Congo-Kinshasa: La guerre des télécoms - L'Etat congolais et Vodacom condamnés à s'entendre

Ça bouillonne dans le secteur congolais des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) où le dossier de la Licence 2 G de Vodacom a fini par atterrir au Conseil d'Etat. On apprend qu'au niveau de cette haute cour, la firme précitée a été déboutée dans sa requête contestant la validité de l'Arrêté du ministre démissionnaire des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.

Mais, précision de taille livrée hier par Vodacom : cette haute cour n'a pas examiné le fond de l'affaire. Par, conséquent, elle n'est pas obligée de payer, à ce stade, la caution de 30 millions de dollars lui exigés pour le renouvellement de la Licence 2 G, arrivée à expiration en janvier 2019, après 20 ans d'exploitation, conformément au contrat signé en son temps (janvier 1998) avec le gouvernement congolais.

A défaut, indique l'arrêté ministériel retirant à Vodacom les fréquences couvertes par la Licence 2G, celle-ci serait attribuée à un autre opérateur économique.

Deux positions diamétralement opposées s'affrontent présentement. Dans l'entendement du ministère des PT-NTIC, le délai de grâce accordé à cette firme ayant expiré, elle n'est plus en droit d'exploiter les fréquences couvertes par la Licence 2G. Du côté de l'opérateur économique précité, on ne l'entend pas de cette oreille. On persiste et signe que le contrat incriminé court toujours et que les services à la clientèle restent maintenus.

Qu'à cela ne tienne ! Les consommateurs des produits de Vodacom sont inquiets, de même que les cadres et agents de cette firme, au motif que si l'arrêté ministériel portant retrait de la Licence 2G venait à être mise en exécution, les fréquences visées cesseraient effectivement d'émettre, avec tous les désagréments que l'on peut imaginer. On peut craindre aussi des dégâts collatéraux, notamment la perte d'importantes recettes fiscales pour l'Etat congolais, d'emplois directs et indirects pour des milliers de nationaux et étrangers, etc.

La fermeture éventuelle de Vodacom/RDC serait perçue, hors-frontières, comme un mauvais signal pour le climat des affaires. D'où, nombre d'observateurs notent qu'on se trouve là en face d'un dossier à gérer avec délicatesse par les autorités congolaises. Il y a certes nécessité de faire respecter la législation en vigueur en la matière et de maximiser les recettes de l'Etat dans un secteur considéré comme l'un des plus porteurs pour la relance de l'économie congolaise. De ce point de vue, l'on ne peut jeter la pierre sur le ministre des PT-NTIC.

Mais l'autre facette du dossier montre que la RDC doit éviter d'être pointée du doigt par des investisseurs encore sceptiques face aux engagements de nouveaux gouvernants de nouer des partenariats gagnants-gagnants avec les privés.

A tout prendre, la recherche d'un compromis mutuellement avantageux serait le moindre mal. Le gouvernement congolais n'a aucun intérêt à pousser Vodacom à se faire hara-kiri. Compte tenu de l'existence d'une opportunité de négociation sur la table, il est à espérer que les deux parties vont s'en saisir pour asseoir leur collaboration sur de nouvelles bases.

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