19 Juin 2019

Burkina Faso: Karaté-Do - «Le Burkina, leader sur le continent africain»

interview

Fasozine : comment se porte la Fédération burkinabè de karaté-do ?

Oumar Yugo : La fédération se porte très bien dans la mesure où depuis plus de deux ans que nous sommes arrivées, nous avons pu élaborer un plan stratégique qui porte l'emblème : «Avec vous pour vous », dans lequel il y a un programme de haut niveau, l'objectif des grands championnats, la préparation de la relève au niveau international, qui nous a permis de devenir le leader du karaté sous régional africain.

Où en êtes-vous avec l'organisation du championnat national ?

Depuis notre arrivée, nous allons vers l'organisation de notre troisième championnat national. Nous l'avions organisé à l'entame de notre mandat, ensuite nous avons remporté le premier championnat d'Afrique de la zone III avec 25 médailles. L'année dernière, nous l'avons encore organisé, précédée du championnat de la zone 3 où nous avons été 1er avec 29 médailles et nous avons continué au championnat du monde au Chili. Cette année, le championnat national commence dans une semaine avec celui des jeunes au mois de juin et celui des séniors viendra à notre retour du Botswana où nous prenons part au championnat d'Afrique. Il faut dire que le Burkina a 9 experts 6e Dan en karaté et après le début de l'année où nous avons fait le passage de hauts grades, nous sommes allé reconquérir notre titre de champion d'Afrique à Abidjan en mai dernier où le Burkina est revenu avec 25 médailles. Le Burkina a donc pris très clairement la place de leadership sur le continent africain.

Peut-on dire que Tokyo 2020 s'annonce bien ?

Nous sommes dans le bon axe. 2020 est déjà à côté mais nous n'avons pas peur, nous allons y travailler. Nous avons aujourd'hui Alan Sanou, Liliane Ilboudo et Daouda Traoré qui sont bien classés au rang mondial. Nous pouvons y arriver si nous travaillons mais je ne me fais pas d'illusion parce que l'objectif, ce n'est pas Tokyo pour Tokyo. L'objectif est de changer le haut niveau au niveau du Burkina et espérer participer pour une première fois à ce championnat olympique. Mais au moins, il est certain que si l'olympisme reconsidère sa position et qu'elle a lieu en France, je peux vous affirmer qu'en 2024, nous allons faire des émules.

Peut-on dire aujourd'hui que le karaté-do fait partie des disciplines d'élite au Burkina ?

Je crois vraisemblablement que le travail que nous avons abattu le prouve très clairement. Le bureau fait entre 60 à 80 réunions par an, toutes les ligues fonctionnent, nous avons des coupes dans les régions, un championnat qui marche, deux ou trois championnats internationaux en Afrique, suivi du championnat du monde. En juillet prochain, nous irons au championnat d'Afrique à Kigali au Rwanda, en août les Jeux africains au Maroc, en octobre le championnat du monde au Chili. En ce moment, nous avons un athlète et un entraineur au Cap Vert pour les jeux de la plage. C'est dire donc que chaque deux mois, nous participons à un évènement majeur. Donc après le football, nous commençons à démontrer qu'avec peu de moyens et une belle organisation et surtout avec l'amour pour la discipline, on peut faire des émules.

l'Infatigable président de la FBK, Oumar Yugo

Depuis plus de deux ans que vous êtes là, quelles sont les médailles que vous avez pu glaner ?

Si nous résumons sur les trois championnats que nous avons pu faire, nous avons pu glaner à peu près une trentaine de médailles en or, une trentaine en bronze et à peu près la même chose en argent. C'est dire qu'avec la quatrième année de mandat que nous allons faire, nous allons clairement dépasser le seuil des 100 médailles toutes tendances confondues au niveau sous régional. Au niveau continental, nous avons trois médailles et nous pensons que sur les deux prochaines années à venir, nous pouvons avoir autant.

Le défi de réunir la famille du karaté-do est-il relevé aujourd'hui ?

