Congo-Kinshasa: Lors d'un atelier piloté par le Copirep - La REGIDESO n'a plus l'exclusivité de la gestion du service public de l'eau !

Il s'est ouvert ce jeudi 20 juin 2019 à Kinshasa, l'atelier sur le schéma institutionnel de restructuration de la REGIDESO en rapport avec la réforme du secteur de l'eau en République Démocratique du Congo.

Sous la direction du Comité de Pilotage de la Réforme des Entreprises du Portefeuille de l'Etat (COPIREP), ces travaux vont se clôturer aujourd'hui par la communication des recommandations formulées par des groupes de travail à la suite des échanges autour des différents thèmes développés. Il ressort de la présentation des principaux impacts de la réforme pour la REGIDESO, qu'elle n'a plus l'exclusivité de la gestion du service public de l'eau.

"Point n'est besoin de rappeler que le service d'Alimentation en Eau Potable est une des priorités du Président de la République pour répondre aux besoins de base de nos populations et une nécessité absolue pour renverser ce contraste existant entre les potentiels hydrologiques de notre pays et le taux actuel de desserte en eau potable", a relevé M. Alex Nkusu, Secrétaire Exécutif du COPIREP.

Cette étude sur l'évolution institutionnelle de la REGIDESO a été confiée à un consultant spécialisée en la matière, le français Daniel Gars. Cette étude a pour objet de déterminer la stratégie finale à mettre en œuvre pour restructurer la REGIDESO en profondeur, en tenant compte des développements que le secteur de l'eau connaît. Et déterminer la place future de la REGIDESO dans le nouvel environnement institutionnel de ce secteur en RDC.

Cet atelier de deux jours donne l'occasion au consultant de présenter les résultats de ses travaux à toutes les parties prenantes, avec une innovation majeure, celle de la participation des délégués des provinces qui sont, aujourd'hui, responsables de l'organisation du service public de l'eau dans leurs entités respectives. Le Ministre intérimaire de l'Energie et Ressources hydrauliques et le représentant du Ministre du Portefeuille étaient également de la partie.

La tenue de cet atelier procède, cependant, de la méthodologie de travail du COPIREP qui consiste à associer toutes les parties prenantes aux réflexions qui précèdent le choix des options stratégiques sur base desquelles le Gouvernement décide de la manière dont les entreprises publiques, particulièrement celles qui opèrent dans les secteurs clés de l'économie du pays, doivent être restructurées.

Le COPIREP se réjouit donc de la présence à cet atelier des participants qui sont venus d'horizons divers pour examiner, ensemble, les perspectives d'avenir d'une des entreprises publiques les plus importantes de la RD. Congo, la REGIDESO.

Diagnostic

Dans les conclusions du diagnostic de la REGIDESO, il relève que des performances techniques et commerciales sont en berne. Les niveaux de consommation par personne restent très faibles, même dans les trois principaux centres. Aussi, les niveaux de rendement technique et commerciaux n'ont connu aucune amélioration.

La part d'eau non facturée a atteint 46% en 2017, pire performance de la REGIDESO depuis 2006. Une organisation inefficace, le constat dressé dans cette étude et dans l'étude GlZ est donc sans appel.

Ce n'est pas tout, les charges liées aux ressources humaines n'ont pas été maîtrisées malgré la diminution des effectifs permanents car, l'interdiction de recrutement a été contournée par le recours aux tâcherons.

Toujours dans le chapitre du diagnostic, fruit d'un travail intense du Copirep, la principale raison pour laquelle la situation de la REGIDESO n'est pas désastreuse à l'heure actuelle tient à l'indexation des tarifs au Dollar, qui fait porter le risque de change intégralement aux usagers. Cependant, l'amélioration de la situation ne peut passer que par une amélioration des performances techniques et commerciales, et par le plein engagement de l'Etat pour le paiement des factures des Instances Officielles.

Une des illustrations de cet échec est qu'aucun manuel de procédures n'est à jour. Selon ces conclusions, un des facteurs de l'échec de cet appui à la REGIDESO est l'absence d'implication de l'Etat dans le respect de ses engagements au titre du contrat de performance.

Impacts de la réforme

La REGIDESO n'a plus l'exclusivité de la gestion du service public de l'eau. C'est l'un des principaux impacts de la réforme pour REGIDESO. La loi sur l'eau ne prévoit pas de statut particulier pour la société par rapport aux autres opérateurs privés ou associatifs. Les provinces sont libres de passer par d'autres acteurs pour assurer la maîtrise d'ouvrage. La REGIDESO doit dès maintenant se recentrer sur ses activités d'opérateur et adapter son organisation pour fournir le meilleur service à ses nouveaux donneurs d'ordre et aux usagers.

La démarche de contractualisation avec les autorités délégantes est la seule voie prévue dans la loi sur l'eau pour formaliser l'implication de la REGIDESO dans la gestion du service public de l'eau.

Contexte

En gros, la réforme de la REGIDESO est un processus qui a commencé depuis maintenant 10 ans. Elle comprend deux phases. Une phase préparatoire dite de stabilisation et de redressement et celle de la restructuration en profondeur.

La première phase est destinée à arrêter la dégradation de la situation générale de la société et à la placer sur la voie du redressement. La seconde, elle, vise remodeler la structure, l'organisation et le mode de fonctionnement de la société en vue de les adapter aux évolutions de son environnement interne et externe et la rendre plus efficace dans sa mission qui consiste à donner de l'eau potable à la population congolaise vivant en milieu urbain.

Chaque phase est précédée par une étude technique menée par des spécialistes et les résultats de leurs travaux sont examinés et validés par toutes les parties prenantes avant la décision finale du Gouvernement. "C'est ainsi que la phase de stabilisation et de redressement a été précédée par une étude qui a porté sur l'analyse de l'efficacité de la REGIDESO et de l'organisation institutionnelle du secteur de l'eau urbaine en RDC dont les travaux ont été examinés au cours de l'atelier organisé par le COPIREP le 7 juillet 2008", a soutenu le Secrétaire Exécutif.

Sur la base des résultats du diagnostic de la REGIDESO mené à cette époque et du rapport ad hoc lui transmis, le Gouvernement avait pris la décision, au mois de juillet 2009, de lancer la première phase de la réforme de la REGIDESO par la mise en œuvre d'un plan d'urgence de stabilisation et de redressement à travers un certain nombre d'instruments appropriés. Il s'agit, notamment d'un programme d'investissements prioritaires, un contrat de gestion finalement converti en un contrat de service et un plan d'optimisation du personnel.

Ces travaux d'évaluation indiquent que la dégradation de la situation générale de la REGIDESO a pu être arrêtée. La production ainsi que les ventes ont pu remonter et le taux de desserte d'eau potable en milieu urbain s'est amélioré avec la couverture d'une population additionnelle. En dépit de ce résultat, les besoins restent énormes et la situation de la REGIDESO doit être consolidée par une restructuration en profondeur.

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