15 Juin 2019

Sénégal: La répression de la manifestation de "Aar li nu bokk" à la Une

Dakar — La répression de la manifestation de la plateforme "Aar li nu bokk" est le principal sujet en exergue dans la livraison des quotidiens reçus samedi à l'Agence de presse sénégalaise (APS).

Le rassemblement "pacifique" que la plateforme "Aar li nu bokk" prévoyait d'organiser place de la Nation vendredi pour, dit-elle, s'indigner des accusations de corruption en lien avec la signature de contrats pétroliers et gaziers au Sénégal, a été tué dans l'œuf par un impressionnant dispositif sécuritaire déployé suite à la décision du préfet de Dakar d'interdire cette manifestation.

Les policiers avaient investi très tôt les lieux de ce rassemblement prévu à partir de 14 heures et avaient également bloqué toutes les voies d'accès à la place de la Nation de même que celles conduisant au boulevard du Centenaire.

Le préfet de Dakar, invoquant des "menaces réelles de trouble à l'ordre public", avait interdit le rassemblement. L'autorité administrative avait également évoqué, pour motiver sa décision, des craintes liées à une "incitation à la violence à travers des propos irrévérencieux à l'endroit des institutions publiques, des risques d'infiltration par des individus malintentionnés".

La plateforme "Aar li nu bokk" avait été mise sur pied à la suite des allégations de corruption présumée contenues dans un reportage de la BBC et visant Aliou Sall, frère du chef de l'Etat Macky Sall, dans le cadre des contrats pour l'exploitation du pétrole et du gaz découverts ces dernières années au Sénégal.

Ce samedi, les quotidiens se sont fait largement écho de la répression de cette manifestation.

Il y avait "intifada à Dakar" vendredi après-midi, selon le quotidien Enquête, soulignant que "pendant plus de deux tours d'horloge, hier, le centre-ville de Dakar a été paralysé par les manifestants contre l'octroi de blocs d'hydrocarbures à Pétro-Tim. Contre les grenades lacrymogènes, les manifestants se sont battus avec des pierres".

Selon L'As, "Dakar renoue avec le feu". "Les leaders de la plate-forme Aar li nu bokk ont bravé, comme annoncé, l'interdiction préfectorale en tentant de se rassembler à la Place de la Nation. Mais ils ont été cueillis par un impressionnant dispositif sécuritaire qui les a réprimés avant de disperser la manifestation à coup de grenades lacrymogènes. En guise de riposte, les manifestants ont répondu par des jets de pierres", écrit le journal.

"Pas de Place de la Nation pour les manifestants", note Source A qui relève que les leaders de l'opposition, Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall, Mamadou Lamine Diallo, Ousmane Sonko "protestent dans leurs véhicules, loin des grenades lacrymogènes".

Selon Vox Populi, "la guérilla urbaine déjoue les plans du pouvoir". Le journal fait état de "violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants dans plusieurs quartiers ; un impressionnant dispositif sécuritaire pour mater la manifestation de +Aar li nu bokk+ ; des responsables de l'opposition et de la société civile arrêtés puis relâchés dans la soirée".

Le Quotidien parle de "répression de la pression", soulignant dans son billet "sucré salé" qu'il y avait du "gaz dans l'air". "Les riverains de la place de l'Obélisque ont senti l'odeur du gaz jusque dans leur chambre à coucher. Mais le gaz de la polémique n'est pas encore sorti des profondeurs atlantiques. Et les flics étaient là pour réprimer les marcheurs qui voulaient mettre la pression sur l'Etat", écrit le journal.

La publication ajoute : "Partout, on sent le gaz et les propos contradictoires enflamment le débat public. Où se trouve la vérité ? On est tous suspendu aux conclusions de l'enquête du procureur Serigne Bassirou Guèye qui navigue dans une ambiance gaie".

"La Police +dans le pétrole+", selon Sud Quotidien, ajoutant : "détonation de bombes lacrymogènes, fumigène, pneus brûlés, routes barrées avec de grosses pierres ou des barrières. Tel était le décor, hier, vendredi, aux alentours de la Place de la Nation".

"La police gaze les manifestants", affiche à sa Une Walfadjri. "Même s'ils n'ont pas pu dérouler leur manifestation à cause d'une bunkeurisation de la Place de l'Obélisque et alentours par les forces de l'ordre, le collectif Aar Li nu bokk, est parvenu à réussir son coup", selon le journal.

Il ajoute : "Malgré l'absence des leaders de l'opposition, ils sont parvenus à instaurer un climat de terreur par des jets de pierres, des pneus brûlés et une perturbation de la circulation".

Dans sa livraison du jour, Le Soleil met en exergue le secteur avicole, "une filière qui rapporte gros" avec "plus de 120 milliards de francs Cfa de chiffre d'affaires en 2016 et 55 000 emplois directs et indirects générés".

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