14 Juin 2019

Sénégal: Un DRDR pour un transfert de la subvention des semences vers le prix au producteur

Thiès — Le directeur régional du développement rural (DRDR) de la région de Thiès Mamadou Guèye s'est dit vendredi favorable à la suppression de la subvention étatique sur les semences distribuées aux producteurs, qu'il propose d'injecter dans le prix auquel le gouvernement achète l'arachide aux producteurs, afin de booster la production et d'éviter les détournements d'objectif.

M. Guèye présentait le bilan de la campagne agricole 2018-2019 avant de dresser les perspectives de celle à venir.

Il a dit partager la même vision que d'autres participants à cette rencontre, quant à la nécessité de revoir le modèle de distribution des semences.

Plusieurs participants dont un producteur, un opérateur et l'adjoint au gouverneur Omar Ndiaye, qui avait présidé la rencontre, ont souligné l'inefficacité de cette subvention qui souvent n'arrive pas aux personnes ciblées.

"Le problème de la répartition des semences est un gros problème", a-t-il souligné, relevant que c'est "le premier" acte que le nouveau ministre de l'Agriculture Moussa Baldé a posé dès son arrivée à la tête de ce département.

Il abordait cet aspect après que le président de l'Union des groupements de producteurs de Mékhé (UGPM), Fallou Diagne, avait suggéré que la subvention annuelle de 60 milliards CFA sur les intrants agricoles, soit orientée vers le prix au producteur.

"Ce n'est pas, avait-il estimé, en la mettant sur des tracteurs qui sont hors de portée des petits producteurs qu'on soutiendra la production".

Le tracteur subventionné à 70% par l'Etat, coûte 7, 727 millions de francs CFA, selon le DRDR. "Pour moi, il faut qu'on laisse cette subvention, pour subventionner le prix au producteur", a poursuivi , Mamadou Guèye, estimant que ce serait là "une manière d'encourager la production".

Il a fait remarquer que la subvention étatique des semences, telle qu'elle se présente actuellement, engloutit beaucoup d'argent, sans avoir d'impact sur les producteurs.

L'Etat subit d'ailleurs "une pression" des bailleurs de fonds qui l'exhortent à la supprimer. "Le modèle de distribution (des semences) doit être revu et l'Etat devra prendre ses responsabilités", estime le DRDR.

Il préconise en lieu et place "un ciblage" à l'avance pour identifier les vrais producteurs, et la définition de critères d'attribution.

Au cas contraire, "le problème ne sera jamais résolu", prévient-il, avant de signaler que les services de l'agriculture ont déjà élaboré un document sur la question.

Cette subvention destinée surtout à appuyer les petits producteurs, profite le plus souvent à des gros producteurs, qui achètent les semences et les engrais pour ensuite "les revendre plus cher", a indiqué l'adjoint au gouverneur.

Des cas liés à des personnes arrêtées pour trafic d'intrants agricoles, font florès dans la presse, a fait remarquer Omar Ndiaye.

Des commerçants ou des fonctionnaires sont aussi concernés par ces pratiques, selon le président de l'UGPM, Fallou Diagne.

"L'Etat ne peut pas subventionner les semences et elles se retrouvent plus chères chez les producteurs", a relevé l'adjoint au gouverneur. Selon lui, l'Etat, conscient de cette situation, a ramené la subvention de 60 milliards FCFA lors de la campagne agricole passée à 52 milliards de francs CFA pour la prochaine campagne.

"L'Etat ne peut pas continuer à ce rythme. Il y aura un jour où (il) va arrêter la subvention, parce qu'il ne s'y retrouve plus", a-t-il averti. "Quand on est un gros producteur, il faut aller acheter" les semences, dit-il, laissant entendre que les petits producteurs sont prioritaires dans la répartition des intrants subventionnés.

Concernant les tracteurs, il a lancé : "Sur un million de personnes, si seules 9 personnes peuvent acheter un tracteur, il y a problème". Pour le moment, sur le quota régional de 22 tracteurs dont seuls six ont été jusque-là réceptionnés, 9 requérants ont payé, selon le DRDR.

Pour M. Ndiaye, les services de l'agriculture, les opérateurs, les sous-préfets doivent se concerter sur la question pour trouver une solution. Il a aussi suggéré que les producteurs soient organisés en GIE pour acquérir des tracteurs dans le cadre d'une mutualisation de leurs forces.

Avec le mode de distribution actuel des quotas, les producteurs se retrouvent à l'arrivée avec 4 à cinq kilos chacun, a déploré M. Diagne.

Dans certains villages, les producteurs s'entendent pour procéder au tirage au sort pour se répartir leur quota ou l'affecter à tour de rôle à certains d'entre eux d'une campagne à une autre.

Dans d'autres localités encore, les semences sont distribuées à ceux qui ont payé l'impôt. Les quantités reçues après le partage, sont souvent insuffisantes pour emblaver des superficies importantes.

Modou Fall estime qu'il faut revenir à l'ancien système de la "part fixe" et de la "part variable".

Si tout le monde avait droit à la part fixe, seuls ceux qui présentaient un reçu de commercialisation d'arachides pouvaient prétendre à la part variable. C'était pour éviter que des personnes qui ne cultivent pas disposent de davantage de semences dont on ne pouvait maîtriser l'utilisation, a-t-il dit.

Sénégal

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