18 Juin 2019

Congo-Kinshasa: [L'arrivée à Kinshasa reportée] Katumbi - Le safari bloqué !

Aux dernières nouvelles, tout a fait un flop. Et, pourtant, il avait inscrit à son agenda, un safari dont le point de départ devait commencer par Goma, la capitale du Nord-Kivu. Depuis le 10 juin, en effet, ce calendrier politique pompeusement annoncé, n'a connu le moindre début d'exécution.

Et pour cause ? Kalombo Francis qui, généralement, se présente comme étant la bouche autorisée de Katumbi, évoque, à son corps défendant, l'absence d'autorisation de vols d'avion. Hier encore, il parlait d'altercations politiques ainsi que d'autres manœuvres tendant à empêcher ou à bloquer, de manière systématique, l'essentiel de cette tournée du Président en exercice de Lamuka à travers les grandes agglomérations parmi celles que compte, actuellement, la RD. Congo, après le démembrement opéré naguère à la hussarde.

Décrispation ?

Finalement, la décrispation serait-elle au bout de lèvres ? A Lamuka, plus particulièrement, dans les rangs de Katumbi, l'on serait tenté d'y répondre par l'affirmative. Car, si les nouvelles autorités congolaises ont pu concéder l'idée de lui octroyer un nouveau passeport et, en même temps, d'annuler le jugement rendu dans l'affaire spoliation d'immeubles et de classer sans suite celle consécutive au recrutement des mercenaires, rien n'augure une embellie politique devant justifier la liberté de mouvement de Katumbi à travers le pays. Pour preuve, avance-t-on, tout récemment, après qu'il ait été accueilli avec faste à Lubumbashi, au Haut Katanga, Katumbi, revenant de la cérémonie de prestation de serment de Cyril Ramaphosa à Pretoria, en République Sud-Africaine, voulait, en effet, atterrir à Goma pour parler à ses affidés.

Là, pour la première fois, il en avait été interdit strictement. Ce qui le conduisit à rentrer directement et sans escale, à Lubumbashi et à s'y blottir.

Cette fois-ci encore, tout naturellement, il a tenté mais en vain, de rééditer le même exploit, celui d'aller à l'assaut de ses partisans qui l'attendaient fiévreusement à Goma, le 10 juin dernier. Mais, en dernière minute, il n'y a pu.

Donc, dans les milieux de Lamuka, même si aujourd'hui cette plateforme politique développe un discours ambivalent, tout le monde parle d'une décrispation de façade, de la restriction des libertés politiques, des tracasseries et autres ennuis déguisés pour enfreindre les actions politiques.

L'on ajoute à cette liste, d'ailleurs, d'autres pièges montés en épingle pour déboulonner les acteurs politiques majeurs au sein de l'Opposition.

L'affaire des invalidations, avec tout ce qu'elle a amené comme confusion autour de l'Honorabilité des élus, devient le plus bel exemple qui revient sur toutes les lèvres, pour démontrer, si besoin en était encore, combien l'ombre du Front Commun pour le Congo et, surtout, de son Autorité Morale, l'ancien Président Kabila, plane encore sur l'essentiel du corpus institutionnel en RD. Congo.

Ils disent, eux, que l'alternance du 24 janvier 2019 n'aura été qu'un pur changement cosmétique et que le meilleur est encore à venir, à l'horizon 2023. D'où, des appels se multiplient pour emboucher les trompettes en vue de la formation d'une forte coalition grâce à laquelle l'Opposition, toutes tendances et accointances confondues ou entremêlées, devra, le moment venu, faire face à de nouvelles batailles politiques, y compris à celles de la récupération de tous les aigris nés de la boulimie du FCC-CACH, après le partage du gâteau en perspective de l'installation de tout le florilège de nouvelles institutions -Gouvernement, Entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, services publics aussi bien de renseignements, de la police, de l'armée, ambassades et missions diplomatiques-, pour arrondir les angles.

Bemba arrive

Dimanche 23 juin, Bemba arrive à Kinshasa. L'information tirée de son propre compte tweeter est restée valable depuis son annonce jusqu'à ce jour.

Au Mlc, son parti, des dispositions sont prises pour un accueil délirant qui sera ponctué d'un meeting à la Permanence, située le long de l'avenue de l'Enseignement, à Kasa-Vubu, juste en face du Stade de Martyrs.

Il semble que le même dimanche, alors que Bemba viendra à 10 heures du matin, un méga culte aurait été programmé dans l'enceinte du même Stade de Martyrs. Comme quoi, ces deux manifestations à portée mobilisatrice risquent de se télescoper et de se neutraliser jusqu'au point de placer les autorités à contenir via de nouvelles instructions, la moindre tentative d'engranger un bain de foule. Bemba qui en sera, lui aussi, à sa deuxième tentative, depuis qu'il s'est tiré du contrôle de son geôlier de la Cellule de Scheveningen de la CPI où il a passé dix ans, ratera de se faire accueillir à Kinshasa, comme il l'aurait vaticiné, lui-même.

Un poids, plusieurs mesures...

Autrement, là où Fayulu tourne facilement tout en tenant son discours ratatiné autour de l'évangile de la vérité des urnes, le safari de Katumbi est, curieusement, tétanisé, alors que l'arrivée de Bemba sera placée sous des passerelles d'une action de surveillance tous azimuts des services de maintien de l'ordre public, sous le prétexte fallacieux de prévenir tout débordement, au cas où, semble-t-il, les extrémistes allaient vers les croyants annoncés très nombreux, ce jour-là, au Stade de martyrs. Va-t-on vers une nouvelle politique d'un poids, deux à plusieurs mesures ? Qui dit mieux ?

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