Congo-Kinshasa: Arrêts de la Cour constitutionnelle - Les femmes de Lamuka dénoncent les antivaleurs

La marche pacifique lancée par Martin Fayulu a connue ses débuts le jeudi 13 juin 2019. Toutes les femmes de la plateforme LAMUKA étaient présentes à la place de la Gare centrale choisie comme point de départ pour atterrir au siège de la Cour constitutionnelle, lieu de nouvelles déchirures politiques causées par les invalidations de plusieurs élus dont l'opposition en subit le plus de dégâts.

Elles étaient accompagnées de plusieurs militants de cette plateforme, les députés invalidés et leur porte-parole. Une journée de revendication organisée dans le souci de remettre les concernés dans le droit et placer les avis de contestation vis-à-vis des juges de cette haute juridiction.

Après la tension créée par les camps politiques en coalition FCC et CACH concernant les ordonnances présidentielles querellées, la plateforme coordonnée par Moïse Katumbi a, à son tour, mis le pays en situation d'urgence.

Le mot d'ordre du président de l'Ecidé, Martin Fayulu, autrefois candidat à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, a été respecté à la lettre. Hormis les autres militants de Lamuka qui ont accompagné les vaillantes mamans déterminées à faire éclore la vérité, la police nationale congolaise était aussi de la partie pour assurer la sécurité des manifestants et leurs biens.

Elles tenaient entre les mains des supports et affiches qui présentaient, noir sur blanc, les raisons favorables de leur marche : «Non aux antivaleurs», «Seule la justice élève la nation», «la Cour constitutionnelle corrompue», «remettez les députés de Lamuka de leurs droits», etc.

Ce, avant qu'elles ne se fassent escortées par une foule des militants venue nombreuse pour plaider la cause de leurs élus nationaux. Un afflux qui a apporté une tension élevée, mettant les éléments de la police dans une vive agitation, à telle enseigne que le numéro un de la PNC/Ville de Kinshasa, Sylvano Kasongo s'est pointé en personne pour tenter de calmer les ardeurs.

Pneus brûlés, routes barricadées, projectiles lancés et injures de toute sorte étaient de la partie. Ce qui n'a pas surpris les policiers sur place, qui les ont tout de même empêchés d'accéder au bâtiment de la Cour constitutionnelle.

Action - réaction

Dans la foulée, les députés invalidés en ont profité pour déposer un "mémorandum" à la Cour, s'inscrivant dans la démarche d'être rétablis dans leur droit. Par la suite, le porte-parole de Lamuka, Alex Dende (Lexxus Legal) avait porté le poids des différentes préoccupations, car il fallait une personne motivée, capable d'influer de temps à temps sur cette foule.

Ils étaient très résistants devant la haute juridiction de la pyramide judiciaire congolaise, jusqu'à ce qu'une militante eut été touchée par le feu provoqué par les pneus brûlés.

Pour rappel, la Cour constitutionnelle statuant en premier et dernier ressort en matière de contentieux électoral aux législatives nationales du 30 décembre 2018, a invalidé et validé plusieurs députés, à la veille de la clôture de la session ordinaire dont le reste des élus attendent impatiemment l'ouverture de la session extraordinaire. Au total, plus de 22 députés nationaux invalidés sont de l'opposition.

Martin Fayulu a annoncé que le 30 juin est baptisé Jour de consécration de la libération en RDC. Il a de ce fait interdit aux députés et sénateurs de Lamuka de continuer à assister aux plénières, jusqu'à nouvel ordre.

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