Egypte: L'ex-président égyptien Mohamed Morsi est mort

L'ex-président égyptien s'est écroulé, ce lundi 17 juin, lors d'une audience devant un tribunal. Il est décédé plus tard à l'hôpital. Morsi était un membre du mouvement des Frères musulmans.

L'ancien président égyptien issu des Frères musulmans Mohamed Morsi est mort lundi à 67 ans. En détention depuis 2013, il s'exprimait devant un tribunal, où il s'est écroulé. Emmené à l'hôpital, c'est là qu'il est mort un peu après.

Déchu par l'armée en 2013

Mohamed Morsi était un membre du mouvement des Frères musulmans. Il a été élu en 2012 comme premier président démocratiquement choisi. Mais il a très vite été confronté à des protestations de masse, puis déchu en 2013 par l'armée. En juillet de cette même année, Mohamed Morsi est évincé du pouvoir après une série de manifestations contre lui. Mais son départ forcé entraîne aussi une vague de protestation.

Pour faire taire les pro-morsi, policiers et soldats sont déployés pour réprimer les manifestations. Bilan : au moins 700 personnes sont tuées. La place Rabaa al-Adawiya et une autre place du centre du Caire sont même totalement évacuées. Au total, ce seront 739 membres des Frères musulmans qui seront mis en examen après les manifestations de 2013 accusés de dommages criminels.

Condamnations à mort

Plusieurs dizaines d'islamistes dont des dirigeants des Frères musulmans ont été condamnés à morts. Un nombre de condamnations à la peine capitale dans une seule affaire qui n'avait jamais été atteint jusque-là. L'éditorialiste Abdel Fattah Fayed insiste estimait à l'époque que ce jugement est révélateur de la tension dans ce pays. "Les jugements ont une grande puissance symbolique", expliquait-t-il. "Le conflit politique se déroule à présent au tribunal parce que les parties ne sont plus autorisés à s'exprimer "

Mais les procès impliquant les frères musulmans ont, depuis le départ, suscité de vives critiques. Pour Ahmed Al-Attar, militant des droits de l'homme, outre la répression des manifestations de 2013, ces procès sont une double peine : "l'action d'expulsion était un massacre à ce moment-là, et le verdict est le deuxième massacre des Frères musulmans."

Les islamistes poursuivis se voient reprocher un '"attroupement ayant perturbé l'ordre et la sécurité". Ils ont également été condamnés pour avoir notamment mis la vie de personnes en danger, résisté aux forces de police ainsi que pour "meurtre avec préméditation" et vandalisme.

Un "meurtre à petit feu"

Ce lundi soir, les Frères musulmans ont accusé les autorités égyptiennes de "meurtre à petit feu" de Mohamed Morsi. Il dénoncent les mauvaises conditions de détention de Morsi depuis 2013. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, allié proche de l'ancien président, a lui aussi été dans ce sens. "L'histoire n'oubliera jamais les tyrans qui l'ont conduit vers la mort en le mettant en prison et en le menaçant de l'exécuter", a déclaré le président turc à la télévision.

L'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani a lui exprimé "sa profonde tristesse".

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