Sénégal: Sortie de l'Union européenne contre le parrainage - Thierno Alassane Sall parle de victoire de l'opposition

Le président du mouvement politique «République des valeurs» a réagi favorablement au rapport rendu public par l'Union européenne sur la dernière présidentielle. Interpellé par Sud quotidien hier, mercredi 19 juin, Thierno Alassane Sall soulignant que le gouvernement n'a plus de choix pour constater le caractère inopérant de ce système, invite les Sénégalais à plus d'engagement dans les questions relevant de l'intérêt national.

Un des dix-neuf candidats qui s'étaient lancés dans la course à la candidature lors de la dernière élection présidentielle du 24 février avant de voir leur dossier recalé par le Conseil constitutionnel à l'étape de contrôle des fiches du système de parrainage nouvellement introduit dans le processus électoral, Thierno Alassane Sall brise le silence sur le rapport de l'Union européenne sur la dernière présidentielle. Interpellé hier, mercredi 19 juin par Sud quotidien, l'ancien ministre de l'Energie devenu un des plus virulents opposants de l'actuel président de la République a salué positivement cette sortie de l'Ue.

En effet, même s'il déplore le temps mis par la délégation de l'Union européenne avant de reconnaitre les vices du parrainage, Thierno Alassane Sall soutient que l'invite à l'abandon du système de parrainage faite par la délégation de l'Union européenne à l'Etat du Sénégal dans son rapport conforte l'opposition dans le combat qu'elle avait mené à l'époque contre ce système de parrainage citoyen.

«Nous saluons positivement cette position de l'UE même si de prime à bord, elle n'avait pas pris en considération les alertes de l'opposition. Nous avons au Sénégal une expérience confirmée des pratiques électorales, nous avons également une pleine connaissance des acteurs et leurs intensions ce qui est extrêmement importante en toute chose. Mais, à l'époque, elle (UE) n'avait vu les choses sous le même angle mais à l'arrivée, ils (membres délégations UE) ont aperçu que c'était un processus de sélection de candidats et que le processus mise en place de contrôle et de validation des candidats par le Conseil constitutionnel ne répondaient à aucun des objectifs de transparence. On n'avait pas les éléments sur les critères de désignation de l'informaticien qui a confectionné le logiciel, on n'avait pas non plus accès au fichier ce qui est une violation grave du processus électoral mais aussi beaucoup d'autres vices substantielles».

Poursuivant son propos, le président du mouvement politique «République des valeurs» dénonçant le niveau de corruption invite le gouvernement à constater que son système de parrainage est inopérant. «Qu'on ne me dit pas que ça marche ailleurs puisque dans aucune des grandes démocraties au monde, il y'a un système aussi inique où on demande de mobiliser un pourcentage de l'électorat alors qu'on sait très bien que notre environnement est fortement corrompu. La preuve, on a vu beaucoup d'argent circulé, des gens achetaient les listes d'autres parrainages pendant la période de collecte des signatures. Le niveau de corruption au Sénégal fait que ce système est inopérant et cela est bien une réalité qui saute à l'œil. Le gouvernement n'a donc plus d'autre choix que de constater que son système de parrainage est inopérant», a-t-il martelé.

Loin de s'en tenir là, Thierno Alassane Sall a également saisi cette occasion pour plaider une implication plus soutenue dans Sénégalais dan le combat relevant de l'intérêt national. Expliquant que «les gouvernements successifs ont fait croire au peuple sénégalais que les satisfécits décernaient par l'extérieur sont des preuves qui contredisent l'opposition ou toute autre voix qui s'élève en interne. Et c'est la raison pour laquelle, on est obligé d'aller vers ces institutions pour échanger avec elles».

Il a aussi déclaré que le «combat du Sénégal doit être porté par les Sénégalais sur toutes les questions». «Personnellement, je ne crois pas aux institutions internationales. Je crois fondamentalement au peuple sénégalais, à notre géni propre, à la capacité de nos journalistes de faire des investigations ou à la capacité de notre société civile de faire le travail de l'Union européenne ou de l'Itie ou encore à la capacité de nos universitaires de produire des recherches sur des questions aussi approfondies et fondamentales qui intéressent la société comme le pétrole, le gaz, le processus électoral», a ajouté leader de la «République des valeurs» qui conclut : «ce sont ces questions qui risquent de briser le lien commun qui nous unisse».

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