15 Juin 2019

Afrique: La Zone de libre-échange continentale au cœur des délibérations à Nairobi

La quinzième réunion de la plate-forme de partenariat du Programme détaillé de développement de l'agriculture en Afrique (PDDAA) s'est tenue, le 11 juin, dans la capitale du Kenya.

Organisée par la Commission de l'Union africaine (UA) et l'Agence de développement de l'Union africaine-Nepad, la réunion de cette année avait pour thème « Améliorer le commerce et l'accès aux marchés pour accélérer la transformation agricole », qui découle de la reconnaissance du rôle que peut (et devrait) jouer le commerce intra africain dans la croissance économique ; mais aussi des défis importants impliqués.

S'adressant aux parlementaires, aux représentants du gouvernement kényan, aux institutions de l'UA et aux représentants des principales parties prenantes du PDDAA, le VVice-président de la République du Kenya, le Dr William Ruto, a déclaré qu'« il est difficile de se faire une vision définitive de la prospérité sans un rôle pour le commerce. Mais pour que le marché puisse se lancer efficacement, une infrastructure qui améliore la connectivité et l'accès est nécessaire ».

Il a également souligné l'importance du libre-échange pour accroître la disponibilité des terres cultivables.

« Le libre-échange garantit que chaque producteur soit connecté au marché grâce à des systèmes efficaces et compense les déséquilibres de prix qui augmentent les marges bénéficiaires. Le libre-échange crée une demande pour des technologies efficaces, inspirant l'innovation. Dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), davantage de terres seront disponibles pour la culture avec une meilleure technologie, plus de nourriture et de meilleure qualité seront disponibles sur toutes les tables », a-t-il déclaré.

La conférence a eu pour but d'examiner les progrès et de partager les expériences de mise en œuvre du PDDAA depuis sa dernière réunion tenue à Libreville, au Gabon, en avril 2018. Elle visait également à dresser un bilan des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de Malabo et à encourager le dialogue ainsi que les actions (collectivement ou individuellement par les organisations/pays) et à encourager l'apprentissage entre pairs pour accélérer les progrès.

« Nous devons tous travailler main dans la main pour nous mettre d'accord sur la feuille de route et les principales mesures politiques qui permettront au secteur agricole de tirer pleinement parti du marché unique africain de 1,3 milliard de personnes et d'un PIB cumulé supérieur à 3,4 trillions de dollars. Nous pouvons transformer l'agriculture d'ici à 2025. Alors que nous continuons à célébrer le lancement récent de la Zlecaf, nous devons non seulement débattre mais aussi prendre des mesures pour attirer des fonds des secteurs public et privé afin de renforcer le commerce intra-africain et catalyser la transformation agricole en Afrique », a déclaré Josepha Sacko, Commissaire de l'UA pour l'économie rurale et l'agriculture.

La PP du PDDAA reste une plate-forme agricole continentale pour le dialogue politique, le partage des enseignements à tirer et la responsabilisation entre les parties prenantes du PDDAA afin de faire progresser ce programme. La réunion s'est appuyée sur les leçons tirées ainsi que les défis des éditions précédentes, et a permis de rationaliser davantage l'ancrage de cette plate-forme de mobilisation et d'engagement multipartite tout en renforçant le partenariat entre les mandataires afin d'accélérer la mise en œuvre du PDDAA.

Soixante-trois milliards de dollars dépensés dans les importations des produits alimentaires

En 2015, les pays africains ont dépensé environ soixante-trois milliards de dollars pour les importations alimentaires, en grande partie en provenance de l'extérieur du continent. Les travaux de modélisation de la Commission économique pour l'Afrique (CEA) prévoient que le commerce intra-africain des produits agricoles passera de 20 à 30 % en 2040 avec la mise en place de l'accord de la Zlecaf, ce qui générera des recettes publiques, augmentera les revenus des agriculteurs et permettra d'accroître la capacité des agriculteurs et des pays à investir dans la modernisation du secteur par la transformation et la mécanisation.

Au nom du secrétaire exécutif de l'AUDA-Nepad, le Dr Ibrahim Mayaki, le Dr Hamady Diop, chef du programme AUDA-Nepad (Gouvernance des ressources naturelles, sécurité alimentaire et nutrition) a évoqué les obstacles à surmonter afin de « stimuler le commerce intra-africain, notamment la nécessité pour les pays de faire preuve d'un meilleur leadership lorsqu'ils s'engagent avec des partenaires de développement, la mentalité de silo dans la mise en œuvre des programmes agricoles aux niveaux régional et national et le manque continu de vision similaire entre le secteur public et privé dans le programme de transformation agricole ».

« L'Afrique a dû faire face à une facture d'importation de produits alimentaires et agricoles de trente-cinq milliards de dollars par an en moyenne et qui augmente plus vite que le commerce intra-africain », a-t-il ajouté.

Parmi ces importations en forte croissance, il convient, a-t-il expliqué, de prendre en compte les produits transformés et les aliments à valeur ajoutée. Ce qui, selon lui, souligne la nécessité d'accélérer le développement de l'industrie agro-alimentaire dans le cadre d'une approche de la transformation agricole fondée sur la chaîne de valeur et, par conséquent, « de renforcer les liens entre les politiques et les stratégies de développement agricole, commercial et industriel ».

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