Afrique: Développement - Accélérer l'interconnexion énergétique pour industrialiser l'Afrique

Des ministres des Finances et gouverneurs de plusieurs pays du continent, présents aux assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), ont plaidé en faveur des projets d'intégration énergétique régionale.

Réunis autour de la thématique « Partenariats porteurs de transformation : résoudre le déficit énergétique de l'Afrique par le biais d'initiatives régionales », les dirigeants africains, en majorité gouverneurs de la BAD, ont estimé que l'industrialisation du continent n'est possible que s'il parvient à relever le déficit énergétique.

« Le socle du développement en Afrique, c'est l'énergie », a déclaré Irène Muloni, ministre de l'Énergie et du développement minéral de l'Ouganda dont le pays est à la tête du pool énergétique d'Afrique de l'est.

Selon elle, l'intégration de projets régionaux en matière d'énergie est un élément clé pour résoudre le problème de l'accès de la population à l'électricité.

En effet, l'Afrique est pourvue en ressources capables de favoriser et de fournir une énergie renouvelable suffisante à sa population (solaire, éolienne, biomasse) mais 40% des Africains n'ont pas accès à l'électricité.

Ainsi, face aux défis à relever en la matière, il est donc impérieux de mobiliser des ressources suffisantes pour financer les projets d'intégration énergétique.

Pour ce faire, la mise en place des réformes politiques et réglementaires, en s'appuyant sur la capacité fédératrice de la BAD, constitue un impératif, notamment en Afrique centrale où l'institution financière panafricaine a mis en place une stratégie permettant de gagner cette bataille.

A propos, Ousmane Doré, directeur général Afrique centrale de la BAD, a précisé que cette banque a élaboré une stratégie robuste qui intègre le financement de Inga III, dans le cadre du projet d'investissement de l'Afrique centrale qui s'appelle Pida.

« La Banque appuie le projet Inga III, un projet de grande capacité énergétique de portée continentale, avec une vaste capacité d'environ 4800 mégawatts. Il est donc question d'aller à une plus large grande production de l'ordre de 10/.000 mégawatts et la banque est en discussion avec les autorités de ce pays pour voir comment s'engager dans le cadre du grand Inga, car c'est un projet non seulement régional, mais continental visant à réduire le déficit énergique en Afrique », a-t-il précisé, soulignant qu'il y a également le projet concernant Natchigal.

"Inga, un corridor énergétique stratégique pour le continent"

Intervenant dans ce sens lors du dialogue présidentiel de haut sommet, le 12 juin, en marge des assembles annuelles de Malabo, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a plaidé effectivement pour l'augmentation de la capacité du barrage de Inga qui constitue, d'après lui, un corridor énergétique stratégique et important pour la région, mais pour une grande partie du continent.

Toutefois, indiquait-il, outre la question énergétique, le développement de l'Afrique passe également par le défi lié à la sécurité, sans laquelle la zone de libre-échange continentale ne pourrait se faire sans heurt.

Par ailleurs, a noté le ministre algérien des Finances, Mohamed Loukal, l'Afrique du Nord est très avancée dans le domaine de l'intégration énergétique, citant dans la foulée le transport d'électricité de l'Algérie, gros producteur d'hydrocarbures, vers le Maroc.

« En plus du méga-projet de gazoduc avec le Nigeria (4 000 km de long, capacité de trente milliards de m3), la stratégie de l'Algérie se tourne vers les énergies renouvelables avec un pacte très ambitieux à l'horizon de 2030-2035 », a-t-il expliqué, insistant sur le rôle clé de la BAD dans la réalisation de projets structurants.

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