17 Juin 2019

Ile Maurice: Archives nationales - Le parent pauvre des service publics

Jeter un regard critique sur les Archives nationales. Franchissant les remparts du devoir de réserve des fonctionnaires, Jean-Marie Huron, secrétaire de la Société de l'Histoire de l'île Maurice, a fait une liste de tout ce qui «gêne» les chercheurs. C'était le jeudi 13 juin lors d'un atelier de travail dans le cadre de la semaine internationale des Archives. Le thème de cette campagne : «Designing the Archives in the 21st century».

«Hélas, les Archives nationales sont parmi les parents pauvres des services publics», a déploré Jean-Marie Huron. Avant d'énumérer les inconvénients physiques qui compliquent l'accès à des documents. Le secrétaire de la Société de l'Histoire de l'île Maurice a rappelé que les Archives nationales se trouvent dans la zone industrielle de Coromandel, où on est confronté à «beaucoup de bruits et de produits inflammables».

Selon Jean-Marie Huron, l'accès n'est pas facile depuis certaines régions de l'île «pour ceux qui viennent par le bus». Il déplore les heures d'ouverture «limitées». Avant de plaider pour leur extension. Les Archives nationales fonctionnent de 9 heures à 15 heures, en jour de semaine et de 9 heures à 11 h 30 les samedis. «Alors que c'est surtout pendant le week-end que les chercheurs sont le plus disponibles.»

Manuscrits originaux

Parmi ce qui «gêne» les chercheurs : la correspondance des divers départements du gouvernement colonial qui s'arrête à 1880. «En dehors de la Bibliography of Mauritius, la section des rapports de divers services publics n'est pas indexée. Les chercheurs qui n'ont pas accès à ce livre ne savent pas quels sont les documents disponibles.» Jean-Marie Huron a demandé que les Archives nationales publient un index de tous les documents conservés depuis 1954, date de parution de la Bibliography of Mauritius - l'ouvrage «n'a pas été mis à jour depuis cette date».

Selon lui, le double des index de l'état civil après 1810 n'est plus disponible. Les archives notariales ne sont disponibles que s'il y a filiation avec une personne recherchée. «Les archives à Maurice souffrent d'un problème de visibilité. On ne se rend pas compte de la richesse culturelle de ces documents.».

Le secrétaire de la Société de l'Histoire de l'île Maurice souhaite la mise en place de «règles pour la manipulation de manuscrits originaux». Exemples : qu'il soit de rigueur de porter des gants ou encore que les stylos ou feutres soient proscrits au profit des crayons. Dans le cas des recherches généalogiques, les sources principales sont les registres de l'état civil ainsi que les actes notariés. «Seuls les documents certifiés par les Archives ont une valeur légale.» C'est pour cela que Jean-Marie Huron souhaite que ces deux sources de documents soient numérisées et rendues accessibles au public «sans contrainte, à partir d'une date à être définie». Il a souligné que «Maurice est l'un des rares pays où les registres de l'état civil au-delà d'une période définie ne sont pas transférés aux Archives nationales. C'est le cas en France, après 75 ans. C'est fait après 30 ans en Australie, après 110 ans pour les naissances, 80 ans pour les mariages et 30 ans pour les décès en Allemagne.»

Enfin, Jean-Marie Huron plaide pour que les Archives nationales se dotent d'outils pour toucher un public jeune. «Nous pensons aussi qu'il faudrait encourager ceux qui ont des archives privées à en faire don aux Archives nationales, si leurs descendants ne s'y intéressent pas... »

Par ailleurs, un bâtiment regroupant les Archives nationales et la Bibliothèque nationale est attendu de longue date. Le financement a été accordé par l'Inde. Un consultant indien est déjà venu recueillir les spécifications des institutions. Les prochaines étapes sont attendues.

Numérisation des documents

Hemlata Ramkalawan, Acting Director aux Archives nationales, soutient que ce département - qui fonctionne officiellement depuis 1815 - compte plus de 300 000 volumes de documents. Pour l'heure, plus de 530 000 pages ont déjà été numérisées. L'objectif : atteindre les 1,5 million de pages numérisées «d'ici la fin de la prochaine année financière».

Collecte des archives orales

Si le département des archives orales existe depuis 2008 aux Archives nationales, il est actuellement en phase de restructuration, indique Hemlata Ramkalawan. À partir de 2011, des équipements pour enregistrer les témoignages sur vidéo ont été achetés par les Archives nationales, fait-elle ressortir. «Nous choisissons d'abord un thème, ensuite nous interviewons les gens», précise l'Acting Director aux Archives nationales. Exemple : une série de témoignages a été réalisée à l'occasion des 50 ans de l'Indépendance, l'an dernier. Combien de témoignages dans cette section ? «Pour le moment, il n'y en a pas beaucoup. Le travail n'a commencé que depuis deux ans.» Une section consacrée aux artistes, surtout les vétérans ? «Non, cela n'existe pas encore. Nous comptons écrire à diverses institutions pour leur demander de déposer ce qu'ils ont comme témoignages oraux.»

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