Congo-Kinshasa: Revendications politiques çà et là - Vers une descente aux enfers ?

Tel un coup de foudre, la Cour Constitutionnelle dans sa casquette de la plus haute instance juridictionnelle du pays, siégeant en matière de contentieux électoral, a dans son confort décisionnel, invalidé près de 21 Députés nationaux et 2 Sénateurs membres de la coalition LAMUKA.

Surprenante soit-elle, bien que constitutionnelle, cette décision a suscité beaucoup d'émois dans le rang de ceux qui, jusqu'aujourd'hui, continuent à cor et à cri de crier à la vérité des urnes. Tenez ! Doit-on, à ce stade, parler d'une grosse injustice ? Pas évident, si l'on sait qu'un Député national du Front Commun pour le Congo, vient d'être aussi invalidé par la même Cour.

Et donc, dans cette foulée, plusieurs revendications ont été constatées en RDC, et cela inquiètent certains citoyens lambda. Pour les membres de la plateforme créée à Genève, qui ont d'ailleurs envahi les rues de la capitale Kinshasa afin de revendiquer une justice équitable, ont-ils laissé entendre que ledit verdict rendu par la Haute Cour, est pris comme ce que l'on qualifierait d'une blague de mauvais goût. Par conséquent, les mamans, jeunes filles, cadres, Députés et Sénateurs de la plateforme Lamuka, n'ont pas manqué de prendre d'assaut les installations de la Cour Constitutionnelle pour manifester leur mécontentement face à la mise à l'écart de leurs élus au niveau de l'Assemblée nationale et au Sénat.

De ce fait, cette situation pénible semble polluer l'arène politique alors que tous les regards étaient jusque-là, fixés sur la coalition FCC-CACH, qui ne s'est toujours pas dotée d'une équipe gouvernementale responsable et capable de décanter la situation de misère à laquelle fait face le souverain primaire. Comment Félix Tshisekedi, ensemble avec ses désormais alliés politiques du Front Commun pour le Congo, arrivera-t-il à former un Gouvernement avec cette odeur suffocante qui s'annonce déjà du côté des différents partis politiques notamment, ceux du Pprd et de l'Udps ? Euh bien, ce questionnement vaut son pesant d'or. Ces derniers, qui, outre les discours acérés, se sont lancés dans des actes de vandalisme intolérables. Pas plus tard que le lundi 10 juin, le siège du Palais du peuple a été le théâtre des affrontements entre les combattants de la fille aînée de l'opposition devenue parti au pouvoir et les forces de l'ordre.

Leur objectif était de mettre en garde les élus du FCC ainsi que la Présidente de la chambre basse du parlement, qui avait, contre toute attente, accordé la parole au Député national Léon Mondole, initiant de ce fait une motion incidentielle concernant les dernières ordonnances du Chef de l'Etat nommant les mandataires publics de l'Etat à la Gécamines et à la SNCC. Cet acte avait fait en sorte que certains élus du camp Kabila ont outrepassé les limites, au point de juger la décision du Président de la République d'inconsciente.

Réclamant ainsi la levée des immunités de Charles Nawej, les militants du parti présidentiel sont allés jusqu'au point de s'affronter avec les bérets rouges du Pprd. Et au solde, tout compte, l'on a enregistré lors de ces affrontements, l'ARC originale de Nawej, le CNC de Pius Muabilu ont été complètement détruit suite à des jets de pierre. Ne s'agit-il pas là du début d'une descente aux enfers ? Ce n'est pas étonnant.

Cessez-le-feu

D'après plusieurs analystes politiques avertis, après la première alternance pacifique, il n'est plus le moment de donner l'espace à des discours désolants. Au vu de l'ampleur de mécontentement, la thérapie valable de communication serait la meilleure voie à suivre. C'est-à-dire, au-delà des querelles et contradictions politiques, le couple FCC-CAH devrait à tout prix enterrer la hache de guerre et privilégier en premier la paix et la cohésion nationale.

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