Sénégal: Saint-Louis - La réserve de Gueumbeul confrontée à la salinisation (conservateur)

Guembeul-Gandiole (Saint-Louis) — La réserve de Guembeul fait face à l'intrusion de l'eau salée depuis l'ouverture de la brèche, en 2002, a indiqué son conservateur-adjoint, le capitaine Basile Sagna.

M. Sagna s'exprimait lors d'une visite de journalistes dans la réserve spéciale de faune de Guembeul, située dans la zone du Gandiole, à une douzaine de kilomètres au sud de Saint Louis.

"L'eau de la cuvette est devenue salée, avec de l'eau de mer, ce qui fait que l'eau douce a disparu, alors qu'avant cette cuvette était alimentée par le fleuve", a t-il souligné.

Le capitane Sagna a noté qu'avec la salinisation de l'eau, l'écosystème tout autour de la cuvette a disparu. Par conséquent, a-t-il relevé, "on ne voit plus de palétuviers, d'avicennisa ou de rhizophoras à cause de l'eau salée, à long terme, même les oiseaux vont fuir, pour migrer là où ils trouveront l'eau douce".

Outre la salinisation, la réserve est menacée, selon le conservateur, par le cactus, "une espèce envahissante et épineuse". L'espèce a été introduite dans la réserve "tout au long de la clôture du grillage, par précaution, afin en son temps, d'éviter que les animaux sortent des périmètres de la réserve", a t-il expliqué.

"Les plantes cactus ont aujourd'hui envahi les deux tiers de la réserve, faisant ainsi que les pâturages ne sont plus utilisables par les oryx, les gazelles +damas mhorr+ et autres animaux qui sont à l'intérieur", a-t-il déploré.

Le capitane Sagna signale qu'un groupe d'étudiants et de spécialistes, est en train de mener des études sur les formes de germination de ces espèces pour une lutte biologique et mécanique permettant de détruire le cactus dans la réserve.

La réserve de Guembeul, située dans la commune de Gandiole et créée en 1983, couvre une superficie de 720 hectares située dans une cuvette de 340 hectares. Elle est entièrement clôturée par un grillage long de 12 km. A l'intérieur vivent des animaux autochtones et des animaux de réintroduction, "des espèces qui existaient déjà au Sénégal", selon le conservateur adjoint.

Pour les animaux autochtones, il y a les phacochères, les singes rouges, les varans, les serpents, les lièvres, les lapins et les rats palmistes. Pour les animaux à réintroduction, on trouve la gazelle dama Mhorr, l'oryx, l'algazelle et la gazelle dorcas.

A cause d'une question d'acclimatation, ces animaux sont introduits dans la réserve avant d'être transférés dans d'autres réserves publiques et privées, afin de favoriser la démultiplication des stocks et prévenir d'éventuelles intempéries qui pourraient les tuer.

Le budget alloué à la réserve de Gueumbeul, qui est passé de 30 millions de francs Cfa à 14 millions de francs Cfa, ne permet pas "une bonne gestion tant pour l'alimentation que la santé des espèces qui vivent dans cette réserve", a déploré le conservateur adjoint.

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