne traînait pas ses pas de façon désinvolte : il était simplement surbooké. Le médecin, quant à lui, a fait fi des "remontrances", tout en continuant à faire de son mieux pour être en règle vis-à-vis du serment qu'il a prêté.

En tout, 32 admissions ont été enregistrées au cours de ma journée de stage, dont 18 césariennes et 6 accouchements par voie basse et le reste constitué de consultations.

Le nouveau visage de la maternité

Entre janvier et mars 2018, la maternité a été fermée pendant 45 jours pour des travaux de rénovation. Les usagers étaient orientés vers l'hôpital de Tengandogo ou celui de Bogodogo. Les agents de Yalgado, eux, ont été redéployés pour appuyer lesdites structures. La fermeture temporaire répondait aussi à un besoin de désinfection et de désencombrement. Le département, de l'avis de son premier responsable, le professeur Blandine Thiéba/Bonanet, présentait un visage très peu reluisant : des archives entreposés pêle-mêle, des infrastructures défectueuses et des infections post-interventions qui se multipliaient. Cela faisait une dizaine d'années que la maternité n'avait pas été désinfectée. Depuis, elle a fait peau neuve : murs repeints, locaux désinfectés, entre autres. Mais le manque de lits se pose toujours avec acuité.

L'établissement, selon la cheffe, a une capacité de 89 lits et reçoit environ 40 à 50 personnes par jour. Au-delà des femmes déjà hospitalisées, certaines d'entre elles se voient obligées d'étaler des nattes à même le sol, obstruant du coup les couloirs. Même l'espace près des toilettes est occupé et bonjour les odeurs nauséabondes sans oublier que les patientes elles-mêmes, s'exposent ainsi à de nouvelles infections. Si cette section a rouvert ses portes sans que les travaux de rénovation ne soient complètement achevés, c'est à cause de la demande de plus en plus forte, à en croire, sa responsable. «Eu égard à son caractère social, cet hôpital prend en charge plus des 70% des urgences de la ville de Ouagadougou et d'ailleurs», a expliqué dame Bonanet.

Un des objectifs des travaux était d'emmener les populations à fréquenter les structures sanitaires proches de leur lieu d'habitation si leur cas ne nécessitait pas un déplacement à Yalgado. L'idée était de réduire l'affluence et de permettre à chaque malade de bénéficier d'un lit. Peine perdue. Avec le processus de désinfection, certes beaucoup de choses ont été améliorées (travaux de peinture, aération de l'espace, les archives stockées sous un hangar, etc.), mais la forte fréquentation demeure une épine qui peine à s'être extirpée du pied de cette maternité. En vue de juguler le phénomène, le service a sollicité un appui de la part de bonnes volontés pour améliorer ses locaux, nonobstant l'existence d'un plan de restructuration de Yalgado.

« Ce plan se fait attendre. Si mon département devait l'attendre, le service aurait de véritables problèmes de couverture sanitaire. Sans compter le matériel pour améliorer les prises en charge, un appui pour terminer la réfection de la maternité et un soutien pour l'informatisation des fichiers ne seront pas de trop. Pour sortir de ce bourbier lié à l'encombrement, l'idéal serait de construire un grand Centre hospitalier universitaire (CHU) dans les quatre coins de Ouagadougou puisque les anciennes constructions ne répondent plus à la croissance de la population», suggère le Pr Thiéba. Yalgado, initialement, a été pensé et construit pour desservir 500 000 habitants, alors que Ouagadougou est estimée à plus de 2 millions d'âmes de nos jours.

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