20 Juin 2019

Congo-Kinshasa: FARDC - Fondements toujours fragiles !

Sur papier, la République Démocratique du Congo dispose d'une armée, avec un effectif de généraux largement supérieur à la centaine et des hommes de troupes difficiles à évaluer, compte tenu des cafouillages intervenus dans les processus de brassage et mixages entre celles du gouvernement, des mouvements rebelles et des miliciens Mai-Mai entre 2003 et 2006.

Comme pour ajouter à la confusion, les opérations d'intégration des ex-combattants des forces négatives dans l'armée régulière, de 2006 à 2018, ont souvent été des occasions d'y déverser des individus sans profil, bénéficiaires des parrainages politiques.

Par conséquent, la volonté des participants au Dialogue Intercongolais (2002-2003), de voir le pays se doter une armée professionnelle et républicaine avant l'organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales à la fin d'une transition de 24 mois au moins et 36 mois au plus, est restée un vœu pieux. A ce jour, le pays continue de trainer, comme un bourrelet, une armée truffée d'officiers et sous-officiers sans formation, car parachutés des milices et groupes armés dans les rouages du commandement, de généraux plus affairistes qu'encadreurs de leurs troupes, de soldats plus présents dans les mines que sur la ligne du front ou les casernes, etc. La corruption, cette antivaleur que le Président de la République ne cesse de dénoncer au fil des jours, a malheureusement gangrené aussi la « grande muette ». Bref, il y a plus que jamais nécessité de rebâtir une nouvelle armée nationale.

D'où l'importance que le Chef de l'Etat attache à la coopération militaire, en pleine phase de réchauffement depuis sa visite, à Washington, en avril dernier, entre notre pays et les Etats-Unis d'Amérique, sur pied du fameux « Partenariat stratégique ». Pas plus tard que cette semaine, un haut galonné de l'armée américaine a séjourné à Kinshasa, dans le but d'échanger avec le « haut sommet de l'Etat », le ministre de la Défense et le chef d'Etat-major général des FARDC, pour définir de manière concrète les modalités de « formatage » de nouveaux officiers et soldats congolais.

L'assistance militaire américaine à l'armée congolaise vise à faire de celle-ci un corps animé par des officiers et des soldats formés selon les règles de l'art, et capables de relever le défi de la défense de la partie et de la restauration d'une paix durable à l'Est du pays. Il s'agira, d'ici peu, de changer radicalement les méthodes et moyens de recrutement et d'entrainement, de rompre avec le clientélisme tribal ou politique, afin de placer l'homme et la femme sous le drapeau en situation de remplir correctement sa mission de la défense et de la sécurité nationales.

L'on espère qu'en réhabilitant le soldat et l'officier congolais au plan de la formation, de l'entrainement et de l'équipement mais aussi du social, l'on assisterait de moins en moins aux cas d'indiscipline, d'ignorance du règlement militaire, de violation des droits de l'homme, de mutinerie et rébellion, de désertion, de trahison, etc.

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