Angola: La dette publique a financé l'enrichissement illicite, dit le leader du MPLA

Luanda — La dette publique, notamment la dette externe, a atteint un niveau très élevé parce qu?elle avait aussi servi à financer l?enrichissement illicite d?une élite restreinte sélectionnée à base de parenté, d?amitié et de compérage.

C'est ce qu'a déclaré samedi, à Luanda, le leader du Mouvement Populaire de Libération de l'Angola, João Lourenço, qui, qualifiant d'injustice cette situation, a souligné la nécessité de la surmonter d'urgence.

A ce propos, il a dit que pour amortir la dette, l'Etat était aussi en train de payer l'investissement dit « privé » à la banque, à la téléphonie mobile, aux médias, aux diamants, entre autres, que « quelques uns ont fait avec des fonds publics ».

«C'est inacceptable, et nous ne pouvons pas nous conformer, car ils se sont servi des entreprises publiques, notamment de la Sonangol (société nationale des hydrocarbures) et de la Sodiam, pour financer également quelques unes de leurs affaires privées, comme s'il s'agissait des institutions de crédit », a affirmé João Lourenço dans un discours à l'ouverture du septième Congrès extraordinaire du MPLA, parti au pouvoir en Angola.

Selon le leader du MPLA, la situation provoquée par le poids de la dette publique est un défi à relever. Avec ces fonds et d'autres ressources, le gouvernement pourrait mieux lutter contre la pauvreté et retirer de plus en plus des citoyens du seuil de pauvreté et construire une vraie classe moyenne avec un niveau de vie acceptable.

Devant les invités, João Lourenço, qui est également président de la République, a rappelé que la reconstruction nationale avait exigé un grand effort qui a poussé le pays à recourir à l'endettement externe, qui se situe, présentement, à environ 63 pour cent de la dette publique.

Cette dette publique représente, elle-même, actuellement, 84 pour cent du Produit Interne Brut (PIB), a-t-il précisé.

João Lourenço a dit qu'au lendemain de la guerre fratricide qui a ravagé l'Angola, les besoins avaient poussé le pays à contracter assez de dettes pour réaliser des investissements en routes et ponts, ports et aéroports, en chemins de fer, centrales hydro et thermoélectriques et leurs respectives lignes de transfert, ainsi qu'en stations de captage et de traitement d'eau.

« La dette publique, notamment la dette externe, a atteint un niveau très élevé par rapport à ce qui a été réellement investi en infrastructures, parce qu'elle a également servi à financer l'enrichissement illicite d'une élite restreinte bien sélectionnée à base de parenté, d'amitié et de compérage, qui a constitué des conglomérats d'entrepreneurs avec ces fonds publics », a-t-il souligné.

Le leader du MPLA a affirmé qu'augmenter la production interne et diversifier l'économie, en la rendant de moins en moins dépendante des recettes d'exportation pétrolière, constituaient donc un grand défi à relever, dès à présent, par le pays.

Enfin, un autre défi à relever c'est la mise en place du pouvoir local visant à relancer la vie des municipalités et à freiner l'exode rurale des citoyens par la création des meilleures conditions sociales.

C'est donc dans ce sens que le Gouvernement projette de lancer, au courant du mois de juin 2019, le Programme Intégré d'Intervention dans les Municipalités (PIIM), a-t-il annoncé.

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