Congo-Brazzaville: Santé publique - Une campagne pour atteindre l'autosuffisance en produits sanguins sécurisés

À l'occasion de la célébration de la seizième Journée mondiale du donneur de sang, le 14 juin, le Premier ministre, Clément Mouamba, a appelé à la mobilisation de tous pour faire constamment le don de sang afin de sauver des vies en réduisant considérablement le taux de mortalité lié au manque de ce produit vital.

Au Congo, toutes les trois minutes, un malade a besoin d'être transfusé. « Chaque année, 40% de femmes meurent d'hémorragie liée à la grossesse par manque de sang. Dans plus de 50% des cas, les enfants meurent d'anémie liée au paludisme, le manque de sang est incriminé », a expliqué le directeur général du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), le Dr Serge Oscar Mokono. Il a, par ailleurs, fait savoir que 55% des produits sanguins mis à la disposition des hôpitaux servent à la transfusion des enfants de moins de 5 ans et 30% servent à la prise en charge des hémorragies de la femme autour de l'accouchement. Chaque année, les besoins en produits sanguins augmentent sans cesse, a-t-il fait constater.

Au CNTS, l'approvisionnement en sang est tributaire du don d'un membre de la famille ou don de remplacement. Ce mode représente plus de 50% du sang collecté. Pour garantir l'autosuffisance en produits sanguins, selon les standards internationaux, il faut qu'au moins 1% de la population congolaise en donne régulièrement, soit un ratio d'au moins dix dons de sang pour mille habitants. Or, dans le pays, ce ratio est de quatre dons pour mille habitants.

Un taux largement insuffisant qui pose beaucoup de difficultés à satisfaire la demande en produits sanguins, a indiqué le directeur général du CNTS. « La part du gouvernement c'est de consacrer les ressources suffisantes et mettre en place des systèmes et des infrastructures permettant d'augmenter la collecte de sang auprès des donneurs volontaires, bénévoles et réguliers », a-t-il déclaré.

La culture du don de sang non intériorisée en Afrique

Pour sa part, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé au Congo, le Dr Lucien Manga, a expliqué que la pénurie de sang dans la plupart des pays de la Région africaine est liée à la mise en œuvre hésitante des politiques et à l'absence des systèmes, des structures permettant de garantir un approvisionnement suffisant en sang et produits sanguins sans risque sanitaire pour tous les patients. Selon lui, la majorité de jeunes et des adultes n'ont pas encore adopté la culture du bénévolat pour ce qui est du don de sang.

Le thème choisi pour la campagne de sensibilisation de cette année est « Le don de sang et l'accès universel à des transfusions de sang sécurisé en tant qu'élément pour atteindre une couverture sanitaire universelle», avec pour sloagan qui l'accompagne « Du sang sécurisé pour tous». Selon la ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo, ce thème incite à prendre des mesures essentielles pour bâtir les fondations solides d'un approvisionnement national durable en sang, suffisant pour répondre aux besoins de tous les patients devant recevoir une transfusion. « Nous devons tous œuvrer pour l'atteinte de l'objectif de l'autosuffisance en produits sanguins sécurisés », a-t-elle souligné.

« Devenons tous donneurs de sang et faisons entrer le don de sang dans notre culture de vie et dans notre quotidien », tel est le mot d'ordre donné par le Premier ministre. Clément Mouamba a aussi assuré que le gouvernement, avec l'appui de ses partenaires techniques et financiers, travaille dans la perspective de la mise en place d'une politique nationale de transfusion sanguine et de l'élaboration d'un cadre législatif devant promouvoir la qualité ainsi que la sécurité du sang et des produits sanguins ainsi que l'uniformité de l'application des normes.

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