Burkina Faso: Procès du putsch manqué

Après les plaidoiries des parties civiles au procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 et jours suivants, c'est au tour du parquet de demander les condamnations des présumés auteurs et complices. Ces réquisitions ont été prises hier 17 juin 2019 au Tribunal militaire délocalisé à la salle des Banquets de Ouaga 2000.

Ainsi, les peines requises vont de 15 mois assortis de sursis à la prison à vie. Le ministère public demande donc au tribunal de condamner les généraux Djibrill Bassolé et Gilbert Diendéré à la prison ferme à vie.

Le parquet militaire a requis, le 17 juin 2019, la peine maximale, c'est-à-dire la prison à vie contre les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé. Il réclame également leur destitution de leurs grades de généraux. Avant de demander la perpétuité pour ces deux présumés cerveaux du coup d'Etat du 16 septembre 2015 et jours suivants, le ministère public a recensé les éléments contenus dans les pièces du dossier, depuis l'instruction jusqu'aux débats contradictoires, en passant par les relevés des appels téléphoniques, les expertises des appareils électroniques sans oublier les écoutes téléphoniques pour montrer ce sur quoi il fonde sa conviction. Ainsi, soutient le parquet, les deux généraux sont coupables de plusieurs infractions. Il s'agit de la trahison, de l'attentat à la sûreté de l'Etat, des meurtres, des coups et blessures volontaires, des dégradations aggravées de biens pour ne citer que ceux-là.

Après ces derniers, le parquet a requis contre l'adjudant-chef major Badiel Eloi, l'adjudant-chef Nébié Moussa dit Rambo, le sergent-chef Sanou Ali, le sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg, Laoko Mohamed Zerbo, Amidou Drabo, Zouré Boureima, 25 ans de prison ferme. Quant à Ouékouri Kossè et Dah Sami, le parquet a demandé au tribunal de les condamner à 15 ans de prison ferme. Le Colonel Abdoul Karim Traoré, Me Mamadou Traoré, le journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss doivent être condamnés à 10 ans de prison ferme, selon la volonté du parquet. Pour Kaboré Adama et Ouattara Siriki, le ministère public demande la condamnation à une peine d'emprisonnement de 7 ans ferme. Contre le capitaine Abdoulaye Dao, Guelwaré Minata, le médecin colonel Mamadou Bamba, Limon Jacques, Nanéma Faïçal, le parquet demande au juge de les condamner à cinq ans de prison ferme avec 1 million de F CFA d'amende.

Deux ans ferme plus une amende d'un million de F CFA pour Sidi Lamine Oumar de la coordination des mouvements de l'AZAWAD. Si pour la plupart des accusés, le parquet requiert des peines lourdes, il a été clément envers certains accusés. Sont de ceux-là, le commandant Korogo Abdoul Aziz et le capitaine Zoumbri Oussène contre qui le parquet demande une condamnation de 15 mois assortie de sursis. Tout comme eux, il demande une condamnation de 5 ans assortie de sursis pour le colonel major Kéré Boureima, Léonce Koné, Hermann Yaméogo, Salifou Sawadogo.

L'heure n'est pas à la panique

A noter que c'est au tribunal que reviendra la dernière décision, c'est-à-dire condamner ou pas les accusés. Et ce, après les plaidoiries des avocats de la défense qui commencent le 27 juin prochain à partir de 9h. Pour Me Olivier Yelkouni, l'un des avocats de la défense, l'heure n'est pas à la panique puisqu'il y a un temps pour plaider. « Je préfère faire connaître ma réaction lorsque le tribunal m'aura donné le temps de plaider. Ce d'autant plus que d'ici là, les avocats de la défense auront leur mot à dire. La perpétuité proposée est l'avis du parquet. Ce n'est pas lui qui décide, mais le tribunal en toute indépendance et en toute impartialité. La perpétuité ne peut pas m'émouvoir.

Je prendrai tout mon temps et mon calme pour expliquer au tribunal ce que j'ai à dire pour la défense de mon client », a-t-il dit. Pour Me Hervé Kam, un des conseils des parties civiles, le parquet a été clément envers certains prévenus. Il dit avoir été surpris dans la mesure où le parquet a requis des peines sans pour autant les justifier. « On se serait attendu à ce que le parquet nous dise, du point de vue de la personnalisation des peines, pour quelle raison tel accusé qui a fait telle chose, peut être plus grave ou moins grave à telle peine moins grave ou plus grave que telle autre personne. Là, on nous a jeté les peines à la figure comme s'il s'agissait d'un jeu de loterie. Maintenant, tous les regards sont tournés vers la juridiction. Nous espérons qu'avec elle au moins, à travers sa décision, on saura pourquoi tel accusé a telle peine ou telle autre peine », a-t-il relevé avant de souligner : « On peut s'étonner du fait que certaines personnes qui sont des civils qui ont suivi, vont se retrouver à avoir des réquisitions de peines aussi graves que des militaires dont les 16 mois d'audience ont permis de montrer qu'ils étaient au cœur de l'action. C'est pourquoi je pense que le parquet aurait dû personnaliser en disant que je demande telle peine pour telle personne pour telle raison. »

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