Congo-Kinshasa: L'ECC fustige les arrêts de la Cour constitutionnelle

L'Eglise du Christ au Congo (ECC) dénonce tout haut les arrêts rendus par la Cour constitutionnelle invalidant les Députés dont la majorité sont de la plateforme Lamuka. A en croire les membres de cette confession religieuse, la Haute Cour aurait tout simplement violé la loi électorale dans la mesure où elle a dépassé le délai de 60 jours qui lui a été accordé pour trancher le contentieux électoraux.

En effet, après la publication des résultats des élections législatives nationales, la Cour constitutionnelle avait deux mois, soit 60 jours pour examiner les contentieux électoraux comme prévu par loi électorale.

«L'ECC constate avec regret la violation de la loi électorale, d'autant plus que cette loi dit que les invalidations doivent se faire dans les 60 jours. Que la Cour constitutionnelle puisse invalider les Députés au mois de juin, cinq mois après, c'est violer la loi», a éclairé le Directeur de cabinet du Président de l'ECC devant la presse.

Par ailleurs, le pasteur Moïse Gbema a fait savoir que la Cour, qui est sensée respecter la loi, elle viole elle-même la loi. «On se rend compte que la Cour, qui est censée garantir la justice dans ce pays, a violé la loi... Est-ce qu'il faudra dire que parce que la Cour a violé la loi, ces arrêts n'ont aucun effet ? », S'interroge-t-il. A en croire l'ECC, la Cour constitutionnelle n'est pas au-dessus de la Constitution et ne peut pas la réécrire. A cette allure, selon le porte-parole de cette confession religieuse, la Nation congolaise court un gros risque et la Cour perd sa crédibilité. « C'est un gros risque que nous courons comme Nation. A l'allure où vont les choses, il ne faut pas que les institutions perdent leur crédibilité, leur légitimité et leur sens d'autorité», a lâché le révérend Eric Nsenga, porte-porale de l'ECC. Il a, par la suite, déclaré que : « lorsque le peuple perd la confiance en ses institutions notamment, la Cour constitutionnelle, le risque est que le pouvoir soit extra-institutionnalisé... c'est ce que nous vivons en termes de soulèvement et de déviation. Et c'est un gros risque que nous courons comme nation», a-t-il précisé.

La réforme de la CENI

Les arrêts de la Cour constitutionnelle prouvent à suffisance que la CENI n'a pas été à la hauteur de sa mission. Face à ce bilan négatif, l'ECC demande la réforme de la CENI, et la réduction de la représentativité des partis politiques au sein de la Centrale électorale pour enfin crédibiliser davantage la CENI. « Il faudra qu'on puisse diminuer sensiblement la représentativité des partis politiques dans cette institution. Sinon on va se retrouver dans ce que nous sommes en train de décrier aujourd'hui», a préconisé Moïse Gbema, Directeur de cabinet du président de l'ECC. « Nous regrettons tous quand nous avons des fils et filles envoyés à la CENI, qui ne sont pas redevables devant l'Eglise. Là, il y a un problème», a déclaré Maurice Mondengo, le chargé des relations et médias de l'ECC.

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