19 Juin 2019

Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi obligé de déboulonner Joseph Kabila - Qui a les mines contrôle la RDC

Du 19 au 21 juin 2019, tous les opérateurs miniers de la RDC et d'autres acteurs du secteur se retrouvent à Lubumbashi dans le cadre de la 15ème édition de la Semaine minière. A l'ouverture de ce grand rendez-vous des miniers, Albert Yuma, président de la Fédération des entreprises du Congo et président du Conseil d'administration de la Gécamines, a déjà donné le ton.

Pas question, selon lui, de revoir le Code minier révisé en 2018. Le ton est donné. Pendant 18 ans, Joseph Kabila a régné en maître dans les mines de la RDC. Au tour de Félix Tshisekedi d'inverser la tendance. Car, en RDC, qui a les mines a le contrôle du pays.

La 15ème édition de la Semaine minière de la RDC a ouvert ses portes le jeudi 19 juin au Pullman Grand Hôtel Karavia de Lubumbashi. Le rendez-vous est crucial. Car, après les tensions qui ont entouré en 2018 la révision du Code minier, les miniers ont l'occasion de faire le point du chemin parcouru.

A l'ouverture de ce forum, Albert Yuma, le tout puissant président du patronat, doublé de la casquette de président du Conseil d'administration de la Gécamines, a donné le ton. Très engagé dans le processus de révision du Code minier, Albert Yuma a promis de défendre jusqu'au bout les options souverainistes contenues dans ce code. Il espère d'ailleurs que le chef de l'Etat va lui emboiter le pas, en préservant l'héritage lui légué par son prédécesseur, Joseph Kabila.

« Les miniers ont vu dans l'arrivée de Tshisekedi une occasion de faire pression contre le Code minier promulgué par Kabila en 2018, qui augmentait considérablement les redevances et les impôts. Le président Félix Tshisekedi a indiqué jusqu'à présent qu'il resterait fidèle aux réformes de son prédécesseur », a prédit Yuma.

Mais, à Lubumbashi, au-delà d'un simple forum, la Semaine minière de la RDC est entourée de gros enjeux. On sait qu'entre les miniers et l'Etat, les tensions restent vives. En effet, les miniers n'ont toujours pas accepté les options retenues par la RDC dans le Code minier révisé. Ils l'ont fait savoir et pensent encore le faire, en marge des assises de Lubumbashi.

Pendant 18 ans, Joseph Kabila a dicté sa loi dans les mines de la RDC. Il a régné en maître, mettant tout le secteur sous sa coupe. On se rappelle encore de la polémique née à la suite de la reconduction d'Albert Yuma aux commandes du Conseil d'administration de la Gécamines. Dans les mines congolaises, la Gécamines n'est que cette face révélée de l'iceberg. En dehors de la Gécamines, c'est tout un empire minier qui s'est développé, via de nombreux partenariats signés avec des opérateurs privés.

Inverser la tendance

Kabila parti, c'est Félix Tshisekedi qui a hérité depuis janvier 2019 les rênes de la RDC. Arrivera-t-il à imprimer sa marque dans un secteur où Joseph Kabila garde encore de gros intérêts ? C'est tout le problème.

En RDC, c'est dans le secteur minier que le gouvernement central tire l'essentiel de ses ressources. Depuis des années, la croissance économiques de la RDC que la Banque centrale du Congo prédit cette année 2019 autour de 5,3% sera, une fois de plus, portée par le secteur des industries extractives, autrement dit les mines. Le secteur minier contribue, à lui seul, à hauteur de 40% des impôts perçus en RDC.

C'est dire que pour asseoir son pouvoir et réussir son mandat, le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, doit inévitablement avoir le contrôle du secteur minier. Or, sur ce terrain, Joseph Kabila a une longueur d'avance. En 18 ans de règne, Kabila a développé un réseau dont les ramifications vont bien au-delà des frontières nationales. Déboulonner l'empire minier bâti par l'ex-régime reste un défi à relever coûte que coûte pour le chef de l'Etat. Il est dans l'obligation d'imposer sa marque dans un secteur qui rythme, à lui seul, la cadence de toute l'économie congolaise.

A première vue, la tâche ne sera pas facile. Mais, Félix Tshisekedi a l'avantage de jouir des dispositions constitutionnelles qui le couvrent. Car, en réalité, pour le cas spécifique de la RDC, qui a les mines a également le contrôle du pays.

Pour le président de la République, imprimer sa marque dans le secteur des mines passe pour un impératif. La réussite de son mandat en dépend énormément.

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