20 Juin 2019

Burkina Faso: Projet de révision du Code pénal - Des journalistes dénoncent un attentat à la liberté de presse

Des organisations professionnelles des médias ont animé une conférence de presse, le jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, pour dénoncer les «restrictions à la liberté des médias et des citoyens contenues dans le projet de relecture du Code pénal».

Le projet de révision du nouveau Code pénal adopté en Conseil des ministres le 6 juin 2019 et transmis à l'Assemblée nationale, pour débat et adoption aujourd'hui 21 juin, est remis en cause par des organisations professionnelles des médias. Elles ont manifesté leur désapprobation, hier jeudi 20 juin 2019 à Ouagadougou, lors d'une conférence de presse.

En effet, le projet de révision du Code pénal est, selon les professionnels des médias, une opération qui vise à introduire des dispositions «attentatoires» à la liberté d'expression dans le chapitre consacré aux infractions liées au terrorisme et les communications relatives aux actes terroristes, par quel- que support ou moyen de communication que ce soit. Aussi, ont-ils dénoncé, dans le projet de texte, des notions «vagues» comme «temps voisin», «quiconque», etc. Cela prouve la volonté des autorités de ratisser large et de museler la presse et les citoyens, a estimé le président de l'Association des journalistes du Burkina (AJB), Guézouma Sanogo.

Il a cité en exemple le projet d'article 312-15 qui dispose : «est puni d'une peine d'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende d'un million à dix millions F CFA, quiconque publie ou relaie en direct ou dans un temps voisin, par un moyen de communication, quel qu'en soit le support, des informations, images ou sons de nature à compromettre le déroulement d'une opération ou d'une intervention des forces de défense et de sécurité en cas de commission d'acte terroriste».

De telles dispositions constituent un recul «grave», selon les conférenciers qui disent déplorer la remise en cause de leurs acquis par le pouvoir en place, «malgré la présence remarquée de journalistes dans le gouvernement». Aux dires des responsables des organisations faîtières des médias, les journalistes, principales cibles, selon eux, n'ont pas été associés lors des discussions. «Le processus de révision du Code pénal n'a aucunement été participatif et ne peut revêtir le sceau d'un quelconque consensus», a déclaré M. Sanogo.

«L'exécutif et le parlement, en parfaite complicité, ont ignoré les organisations professionnelles des médias dans leur majorité à l'occasion des séances des auditions pour amender le projet de texte à l'Assemblée nationale. La Commission des affaires institutionnelles et des droits humains (CAGIDH) a bouclé son rapport sans qu'aucune organisation professionnelle des médias n'ait pu être entendue», a-t-il regretté. A la question de savoir pourquoi, c'est maintenant qu'ils dénoncent ces manquements, le président de la Société des éditeurs de presse (SEP), Boureima Ouédraogo, a répondu que c'est recemment qu'ils ont eu le projet de loi et d'ajouter que toutes les portes ont été fermées aux organisations des médias. Néanmoins, ils se disent disposés à se battre pour la défense de la liberté des journalistes à informer les citoyens.

(Stagiaire)

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