Ghana: Le Ghana et la Côte d'ivoire veulent plus d'argent pour leur cacao

Les deux premiers pays producteurs mondiaux de fèves de cacao ont décidé de ne plus vendre leur marchandise à un prix inférieur à 2.600 dollars la tonne afin de mieux rémunérer les agriculteurs.

"Ces deux grands producteurs dans un seul groupe auront une capacité de négociation beaucoup plus forte" (Mori Diané, économiste)

Les pays africains producteurs de cacao souhaitent réduire leur trop grande dépendance vis-à-vis des fluctuations du prix du kilo de fèves sur le marché international.

Abidjan et Accra, qui assurent à eux seuls 75 % de la production mondiale des fèves de cacao, ont donc décidé de suspendre leur vente de cacao et exigent un prix minimum de 2.600 dollars la tonne afin de mieux rémunérer les producteurs.

"Face aux enjeux environnementaux et sociaux, notre responsabilité est aussi d'adresser la problématique du maintien de l'intérêt des producteurs pour la culture du cacao. Pour convenir avec nous que celle-ci est étroitement liée à un revenu décent des producteurs", a déclaré Yves Brahima Koné, le directeur général du Conseil café-cacao de Côte d'Ivoire.

Cette décision, qui a entraîné une hausse des prix du cacao à 2.552 dollars la tonne à New York, est saluée par l'économiste Mori Diané, vice-président du Cabinet de conseils AMEX International.

"Si la Côte d'Ivoire et le Ghana sont en mesure de négocier les prix de base de la fève à un prix plus élevé, cela va certainement profiter à l'Etat bien sûr - à cause des impositions fiscales mais aussi certainement aux propriétaires des champs de cacao, les agriculteurs eux-mêmes. En associant ces deux grands producteurs dans un seul groupe, ils auront une capacité de négociation qui sera beaucoup plus forte que quand ils vont individuellement sur le marché"

Sur les 100 milliards de dollars que représente le marché mondial du chocolat, seuls six milliards reviennent aux agriculteurs. Ceux-ci vivent mal de leur activité comme l'explique Johnson Mensah, producteur de cacao ghanéen.

"Le prix des fèves pour le producteur diminue tandis que le prix du chocolat continue d'augmenter. Nous les producteurs, nous souffrons."

Mais Michel Arrion, le directeur exécutif de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), a émis des doutes sur la portée de cette mesure.

Selon lui, "la hausse du prix sur le marché mondial n'ira pas forcément dans la poche des producteurs", qui vivent dans une "pauvreté extrême".

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Deutsche Welle

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.