Bénin: Des médiateurs tentent de pacifier la situation

Photo: Le Pays
Violences post-électorales au Bénin.

Après quatre jours de vives tensions entre l'armée et les manifestants à Tchaourou, dans le centre du pays, trois médiateurs sont à pied d'œuvre, depuis le 15 juin, pour ouvrir la voie du dialogue.

Tchaourou, ville d'origine de l'ancien président Bony Yayi, a été le théâtre d'affrontements ces derniers jours. À l'origine de ces débordements, l'arrestation d'une personne accusée de violences lors des législatives contestées du 28 avril dernier.

Des photos et des vidéos de manifestants blessés ainsi que des soldats circulaient sur les réseaux sociaux, faisant état de très fortes altercations sur la route principale, bloquée par les manifestants.

Ils « réclament la levée des barrages autour du domicile de Boni Yayi et la libération de leurs frères avant de libérer la route (...) bloquée à hauteur de Tchaourou », a expliqué un proche de l'ancien président, dont le domicile à Cotonou est toujours cerné par les forces de l'ordre.

Le pays est en proie à une crise politique depuis les élections législatives, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats pour des raisons administratives.

L'ancien président avait appelé la population à se soulever en signe de protestation et appelé le chef de l'Etat, Patrice Talon, à annuler le processus électoral. Les 1er et 2 mai, des centaines de personnes s'étaient rassemblées autour du domicile de Boni Yayi à Cotonou, craignant qu'il ne soit arrêté.

La répression des manifestations par l'armée a déjà fait au moins quatre morts par balles, selon Amnesty international, et de nombreux blessés à travers le pays. Des ONG de défense des droits humains ont dénoncé le tournant autoritaire du président Patrice Talon, élu en avril 2016, dans un pays qui a longtemps été considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l'ouest.

Une médiation sous de bons auspices

« C'est une mission pour aider à faire revenir le calme, la paix », a indiqué Ishola Bio, l'un des médiateurs envoyés sur place après un échange avec tous les protagonistes de la crise, du commandant chargé des opérations de commandement à Tchaourou, aux jeunes et chasseurs, en passant par le roi et les dignitaires.

« Les revendications étaient, d'ailleurs, au départ, qu'on relâche ceux qui ont été arrêtés. Et après, que le dispositif qui est installé au domicile de l'ancien président Boni Yayi soit levé. De part et d'autre, des engagements ont été pris », a-t-il relevé.

« Le représentant des chasseurs a promis que cela va se calmer, que de leur côté la paix revienne et ils vont essayer de dire aux chasseurs et à leurs collègues de laisser tomber les armes, et tout... d'explorer la voie politique pour régler les problèmes », a-t-il poursuivi.

Les médiateurs appellent la population, contrainte de fuir les violences, à réintégrer leur maison. « Les militaires sont dans leur QG. On ne les voit plus. Lorsqu'on est arrivé, hier, ils étaient partout dans la ville. Donc le calme revient et apparemment, ça va. On espère que ça va durer. A un moment donné, la population est partie se terrer dans les champs, en brousse, parce que c'était la panique générale avec l'opération militaire. La population est partie et maintenant, on essaie de la faire revenir... Il n'y a plus d'hostilités. C'est maintenant que la population essaie de réintégrer la ville et revenir dans les maisons », ont-ils appelé.

Pour rappel, les violences de ces derniers jours ont également frappé la ville de Savé, à une centaine de kilomètres de Tchaourou. D'après le maire, au moins deux personnes ont été tuées. Les autorités, elles, ne confirment pas ce bilan mais font état d'une cinquantaine de blessés chez les forces de défense et de sécurité, dont dix graves.

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