13 Juin 2019

Congo-Brazzaville: Sakia Lek - « Le raphia c'est un tissu de luxe »

interview

Sakia Lekoundzou, alias Sakia Lek, est designer, créatrice de mode du Congo Brazzaville. Elle valorise le raphia à travers ses créations et ses expositions à l'étranger.

Vous êtes dans la couture des habits en raphia. Pouvez-vous nous parler de cette initiative ?

Je ne suis pas seulement dans le tissu raphia. Je travaille tous les tissus. Vous avez des designers qui valorisent des tissus en pagne, Il y en a qui le font avec le bogolon ou le kainté. Mais, moi, je le fais avec le raphia. Mon but est de valoriser cette matière qui est la nôtre, parce que non seulement nous avons une histoire avec cette matière-là, mais nous avons également un avenir avec elle. Car il y a des moments où on se réveille et on la remet au goût du jour. Tout est question de mode.

Comment comptez-vous l'imposer sur le marché ?

C'est une question de présentation. En tant que designer, si le tissu est beau mais mal présenté, il ne passe pas. Il suffit de prendre le raphia, le mettre au goût du jour pour le valoriser. Chaque année on a une nouvelle création mais le corps humain n'a pas changé. C'est la façon dont on présente des nouvelles choses qu'on met sur ce corps qui fait que c'est nouveau ou c'est vieillot.

Comment faites-vous pour vous procurer le raphia ?

Le tissu raphia vient un peu de partout au Congo (Zanaga, Djambala, Ignié...). L'honorable Cyr Ebina m'a beaucoup aidée dans l'obtention de ce tissu. Je le remercie infiniment. On a commencé à travailler avec quelques artisans, ma mère aussi m'aide beaucoup. Toutes les personnes qui savent que j'utilise le raphia me le fournit dès qu'il est disponible.

Vos habits en raphia retiennent-ils l'attention dans les boutiques d'habillement ?

Disons que le raphia c'est un tissu de luxe. On ne l'achète pas pour le porter tous les jours, parce qu'on voit la beauté, la valeur de la chose. J'ai présenté le raphia à Dallas, aux Etats Unis, où il n'est pas consommé comme chez nous en Afrique. Nous l'avons dans nos tenues traditionnelles, nous sommes un peu plus habitués et avons une approche de raphia qui est bien différente. A cette présentation, les gens qui le touchaient étaient très étonnés et très émerveillés. Ce qui est drôle, c'est que le thème était « Le vêtement du futur ». Et la petite collection de raphia que j'avais présentée était celle qui avait plus fait voyager les gens dans le futur. Je pense donc que c'est une question de perception.

Avec le député Cyr Ebina, vous avez en commun un projet portant effectivement sur le raphia. Peut-on en savoir un peu plus ?

Nous avons plusieurs projets en vue et n'avons jamais arrêté de travailler. Pour les médias, nous avons le Salon de la mode en août. Le but est une fois de plus de valoriser notre culture à travers le raphia. Nous n'avons pas le bogolon et le kainté ; le raphia est notre tissu à nous. En octobre, nous aurons la foire et les métiers de la mode au Palais des congrès, du 10 au 12. Nous allons aussi parler du raphia mais d'une façon un peu technique. On parle des antivaleurs mais il y en a aussi dans le domaine culturel. Au Congo, nous n'avons pas une vraie tenue traditionnelle, on parle du pagne mais il n'est pas d'origine africaine. Nous avons une histoire (... ), nous sommes des Bantous. Nous avons même des descendants en Afrique du Sud. Ba bantou ya kizulu qui sont devenus des Zulu sont partis avec une partie de notre culture. Maintenant, qu'est-ce qui nous reste entre les mains qui permet de nous revaloriser et d'avoir de quoi nous battre contre ces antivaleurs, surtout culturelles ? Si aujourd'hui en prônant de la valeur, on commence à redévelopper le patriotisme, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui peuvent s'arrêter par elles-mêmes.

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