Burkina Faso: L'opposition réclame la démission du ministre des Mines

L'opposition politique a tenu son traditionnel point de presse, le mardi 18 juin 2019 à Ouagadougou. Les conférenciers ont donné leur lecture sur des points tels que le «scandale» du charbon fin et la sortie médiatique du ministre en charge de la défense nationale dans un journal sud-africain.

L'affaire du charbon fin saisi par la Brigade nationale anti-fraude de l'or depuis décembre 2018 continue de défrayer la chronique. La dernière réaction en date est celle de l'opposition politique qui, le mardi 18 juin 2019, dans le cadre de son traditionnel face à la presse, a exigé que le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani, rende sa démission et se mette à la disposition de la justice, «pour avoir gravement échoué dans sa mission».

Les conférenciers du jour, le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo et le 4e vice-président de l'Union pour le progrès et le changement (UPC), Amadou Diemdoda Dicko, ont reproché au ministre de s'être constitué avocat d'IAM Gold Essakane et d'avoir tenté de négocier avec la justice pour cacher certains pans de l'affaire. «On ne peut tolérer qu'en ces heures sombres où le Burkina Faso a besoin de ressources pour lutter contre ses ennemis, de hauts dignitaires du pays subtilisent des biens de la Nation», a accusé le président du PNDS.

Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Moumina Chériff Sy, a également fait les frais de la sortie médiatique des conférenciers. En cause, ses déclarations relatives, entre autres, aux actions du G5 Sahel et à l'engagement de la France dans la lutte antiterroriste au Sahel dans une interview accordée au journal sud-africain «The Guardian». L'opposition y voit les germes d'incidents diplomatiques.

Pour elle, les propos du ministre sont aussi le reflet d'un manque de coordination dans la communication gouvernementale puisque le président du Faso, dans le même temps, louait les actions du G5 Sahel, tout le contraire de ce qu'a affirmé son ministre d'Etat en charge de la défense.

Par ailleurs, les conférenciers ont dit prendre acte des résultats du sondage du Présimètre. Selon eux, le président du Faso «a échoué dans tous les domaines». Puis, revenant sur le dialogue politique initié par le chef de l'Etat, l'opposition politique a dit se démarquer des propos du président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), qui tend à restreindre le champ de ces concertations à l'organisation des élections. «Nous estimons que le pays est en danger et qu'il faut débattre de toutes les grandes questions touchant à la vie de la Nation», a insisté M. Lompo.

Les animateurs de la conférence ont enfin dénoncé «les velléités» du gouvernement tendant à envoyer les déplacés à la suite des tueries à Tongomayel et Arbinda sur les sites pour réfugiés de Barsalgho et Foubè. A les entendre, l'exécutif doit prendre toutes les dispositions pour que chaque Burkinabè se sente chez lui partout sur le territoire national.

Lors des échanges avec les journalistes, l'opposition politique a été interrogée sur son action concrète dans les situations qu'elle dénonce. Le 4e vice-président de l'UPC, Amadou Diemdioda, a soutenu que l'opposition reste dans son rôle qui est d'interpeller et de dénoncer. «Nous ne sommes pas aux affaires, nous ne pouvons donc pas jouer le rôle de l'autorité», a-t-il renchéri. Et à propos de dénonciation, les conférenciers ont rappelé «l'injustice toujours en cours» sur les tueries de Yirgou, promettant de toujours exiger la lumière tant que ces crimes resteront impunis. Pour eux, c'est d'ailleurs le silence de l'autorité qui a fait essaimer d'autres situations d'affrontements intercommunautaires à Arbinda, Nafona, Zoaga et récemment Banfora.

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