20 Juin 2019

Burkina Faso: Crise au CDP - «Eddie travaille pour le MPP, il ne lui reste plus que la démission» (Député Yahaya Zoungrana)

Des membres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) conduits par le député Yahaya Zoungrana ont animé une conférence de presse à Ouagadougou hier, 20 juin 2019. Selon eux, après avoir refusé de régler la crise à l'interne nécessitant une décision de justice en sa défaveur ou avoir échoué à le faire, le président du parti, Eddie Komboïgo, n'a d'autre choix que de démissionner, lui qui "travaille" pour le parti au pouvoir, le MPP.

C'est dans une salle archi comble de militants du CDP que cette rencontre avec la presse a eu lieu, comme si c'était un meeting. Heureusement, le maître de cérémonie leur a interdit tout applaudissement et action de désapprobation de sorte à garantir la sérénité des échanges. Au présidium, deux animateurs : le député Yahaya Zoungrana, membre du bureau exécutif national chargé des élus nationaux et des relations avec le Parlement, par ailleurs responsable à la communication du groupe parlementaire CDP, et Salam Dermé, secrétaire national chargé de la santé et de la lutte contre l'exclusion.

A leur droite des chefs coutumiers et à leur gauche des cadres du parti comme Innocent Couldiaty et Zambendé Théodore Sawadogo.

«L'opinion publique nationale et internationale a pu suivre le développement de l'actualité politique nationale, marquée par la suspension par le président du tribunal de grande instance de Ouagadougou du congrès extraordinaire du CDP qui était prévu pour se tenir le 16 juin 2019» : c'est par cette observation que le député Yahaya Zoungrana a introduit sa déclaration liminaire avant d'égrener "les dysfonctionnements graves dans la conduite des affaires du parti par Eddie Komboïgo et sa clique". La principale pomme de discorde a été l'augmentation démesurée, en violation de l'article 62 du parti, du nombre de membres du bureau politique national de 600 à 1008 membres avec une intention d'ajouter 300 autres personnes cooptées. Selon les conférenciers, les multiples interpellations sont restées sans suite, y compris une saisine par écrit en date du 21 mars 2019 qui a même été qualifiée de "torchon" par son destinataire pour mesurer l'ampleur de la crise, le BEN peine, selon eux, à réunir la moitié de sa centaine de membres.

Blaise Compaoré appelé à la rescousse

"Comme pour achever la démonstration de son Offre publique d'achat (OPA) du parti, non seulement les critères ne sont pas respectés mais, pire, pour gonfler à souhait le nombre de membres du BPN, il y a coopté même des individus dont les noms sont cités parmi ceux qui ont incendié des domiciles de nos camarades, des édifices publics et le siège du CDP en octobre 2014 où notre camarade Salif Ouédraogo, paix à son âme, a perdu la vie".

Deuxième reproche majeur des frondeurs : "la volonté affichée d'Eddie Komboïgo d'opérer un décrochage d'avec le président d'honneur du parti Blaise Compaoré". "Eddie gère le CDP comme son entreprise CAFEC-KA. Il étouffe toutes les sensibilités et les énergies, il dit à chacun de ses interlocuteurs que son prix est le sien. Seul son intérêt personnel prime alors qu'aujourd'hui il importe de privilégier les meilleurs choix pour faire gagner le parti", déplore Salam Dermé. Pour lui, le congrès avait l'intention de légaliser le sureffectif du BPN de sorte à n'avoir que des courtisans du président qui l'adouberaient immédiatement comme candidat du parti.

Les animateurs de la rencontre ont dénoncé le "refus scandaleux" d'accepter l'idée d'une candidature concurrente tout en sachant qu'à la lumière des textes, être président du parti n'équivaut pas systématiquement à être candidat statutaire à la présidentielle. Un point de non-retour semble avoir été atteint, car les conférenciers exigent :

« - La démission d'Eddie Komboïgo, président du parti, président du bureau politique national, seul garant du respect des textes fondamentaux du parti (article 62 des statuts) pour avoir violé l'article 32 desdits statuts et s'être ainsi rendu coupable de la sanction prévue par l'article 103 desdits statuts ;

- la mise en place d'une commission consensuelle et inclusive pour le traitement des dysfonctionnements du parti ;

- une prise de conscience des cadres du parti et des membres des structures pour barrer la route à la liquidation programmée du parti qui s'opère avec leur silence coupable. »

Ils ont enfin souhaité l'implication du président d'honneur et fondateur du parti, Blaise Compaoré, conformément à l'article 80 pour la résolution de cette crise et le choix consensuel du candidat du parti à l'élection présidentielle de 2020.

« Tout ce qui se passe prouve à souhait que le président a échoué et qu'il doit en tirer les conséquences et démissionner, lui qui travaille pour le MPP ».

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