14 Juin 2019

Sud-Soudan: Les militaires appellent de nouveau les civils à la négociation

Depuis le 3 juin et le démantèlement dans le sang du sit-in à Khartoum, le dialogue est totalement rompu au Soudan. Selon les putschistes, les pourparlers peuvent reprendre. Mais les soldats restent intransigeants sur certains points.

Le Conseil militaire de transition (CMT) a fermement rejeté, jeudi lors d'une conférence de presse, plusieurs exigences des civils pour une reprise du dialogue. Sur la coupure d'internet, les soldats estiment que les réseaux sociaux véhiculent trop de fausses informations, parfois dangereuses. Pas question de rétablir la connexion.

L'enquête internationale sur le massacre du 3 juin ? Le CMT juge le bureau du procureur suffisamment compétent. Les conclusions sont attendues peut-être samedi.

Sur les raisons du bain de sang, les putschistes présentent une version difficile à croire : le démantèlement du quartier chaud de Colombia aurait dégénéré car des militaires ont désobéi aux ordres ou se sont trompés d'endroit. Une version contredite par de multiples témoignages et vidéos.

Autre demande des civils : que les soldats et notamment la milice FSR (Forces de soutien rapide) quittent les rues. Le Conseil militaire de transition répond que la sécurité est sa prérogative. Il ne laissera personne interférer dans la sécurité du pays.

Les putschistes ont d'ailleurs évoqué des coups d'État. Deux tentatives auraient selon eux été déjouées. Un groupe de cinq soldats et un autre d'une quinzaine ont été mis aux arrêts. Ils étaient soit favorables à l'ancien régime, soit favorables aux civils. Le CMT accuse même des politiques, parfois membres de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), d'être les commanditaires.

Malgré cette intransigeance, les militaires tendent de nouveau la main. Selon eux, les conditions minimales pour la reprise d'un dialogue direct sont bien là. La communauté internationale pousse d'ailleurs en ce sens, notamment le secrétaire d'État américain chargé de l'Afrique.

Les États-Unis pas vraiment entendus

Tibor Nagy vient de passer 24 heures à Khartoum. Les demandes du diplomate américain correspondent aux exigences préalables des civils pour reprendre un dialogue direct. Le secrétaire d'État adjoint a demandé au Conseil militaire un arrêt complet des attaques contre les civils, un retrait total des soldats encore dans les rues, une enquête indépendante sur le massacre du 3 juin et la remise en route d'internet.

L'appel n'a donc visiblement pas ému le CMT si l'on en croit les déclarations des militaires lors de la conférence de presse jeudi soir. « L'Amérique est un grand pays qui nous a donné des conseils », a simplement déclaré le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole du Conseil militaire.

Bref, les États-Unis ne sont pas encore accueillis à bras ouverts à Khartoum, eux qui ont maintenu le Soudan sous sanctions pendant 20 ans.

Pour l'instant c'est la médiation éthiopienne qui semble faire des progrès. Selon le CMT, Addis-Abeba a permis d'instaurer un minimum de confiance pour une reprise du dialogue direct. Les putschistes demandent d'ailleurs au médiateur de lancer un nouvel appel pour que les civils rejoignent la table des négociations. Les militaires ajoutent que l'Éthiopie et l'envoyé spécial de l'Union africaine travaillent ensemble et devraient faire des propositions la semaine prochaine.

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