Congo-Kinshasa: Affaire Gécamines et SNCC - pardon forcé de Nawej à Félix Tshisekedi

Le député national Charles Nawej, celui-là même qui avait mis le feu aux poudres, le vendredi 07 juin 2019 au Palais du Peuple, en outrageant le Chef de l'Etat, au motif qu'il avait signé, en état d'inconscience, les ordonnances nommant de nouveaux mandataires à la Gécamines et à la SNCC, vient de lui adresser une lettre de pardon.

Faut-il vraiment croire à ce repentir tardif, obtenu sous la pression de la rue, après des dégâts matériels et humains importants, dont mort d'homme à Lubumbashi ?

Faut-il prendre acte de la sincérité de cet élu du peuple, qui a persisté à soutenir, pendant une semaine, avec l'appui de sa famille politique mais aussi des militants du PPRD à Kinshasa, à Mbuji-Mayi et à Lubumbashi, la thèse de la violation de la Constitution par le Président de la République ? Le décor qui a prévalu à travers le pays au lendemain du « show » des députés du FCC (Front Commun pour le Congo) au Palais du Peuple, ainsi que les déclarations publiques de ce regroupement politique allant dans le sens de l'inexistence, dans le chef du député Charles Nawej, de la moindre offense à l'endroit du Chef de l'Etat, donne à penser que son pardon est à verser dans le panier à crabes.

Les observateurs s'étonnent que l'incriminé soit le seul à avoir présenté des excuses au Chef de l'Etat. Car, le jour des faits, aussi bien l'auteur de la motion incidentielle contestant la validité des ordonnances présidentielle en rapport avec la nomination de nouveaux mandataires à Gécamines et à la SNCC que l'écrasante majorité des députés nationaux membres du FCC avaient péché par un manque criant d'égards vis-à-vis de la personne du Président de la République. Le public congolais a assisté, le vendredi 7 juin à la télévision nationale, à un lynchage médiatique de Félix Antoine difficile à imaginer.

S'il y a une volonté réelle de réparer l'honneur souillé du Chef de l'Etat, les excuses devraient d'abord venir du bureau de l'Assemblée Nationale, qui a cautionné toutes les dérives enregistrées à cette occasion, en sus de la lettre d'excuses du député national Mondole, l'homme par qui le scandale est arrivé.

Laisser à Charles Nawej tout seul la lourde charge de réparer le grave préjudice moral causé au Président de la République, devant l'opinion tant nationale qu'internationale ne peut être interprété autrement que comme le fruit de la banalisation de l'outrage fait au premier d'entre les Congolais. D'aucuns pensent que pour réserver une suite favorable à une telle démarche, le Chef de l'Etat devrait fait preuve d'une grande hauteur d'esprit et d'un sens élevé du pardon. Sinon, il pourrait purement et simplement lui fermer la porte du pardon.

Hormis le débat sur la valeur du geste de ce député national, il y a celui concernant les blessés, les dégâts matériels et le cas de mort d'homme enregistrés à Kinshasa et ailleurs. Car, au lieu de faire amende honorable le lendemain ou dans les 48 heures, tel qu'exigé par des députés nationaux, cadres et combattants de l'UDPS, terriblement choqués par les propos entendus le 7 juin à partir de l'hémicycle de Lingwala, l'auteur de l'outrage au Chef de l'Etat, ses collègues du FCC ainsi que le Bureau de l'Assemblée nationale ont persisté à soutenir qu'ils n'avaient pas porté atteinte à son honneur.

La question à se poser est de savoir si le pardon de Nawej va réparer les préjudices matériels et humains causés aux tiers ou réveiller le mort. Tout le monde conviendait que si le précité avait réagi positivement à chaude, on aurait évité les menaces d'embrasement qui ont secoué le pays pendant toute la semaine dernière.

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