Congo-Brazzaville: Violences faites aux femmes - Un atelier réunit des acteurs de la lutte contre le phénomène

L'activité de deux jours a démarré le 18 juin, à l'Institut fançais du Congo, dans le cadre du projet « Renforcement du leadership féminin dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles à Pointe-Noire», initié par l'association Azur développement et financé par l'ambassade de France au Congo.

Le projet d'une durée de douze mois a pour objectif de contribuer au respect du droit à l'intégrité physique et la protection des femmes et des filles face à la violence. C'est ainsi que l'atelier d'échange ouvert par Joël Renoux, consul général de France, est destiné à renforcer les capacités des jeunes femmes actives dans les organisations de la société civile en vue de la prévention de cette violence. Il permettra aussi de mettre en place un système de collecte des données sur ce fléau pour orienter les actions et le plaidoyer.

L'activité rassemble des représentantes d'associations venant des départements du Congo et des autres pays, notamment la Tunisie, la République démocratique du Congo (RDC), le Gabon et le Cameroun. Celles-ci vont partager, pendant deux jours, des expériences de leurs pays sur les initiatives de prévention de la violence faite aux femmes et aux filles, la prise en charge des victimes, les stratégies de plaidoyer et de communication pour l'élimination de ce crime.

De nombreuses initiatives pour contrer le fléau dans la ville

Outre cet atelier, d'autres activités sont menées dans le cadre du projet d'Azur développement contre les violences faites aux femmes, notamment des sensibilisations dans les écoles, les quartiers, les centres de santé des six arrondissements de Pointe-Noire. Il y a aussi l'identification des cas de violences dans les quartiers, les écoles, les centres de santé, les commissariats de police, les brigades de gendarmerie et leur orientation vers le guichet unique de prise en charge des victimes .

Pour lutter contre ce phénomène, au niveau du Congo, plusieurs initiatives ont été prises. Il y a, entre autres, des campagnes de sensibilisation, de renforcement des structures de prise en charge médicale, psychologique, juridique et économique des victimes; la mise en place d'un Observateur national de lutte contre les violences ainsi que des cliniques juridiques; la révision du cadre législatif qui a permis la prise en compte effective des aspects juridiques touchant la femme et autres.

Par ailleurs, rappelant le prix Simone-Veil, prix de la République française pour l'égalité femme-homme, remis cette année par le président Emmanuel Macron à la Camerounaise Aissa Doumara Ngatansou, militante de la cause de la femme, Joël Roux a aussi évoqué les actions de son pays dans le cadre de cette lutte. « Au Congo, nos institutions, le consulat général, ainsi que nos deux instituts français organisent de nombreuses manifestations pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes et faire du plaidoyer pour lutter contre les violences faites aux femmes, et s'inscrire dans cette diplomatie féministe, souhaitée par le président de la République », a-t-il souligné.

Trois cents plaintes enregistrées en plus d'une année contre les violences sexuelles

Mais malgré les efforts du gouvernement congolais ainsi que de ses partenaires nationaux et internationaux, les violences faites aux femmes et aux filles demeurent une réalité dans le pays. Celles-ci finissent par être normales et ne sont pas souvent dénoncées du fait que les femmes ignorent souvent leurs droits, a indiqué Félicité Meno Diop Tchiloumbou, directrice départementale de la Promotion de la femme de Pointe-Noire. D'après les informations qu'elle a fournies, au niveau de cette ville, quarante-cinq cas de violences sexuelles, dont onze accompagnés de violences physiques et onze autres de violences psychologiques, ont été enregistrés au premier trimestre de cette année. Sur le plan judiciaire, entre janvier 2018 et mars dernier, environ trois cents plaintes concernant les violences sexuelles ont été enregistrées.

Saluant l'initiative d'Azur développement et le soutien de l'ambassade de France, Félicité Meno Diop Tchiloumbou a appelé «à fédérer les énergies en vue de mener des actions convergentes de sensibilisation, de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs de viols». Joël Renoux a, pour sa part, souhaité que l'atelier permette des échanges fructueux qui conduiront les différentes organisations participant à l'activité à se professionnaliser sur le thème des violences de genre et mieux lutter contre celles faites aux femmes et aux filles.

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