19 Juin 2019

Maroc: Le rêve canadien s'éloigne pour des centaines de Marocains

La «loi 9» réduit le taux de l'immigration et corse les conditions de l'obtention du sésame

Tôt dimanche matin, le sort de plusieurs milliers de Marocains candidats à l'immigration au Québec a dû prendre une autre tournure. L'Assemblée nationale de la province canadienne francophone a, en effet, adopté la controversée "loi 9" sur l'immigration. Résultat, un arriéré de quelque 18.000 dossiers de demandes d'immigration non traitées, représentant 50.000 personnes, dont de nombreux Marocains, sera tout bonnement éliminé. Comme si de rien n'était. Désormais, les candidats déboutés sont invités à déposer une autre demande en vertu d'un nouveau système de sélection.

Présenté par le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec, Simon Jolin-Barrette, le projet de loi voté, qui réduira par la même occasion les seuils d'immigration à 40.000, a été motivé à l'origine par la promesse faite par le parti de centre-droit de M. Legault, porté au pouvoir en octobre, de réduire de plus de 20% le nombre d'immigrants et de réfugiés que le Québec accueille annuellement. Le Maroc, en faisant partie du Top 10 des principaux pays d'origine des nouveaux arrivants, sera forcément l'un des pays les plus impactés par cette réforme. L'espoir d'émigrer au Québec se transforme ainsi en immense déception et incompréhension pour plusieurs familles, ayant investi énormément de temps et d'argent, dans une procédure qui dure pour certaines d'entre elles, depuis cinq ans. Une situation décrite comme «inhumaine et antiéconomique» par la porte-parole libérale en immigration, Dominique Anglade. Et ce même si, au jour d'aujourd'hui, de plus en plus de Marocains ont tendance à privilégier l'immigration dans les provinces anglophones du Nord canadien, à la recherche notamment de meilleures perspectives économiques.

Pour sa part, la Coalition Avenir Québec qui a voté en faveur dudit projet de loi explique son choix par la volonté d'accroître « la prospérité socio-économique du Québec et répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes». Autrement dit, l'exécutif va dorénavant faire preuve de pragmatisme, via une sélection à la carte, en choisissant uniquement des compétences professionnelles dans la droite ligne des besoins du marché du travail québécois.

L'unique bonne nouvelle liée à l'adoption de la loi 9 sur l'immigration, si tant est qu'il y en ait une, réside dans une diminution du temps de traitement des dossiers, comme l'a expliqué le ministère de l'Immigration québécois. Celui-ci passera donc de 36 à 6 mois pour les travailleurs qualifiés. Toutefois, ces personnes devront refaire une demande selon le nouveau système Arrima.

Entré en vigueur depuis le 2 août dernier, ce système de sélection s'est substitué au programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ), lequel se base sur le principe du premier arrivé premier servi. Dorénavant, la déclaration d'intérêt doit être envoyée au ministère de l'Immigration, en passant par le portail intitulé "Arrima", un système en deux étapes. Dans un premier temps, toute personne voulant immigrer au Québec dans le cadre du PRTQ doit manifester son intérêt via le remplissage d'un formulaire de déclaration en ligne. Formulaire qui comprend plusieurs informations ayant trait au domaine de formation, à la scolarité, aux compétences linguistiques et expériences de travail. Dans un second temps, le ministère de l'Immigration québécois analysera tout d'abord les profils récoltés dans la banque de déclarations d'intérêt, et contactera directement les personnes répondant à certains critères dont notamment, le fait de détenir une offre d'emploi validée par le ministère.

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