Ile Maurice: Le Cytotec, retiré du marché, toujours disponible en pharmacie

Deux femmes ont ingurgité du Cytotec récemment, après l'avoir acheté en pharmacie. L'une d'elles a abandonné le fœtus dans un buisson après avoir accouché dans les toilettes, alors que l'autre a dû être admise en urgence à l'hôpital pour accoucher d'un fœtus mort-né de quelques mois. Elles feront l'objet d'une inculpation provisoire d'unlawful termination of pregnancy à leur sortie de l'hôpital. Comment se fait-il que ce médicament, destiné au traitement des ulcères de l'estomac, mais retiré du marché par les laboratoires Pfizer depuis 2018 à cause de son usage détourné pour provoquer des avortements, soit toujours disponible à Maurice ?

L'express s'est rendu dans quelques pharmacies de l'île réputées pour vendre du Cytotec. Quoique ce médicament a été retiré du marché, certains vendeurs affirment en avoir toujours en stock depuis 2018. D'autres avancent que le médicament n'est plus disponible et proposent des alternatives, alors que certains le vendent à des prix variant entre Rs 1 000 et Rs 1 500.

«Enn trasman»

Nous avons visité en premier une pharmacie à Port-Louis. Le vendeur, un peu gêné par notre requête alors que la pharmacie est bondée, nous demande de repasser, son patron étant absent. À Beau-Bassin, on nous explique que, comme la pilule est rare, il faut débourser un petit pactole pour s'en procurer. Le pharmacien nous propose toutefois de nous rendre chez un gynécologue et de lui expliquer le problème. Car, avec une prescription, le médicament est moins cher et plus abordable. Toutefois, Il ne nous donne pas le prix.

Plus loin, à Plaine-Magnien, on nous explique que le Cytotec peut se vendre à Rs 1 000 et qu'il faut un minimum de 12 comprimés. Une autre pharmacie nous propose en alternative une injection à l'action immédiate et qui coûte moins cher. On nous informe que le Cytotec peut causer la mort et que l'injection est plus sûre.

À Mahébourg, les pharmacies visitées nient vendre du Cytotec, mais les pharmaciens nous refilent quand même des cartes de visite de médecins. Ils nous proposent de nous y rendre car «bann docter-la kapav fer enn trasman pou ou». À Quatre-Bornes, la vendeuse, méfiante au départ, nous demande la raison de notre décision. Elle nous explique les effets néfastes du comprimé. «Des crampes, diarrhées, nausées qui peuvent durer plusieurs heures et des saignements qui peuvent durer plusieurs semaines. Et même là, ce n'est pas si efficace que ça.»

Elle soutient que le comprimé se vend à Rs 1 500, mais qu'il faut repasser car il n'est pas disponible à la pharmacie.

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