16 Juin 2019

Congo-Kinshasa: Tensions politiques - L'alerte générale des Etats-Unis, du Canada, de la Suisse et du Royaume-Uni lancée

Dans un communiqué publié vendredi 14 juin dernier, les ambassadeurs des pays accrédités en RD. Congo, en l'occurrence quatre puissances dont les Etats-Unis d'Amérique, le Canada, la Suisse et le Royaume Uni notent que le climat de paix au pays de Lumumba est menacé depuis «les récentes décisions de la Cour constitutionnelle» ayant concouru à l'invalidation de plusieurs députés nationaux, la plupart étant membres des partis et regroupements politiques de l'opposition.

Les chefs des missions diplomatiques de ces quatre pays-amis historiques de la RD. Congo déplorent, pour ce faire, ce qu'ils qualifient d' «aggravation des tensions politiques» à Kinshasa et à travers d'autres provinces du territoire national. Ils constatent, de ce fait, que ces décisions de la première institution judiciaire du pays ont été prises en dehors des échéances prescrites par la loi.

Crispation politique

Le pays de l'Uncle Sam, le Royaume Uni, le Canada et la Suisse regrettent, en effet, ce climat d'incertitude qui s'installe au pays, cinq mois après la première alternance démocratique entre un Chef de l'Etat élu sortant et son successeur élu entrant. Ainsi, rappellent-ils leur engagement pour l'Etat de droit longtemps rêvé par le peuple congolais. A travers leur communiqué, les ambassadeurs de ces 4 pays notent que les récentes décisions de la Cour Constitutionnelle, telles que «prises en dehors des échéances prescrites par la loi nuisent à un climat politique apaisé et mettent à risque l'opportunité après les élections présidentielle et législatives de donner place au changement pour lequel la population congolaise a voté».

Contexte

Plus de 30 députés proclamés élus en janvier 2019 par la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, se sont vus déboutés par la Cour Constitutionnelle siégeant en matière de contentieux électoraux, au-delà du délai légal. Malencontreusement, moult observateurs se sont rendus compte qu'à ces jours, les principales victimes sont les députés élus sur les listes des partis et regroupements politiques membres de l'opposition dont la plateforme Lamuka. D'où l'explication du rebondissement des leaders de la coalition team Genève qui, pour ce qui les concerne, ont suspendu jusqu'à nouvel ordre les prestations de leurs élus nationaux aux activités de l'Assemblée Nationale et du Sénat. Dans cet ordre d'idées, ces derniers avaient dans une déclaration lue la semaine dernière, par l'opposant Martin Fayulu Madidi, appelé l'opinion nationale à la prise en charge, notamment en participant aux différentes marches pacifiques appelées par cette coalition.

Le bémol de la Cour

Il convient d'indiquer, cependant, qu'à l'issue d'une réunion entre les opposants et le Président de la Cour Constitutionnelle, Benoit Lwamba, le vendredi 14 juin dernier, il a été demandé aux sociétaires de Lamuka de calmer leurs militants. «Le Président de la Cour Constitutionnelle nous a dit de demander à nos compatriotes de le laisser travailler dans la sérénité. Nous lui avons dit que la population reste mobilisée. Le cas échéant, il viendra pour réclamer ce qui lui revient de droit», lit-on sur les colonnes du média en ligne Actualité.cd, relayant les propos du porte-parole du Coordonnateur de Lamuka, Chérubin Okende. Il ressort de ce rendez-vous que le numéro un de la Cour Constitutionnelle a promis de s'impliquer pour la mise en place d'une commission spéciale qui procédera, en tout état de cause, au réexamen «en procédure de recours en rectification pour erreur matérielle», de certains cas des députés aussi bien de l'opposition que des autres familles politiques. Dossier à suivre.

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