Je suis venu trouver une situation assez compliquée mais je ne suis pas prétentieux. A l'heure où je vous parle, les meilleurs karatékas qui étaient en dehors de la fédération sont revenus. Il y a encore une politique de main tendue qui est là et la fédération n'est pas fermée à qui que ce soit. Et nous allons continuer à travailler à ramener ceux qui ont véritablement envie de revenir. Mais je pense qu'il y a une très bonne ambiance aujourd'hui au sein de la fédération parce que 90% des parties prenantes sont en son sein. Quel président de fédération peut me dire aujourd'hui qu'il regorge 100% des gens autour de lui ?

Vous aviez mis un accent particulier sur la jeunesse. Quel bilan faites-vous ?

Je suis très fier parce qu'en allant à Abidjan, nous avions une délégation de 64 personnes dont 36 athlètes, 14 arbitres, 4 coachs, 2 journalistes et 4 officiels. Il y avait quasiment 60% de jeunes dans cette délégation. Contrairement à certaines fédérations, c'est l'inverse. En U21, le Burkina est l'une des meilleures nations africaines parce que nous avons réussi à doubler pratiquement le nombre de licenciés au niveau des moins de 16 ans. Cette frange des athlètes prouve que dans les quatre années qui viennent, le Burkina va exploser parce que la jeunesse est très puissante. Et toute cette frange d'individus qui ont moins de 16 ans, constitue à peu près 80% du vivier des Etalons. Et c'est pour la première fois au Burkina que vous avez plus de 10 ceintures noires 6e Dan. Jusqu'alors, ce débat était un mythe. Il fallait aller à paris ou au Japon pour faire le passage. Nous, nous l'avons fait à Ouagadougou avec des experts. C'est l'occasion pour moi de remercier le ministre des Sports, le gouvernement et en particulier le chef de l'Etat et le président de l'Assemblée nationale qui nous ont reçu pour encourager ces jeunes gens. Cela est très important dans une Nation. Les autres ne jouent que sur une médaille lorsqu'ils vont en compétition mais nous au karaté, nous jouons sur 20, 30 voir 40 médailles. Cela veut dire qu'il y ait un regard particulier sur les sports mineurs qui ont de faibles budgets pour faire face à leurs enjeux et challenges.

Des ambitions pour la Confédération Africaine de karaté-do ?

Il y a eu le congrès à Abidjan qui a permis que je devienne aujourd'hui, le président de l'Union des fédérations africaines de karaté-do (UFAK zone III). J'ai déjà ce mandat à mettre en valeur et travailler pour prouver qu'on pèse au niveau continental. Parce qu'il faut aller étape par étape. J'utiliserai le même amour et ma détermination pour l'UFAK car notre zone est la meilleure des 7 zones africaines et il faut que cela demeure. Je veux aujourd'hui qu'il y ait 5 arbitres mondiaux, un stage annuel de haut niveau, un open en janvier de chaque année autour du président Okambi qui est décédé il y a quelques mois, le championnat au niveau de la zone.

Et en termes d'infrastructures ?

Nous avons déjà eu la chance de bénéficier de la construction de la maison des arts martiaux par le Japon. Mais c'est une infrastructure qui appartient à tout le monde et pour l'évènementiel. Le rêve pour un petit président comme moi, c'est de construire un Dojo fédéral essentiellement pour les karatékas et pour le haut niveau. Je rêve d'un Institut national du sport et de l'éducation physique (INSEP) à la Burkinabè réservé aux karatékas. Nous allons probablement mener des projets à soumettre aux autorités politico-administratives et aux sponsors. Mais j'avoue que je ne quitterai pas cette fédération sans pensé à ce projet.

Un mot à l'endroit des athlètes et des sportifs burkinabè ?

Je remercie vraiment tout le peuple et le gouvernement burkinabè. Je félicite les athlètes parce que je leur dois mon élection au niveau sous régional. J'attends des résultats au Botswana, aux Jeux africains du Maroc et qu'ils se mettent à la tâche parce que le ministère des Sports nous soutien avec le peu de moyens qu'il a. Le chef de l'Etat et d'autres institutions telles que l'Assemblée nationale nous soutiennent. Le drapeau national doit flotter partout où nous sommes et nous ne devons pas mettre la honte à notre pays. Et surtout au chef de l'Etat qui a trouvé les mots juste pour galvaniser les athlètes. Mais surtout un grand merci au parrain, le papa naturel des athlètes, le Mooro Naaba Baongho qui nous reçoit chaque fois que nous sortons.

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