Sénégal: Daaray Sembène annonce une enquête sur la maltraitance des enfants

Thiès — La Maison de la pédagogie de l'image et du numérique Daaray Sembène projette de mener une enquête dénommée "Xale foo dëkk ?" dans cinq villes du Sénégal, pour documenter la maltraitance des enfants, a annoncé vendredi sa directrice Hadja Maï Niang.

"Il faudra une enquête nationale et Daaaray Sembène va s'y mettre (à travers) un programme "Xale foo dëkk", a-t-elle dit, au siège de sa structure, au quartier Thiès None. La directrice de Daaray Sembène rencontrait la presse, suite à la publication le 19 mai dernier d'un rapport de Human Rights Watch, faisant état de cas de viol, de décès et de séquestration d'enfants au Sénégal.

Elle estime que tout porte à croire que les affirmations de l'ONG britannique sont fondées. "Oui, il y a maltraitance une maltraitance nationale" des enfants au Sénégal, acquiesce-t-elle, notant que le seul fait de faire mendier des enfants pieds nus dans les rues, dans l'indifférence totale des Sénégalais, est en soi une forme de souffrance qui leur est infligée.

Maï Niang a évoqué des cas relayés dans la presse, comme celui de Silèye Bâ en 2003, à Saint-Louis. la photo du garçon de 6 ans, "enchaîné, déshabillé séquestré et affamé pendant trois jours" par son maître, avait fait "le tour du monde", a-t-elle dit.

Un autre enfant talibé en fugue pendant trois semaines avait été retrouvé et récupéré par Daaray Sembène dans son site d'accueil de prise en charge provisoire.

Daaray Sembène travaille sur la problématique depuis 12 ans, a-t-elle dit. Selon Hadja Maï Nianb, par ailleurs enseignante-chercheure à l'Université de Thiès, des étudiants seront mis à contribution pendant les prochaines vacances scolaires dans l'étude "Xale foo dëkk" (Enfant, où habites-tu ?, en wolof).

L'enquête aura lieu dans certains quartiers de Dakar et dans quatre autres villes que sont Mbour, Thiès, Koungheul et Saint-Louis, a indiqué la responsable de la maison d'accueil sise au quartier Thiès None.

Maï Niang estime qu'il faudrait une enquête nationale pour cartographier la situation de la maltraitance des enfants à travers la mendicité, qui selon elle, ternit l'image du Sénégal, notamment aux yeux des visiteurs qui tenaient en haute estime le pays de la Téranga (hospitalité).

Elle suggère que l'Etat construise des "daaras dignes de ce nom, pour honorer l'islam" dans les coins reculés du pays, afin de permettre aux enfants d'y rester pour apprendre le Coran, en l'alliant à l'enseignement général.

Le gouvernement devrait aussi soutenir les internats existants, a-t-elle préconisé. "Certaines personnes pensent qu'apprendre le Coran, c'est être dans le misérabilisme, alors que l'islam est une religion d'honneur", a-t-elle poursuivi. "Et quand on dit honneur, il faut honorer nos enfants".

Elle invite les Sénégalais à " se donner le mot pour arrêter de donner de l'argent" aux enfants mendiants, à les faire travailler dans les marchés, moyennant quelques pièces d'argent, pour assécher les sources de revenus de ceux qui les exploitent.

"Un commerce qui ne marche pas, va fermer sa boutique", a-t-elle dit.

Le 22 mars dernier, Daaray Sembène avait lancé une alerte au président Macky Sall sur la situation déplorable des enfants du Sénégal, pour un pays qui prétend à l'émergence, a rappelé la responsable.

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