Algérie: La contestation continue malgré les arrestations de proches du régime

En Algérie, l'emprisonnement d'ex-dirigeants politiques proches d'Abdelaziz Bouteflika n'a pas calmé la contestation. Les manifestants se sont à nouveau mobilisés en masse ce vendredi 14 juin.

Malgré un important dispositif de sécurité déployé dans le centre-ville d'Alger, des dizaines de milliers de personnes ont de nouveau défilé dans les rues de la capitale, mais aussi dans tout le pays. De nombreux slogans ont été chantés en réaction aux arrestations de cette semaine, notamment celles des anciens Premier ministres Abdelmalek Sellal et d'Ahmed Ouyahia.

« En prison, il n'y a pas de yaourts, il y a de la soupe », ont ainsi scandé les manifestants, une allusion à la légende voulant qu'Ahmed Ouyahia aurait déclaré à l'époque de l'austérité que les Algériens n'avaient pas besoin de manger de yaourts tous les jours. Des pancartes réclamaient aussi l'arrestation d'autres responsables politiques. « Il reste Bouteflika, il reste Gaïd Salah », chantaient certains. Pour les manifestants, les arrestations de cette semaine ne suffisent pas, ou en tout cas n'ont pas de sens si elles se limitent à ces anciens ministres.

Un homme portait une pancarte sur laquelle était inscrit « Qui juge qui ? ». Pour lui, la justice n'est pas assez indépendante, et pour de nombreux manifestants, ces arrestations sont des règlements de compte. Ils réclament un changement politique et le départ des autorités. Un collectif distribuait ainsi des tracts réclamant la libération des prisonniers d'opinion.

La liste des arrestations d'anciens caciques du pouvoir s'allonge. Le général à la retraite Ali Ghediri, candidat à la présidentielle du 18 avril finalement annulée, a lui aussi été arrêté. Il avait été interpellé dans un premier temps mercredi soir, avant d'être libéré dans la nuit pour être de nouveau convoqué par les services de sécurité. Il a été transféré au tribunal jeudi 13 juin et placé en détention provisoire dans la soirée.

Selon ses proches, il est accusé d'avoir mis en danger la sécurité nationale en donnant des informations à des agents étrangers et d'avoir participé à un « projet qui visait à affaiblir le moral de l'armée et porter atteinte à la défense nationale ». La presse évoque également une accusation de falsification de formulaires de parrainage pour le dossier de candidature à l'élection présidentielle qui devait se tenir au mois d'avril.

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Plus de: RFI

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