Ile Maurice: Débats budgétaires - La moitié de la population satisfaite avec le budget, selon Showkutally Soodhun

Lors de la séance des débats budgétaires hier, vendredi 14 juin, Showkutally Soodhun a pris la parole peu avant minuit. Au menu: chiffres, éloges personnels et à l'attention de Pravind Jugnauth.

L'ancien ministre des Terres et du Logement est catégorique. 600 000 personnes sont satisfaites du budget. Cependant, il n'a pas révélé la méthodologie utilisée pour expliquer comment il est arrivé à ce chiffre, ou encore, pourquoi l'autre moitié de la population n'est pas satisfaite...

Par la suite, il a rappelé que son intervention suite à l'injonction du groupe Betamax sur le pétrolier de la State Trading Corporation en 2017 a évité une situation de crise. Dans la foulée, Showkutally Soodhun, qui était ministre du commerce lorsque le contrat avait été alloué à Betamax, affirme qu'il ne faisait pas partie de ceux qui en avaient pris la décision. D'ailleurs, selon sa version des faits, il avait demandé un rapport sur Betamax et la cassure du gouvernement PTr-MSM-PMSD viendrait de là... N'empêche, il estime que Pravin Jugnauth sera Premier ministre pour les prochaines 25 années.

Avant Showkutally Soodhun, c'est Ashit Gungah qui avait la parole. Pendant plus d'une heure, il a fustigé l'ancien régime et a salué le budget «responsable» de Pravind Jugnauth.

Reza Uteem: «Le communiqué de la BoM est illégal»

Il n'y est pas allé de main morte. Le député du Mouvement militant mauricien (MMM) Reza Uteem s'est longuement attardé sur la mesure relative à l'utilisation des réserves de la Banque de Maurice (BoM).

Selon lui, puiser dans les «accumulated reserves» de la Banque centrale pour rembourser la dette publique s'apparente à un «dangereux précédent». D'autant plus, avance-t-il, que la BoM Act est on ne peut plus claire : cette institution doit être indépendante et ceux qui sont à sa tête ne devraient pas agir en tant que «rubber stamp» du gouvernement.

Le député mauve a expliqué en détail les deux fonds de la Banque centrale et a souligné que l'établissement essuie des pertes depuis des années. Citant le communiqué émis le 12 juin et qui stipule que c'est une pratique internationale acceptée que les réserves d'une Banque centrale soient utilisées pour financer la dette publique, le député du nº 3, Port-Louis maritime - Port-Louis Est, a fait ressortir qu'en plus d'être «misleading», la missive serait tout à fait illégale car la loi n'a pas encore été amendée et l'institution se doit de garder son indépendance. Le leader adjoint du MMM s'est appuyé sur des exemples, notamment l'Inde et la Turquie, et a affirmé que leur Banque centrale a pu résister lorsque les Finances voulaient imposer la même mesure ayant trait aux réserves.

Lui donnant la réplique plus tard, Sudhir Sesungkur, ministre des Services financiers, a expliqué que les réserves de la BoM se situaient à environ Rs 230 Mds en 2018 et que c'est une «sound practice» de les mettre à contribution pour le pays. Il a rappelé que la loi n'a pas encore été amendée. Zouberr Joomaye a, quant à lui, accusé plus tôt «certaines personnes» d'être des schizophrènes et de vouloir à tout prix démolir ce que fait le gouvernement.

Medpoint met le feu aux poudres

Tout est parti du discours de Reza Uteem. À un moment donné, le député a parlé de l'affaire MedPoint, soulignant que l'hôpital pour le traitement des cancéreux n'avance pas. Et que le bâtiment et les équipements ont été achetés pour la somme de Rs 144 M, alors qu'ils étaient dans un état déplorable. Le Premier ministre est sorti de ses gonds, martelant : «Shame on you!». Des hurlements, des cris se sont fait entendre. «Privy Council inn donne toi clak !» - des remarques fusaient des deux côtés de la Chambre. La speaker, Maya Hanoomanjee, a eu fort à faire pour faire régner le calme...

Arvind Boolell: créer une zone maritime protégée

Le député rouge a fait une proposition dans le cadre du dossier Chagos, suivant l'avis consultatif de la Cour internationale de justice et la résolution votée aux Nations unies. Il a invité le Premier ministre à proclamer une zone maritime protégée, «qui aurait le potentiel d'être classée patrimoine mondial». Selon Arvind Boolell, une telle zone attirerait le soutien de la communauté internationale et «pourrait faciliter le relogement des Chagossiens dans leurs îles natales». Le député travailliste a consacré la majeure partie de son intervention à critiquer sévèrement la décision d'amender la Bank of Mauritius Act, pour que l'État puisse avoir accès aux réserves. Ce qui, selon lui, va davantage endetter le pays.

Mahen Seeruttun: la liste des vieilles casseroles

Discours fleuve de plus d'une heure du ministre de l'Agro-industrie. Ce n'est que dans les dernières minutes qu'il a fait le point sur les mesures dans le secteur qu'il dirige. Notamment les facilités données aux petits planteurs de canne, celles visant à réorganiser le secteur du thé, la production de miel et de macadamia, entre autres. Il a passé la majeure partie du temps imparti à revenir sur les casseroles de l'ancien régime, lançant par exemple qu'il y avait alors«un Premier ministre en permanence en lune de miel». Cela, sous les encouragements des rangs de la majorité. La speaker interviendra une fois pour lancer : «Honourable Rutnah, I don't think the minister needs any assistance.»

Dan Baboo: «Merci Gaëtan»

À la fin de son discours, le député du PMSD a tenu à répondre aux critiques contre son parti, formulées la veille par le député de Rodrigues Buisson Léopold. Dan Baboo a affirmé que le «développement de Rodrigues date de l'époque de sir Gaëtan Duval». «I was not born, he was not born.» Il a insisté en soulignant que la cité où habite le député de Rodrigues, à Cascade Jean-Louis, a été construite par sir Gaëtan Duval. Avant cela, le député bleu a énuméré une longue liste de «Panadol measures», des annonces budgétaires de ces dernières années qui ne se sont toujours pas concrétisées.

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