Afrique Centrale: « Il y a de jà des efforts pour la libre circulation »

interview

Ousmane Dore, directeur général du bureau BAD pour la région Afrique centrale. M. le directeur général, le document de stratégie pour l'intégration en Afrique centrale sur la période 2019-2025 a été présenté il y a quelques jours à Malabo.

Au cours des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement qui se déroulent à Malabo en Guinée Equatoriale, les décideurs africains ont largement planché sur l'intégration en Afrique. L'envoyée spéciale de Cameroon Tribune a rencontré Ousmane Dore, directeur général du bureau de la BAD pour la région Afrique centrale.

En quoi va-t-il accélérer la libre circulation des personnes et des biens, quand on sait que ce n'est pas toujours une réalité malgré les engagements sur le papier ?

Lorsque nous parlons intégration, nous devons d'abord penser que les pays arrivent à commercer et qu'il soit facile de circuler dans l'espace. C'est toute l'essence de cette notion de libre circulation. L'Afrique centrale reste la partie du continent où le volume du commerce intra-régional reste très faible. Cette stratégie va donc permettre d'y remédier dans la mesure om nous appuyons toutes les réformes qui visent à la création de ce marché commun. Ce veut dire que nous soutenons les institutions de la région pour la mise en œuvre des traités et des accords traitant de cette libre circulation des personnes et des biens. Il y a l'accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine qui va rentrer en vigueur dans quelques jours, mais au sein de la zone CEEAC il y a déjà des efforts pour la libre circulation. Au sein de la CEMAC, on a approuvé en 2017 l'accord sur la libre circulation des personnes et de biens. Donc notre appui dans le cadre de la stratégie en cours vise ces réformes pour que le marché commun devienne une réalité.

Pour tout cela, il faut bien des infrastructures adéquates ?

En effet, pour commercer, il faut pouvoir passer d'un point A à un point B. D'où la nécessité d'avoir des infrastructures. Et les infrastructures physiques constituent un volet important. C'est d'ailleurs le premier pilier de cette stratégie, puisque nous avons un programme indicatif de plus de 4 milliards de dollars qui concerne les corridors routier, la réhabilitation des aéroports, etc. pour permettre de faciliter les échanges. Sur le corridor Ketta-Djoum par exemple, entre le Cameroun et le Congo, on prévoit de faire des postes frontières juxtaposés avec les reformes qui vont avec telles que l'abaissement des tarifs douaniers et des barrières non tarifaires.

Cette stratégie prend-elle en compte l'appartenance des pays d'Afrique centrale à plusieurs espaces en même temps et la rationalisation des communautés économiques régionales ?

Il faut dire que sur le plan continental, l'Union africaine a agréé l'existence de huit communautés économiques régionales (CER). Au sein de l'Afrique centrale la communauté économique faîtière reste la CEEAC. Ceci étant dit, l'Afrique centrale a cette particularité que ses pays appartiennent à plusieurs CER. Il y a six pays qui ont la même monnaie ; la RDC, le Burundi et le Rwanda appartiennent en même temps à d'autres CER mais l'Union africaine a tranché. Cependant, il y a parfois une redondance dans les réformes et les textes, mais ce qui est important c'est que ces pays puissent arriver dans une sorte d'union douanière qui facilite les échanges. Nous pensons que c'est un problème qui existe mais il ne faut pas l'exagérer parce que certaines de ces organisations sont créées dans des buts bien précis, notamment politiques et commerciaux et nous en tenons compte. Pour vous rapprocher de la sous région et mieux gérer les questions qui la concernent vous avez signé il y a un an le protocole d'accord portant délocalisation du bureau régional d'Abidjan à Yaoundé.

Où en est-on avec la mise en œuvre de cette signature ?

Nous sommes pratiquement là. Nous serons à Yaoundé dans quelques jours pour la signature de l'accord de siège. C'est quasiment la dernière étape sur le plan administratif. L'autre étape c'est l'aménagement physique du bureau et les travaux y relatifs sont en cours. Nous ferons le point lors de notre séjour pour voir où ils en sont. En tout état de cause, après la signature de l'accord de siège, la banque pourra logiquement faire venir du personnel international. Avec l'ouverture du bureau, nous allons, avec les ministres concernés, nous retrouver à Yaoundé en début septembre pour parler du document de stratégie d'intégration notamment et voir ce qu'il y a de faire dans chacun de ces pays. Je voudrais rappeler que ce bureau n'est pas là pour gérer les affaires du Cameroun qui a un bureau pays, mais pour s'occuper de l'Afrique centrale.

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