Burkina Faso: Sondage du Présimètre - L'Opposition conteste la note de 4,72/10 du président et estime qu'elle devrait être inférieure

Selon les conférenciers du jour, à savoir Yumanli Lompo président du PNDS et Amadou Diemdioda Dicko, 4ème vice-président de l'UPC, le ministre des Mines Oumarou Idani a joué un rôle trouble dans cette histoire de «scandale du charbon fin» qui, depuis un certain temps, défraie la chronique.

A en croire le 4ème vice-président de l'UPC, «la société IAM Gold Essakane, avec la complicité de membres du gouvernement, a tenté d'exporter frauduleusement de l'or et d'autres biens précieux estimés à plus de 335 milliards de francs CFA». Il qualifie cet acte de «vol étatique aggravé». Pour les conférenciers, «en plus de s'être constitué avocat d'IAM Gold Essakane sans convaincre personne, il aurait tenté de négocier avec la justice pour cacher certaines choses». Plus grave, poursuit M Dicko, qui cite le journal Le Reporter qui avait révélé ces soupçons, «le ministre aurait expliqué que sa démarche était faite au nom du président du Faso lui-même». A entendre l'opposition politique, le ministre a «gravement échoué dans sa mission. Donc, il doit rendre sa démission et se mettre à la disposition de la justice».

Aussi, l'opposition politique a qualifié de «très graves» les propos tenus par le ministre de la Défense burkinabè Chérif Sy dans un journal Sud-africain dans lequel «le ministre dit clairement que le G5 est inutile. Il dit également douter de la motivation de la France à lutter contre le terrorisme au Sahel». Or, explique le Cfop, le président Kaboré, président du G5 Sahel, déclarait que «c'est de concert avec les autres pays membres de l'organisation que nous pourrons vaincre le terrorisme». Pour le Cfop, ces propos sont «très graves puisqu'ils mettent à nu une grosse discorde entre lui et le président du Faso, Chef suprême des armées. Il contredit et multiplie par zéro les actions du président du Faso».

Et Yumanli Lompo d'ajouter que, «cette déclaration de M. Sy prouve qu'il y a une défaillance parce que, si le premier chef de l'institution muette sort de son mutisme, nous pensons que sur le plan diplomatique ce n'était pas correcte, et sur le plan sécuritaire, ce n'est pas le moment. Il faut que les africains vraiment s'asseyent et créent une armée africaine pour défendre les Africains et non compter sur les Français pour défendre les Africains». «Lorsque nous faisons appel à la France pour nous libérer, c'est que nous avons perdu notre indépendance. Si nous condamnons l'impérialisme et nous faisons encore appel à l'impérialisme pour nous protéger, c'est que nous demandons à la colonisation une nouvelle recolonisation; je pense qu'arriver à un certain moment, il faut que nous comptons sur nos propres forces, il faut que chaque Burkinabè puisse croire qu'il peut chasser et vaincre le terrorisme, mais, tant que nous n'avons pas ça à l'esprit et on continue dans le sens de la défaite, on ne le vaincra pas» a expliqué M. Lompo.

S'agissant des déplacés fuyant les attaques terroristes de Tongomayel et Arbinda dans le Soum qui sont arrivés en début juin à Ouagadougou, l'opposition politique a fait savoir qu'à défaut de leur trouver un site définitif, l'Etat doit leur trouver un cadre qui leur permettra de vivre comme chez eux, de mener des activités. «Il y a des mesures qui doivent être prises en ce moment afin que ces gens se sentent véritablement chez eux. Ils ne viennent pas à Ouagadougou pour du tourisme» a indiqué Yumali Lompo, président du PNDS qui a relevé que le Cfop avait tiré la sonnette d'alarme sur cette question de communautarisme qui se développait au Mali et qui, risquait de se transposer au Burkina comme étant une tactique des terroristes.

Suite au sondage effectué sur la gouvernance du président Kaboré dans le cadre du Présimètre où il a obtenu la note de 4,72 sur 10 soit une baisse de 0,21 point par rapport à ses résultats de décembre 2018, l'opposition a estimé que «la note du président Kaboré devrait être de loin inférieure à 4,72 car il a échoué dans tous les domaines, et cet échec cuisant a ramené le pays 40 ans en arrière». «Le peuple ne l'a pas élu pour vivre dans ces conditions pareilles. Le peuple burkinabè attend mieux du président Kaboré» a conclu M. Lompo.

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