Cote d'Ivoire: Piraterie maritime / Procès fictif - Un membre du gang, auteur de l'attaque d'un navire ivoirien, condamné à vie

Le procès fictif, organisé, du 18 au 20 juin, par le Secrétariat permanent du Comité interministériel de l'action de l'Etat en mer (Sepcim-Aem), a permis d'éprouver l'arsenal juridique ivoirien en matière de lutte contre la piraterie maritime.

John Nashville, membre du gang qui a attaqué, le 15 mars 2019, le pétrolier Delta Eagle, battant pavillon Côte d'Ivoire et en transit dans les eaux ivoiriennes au large de Jacqueville, a été condamné à perpétuité, hier, par le tribunal correctionnel d'Abidjan Plateau. L'accusé, dont les acolytes sont en fuite, a été reconnu coupable des faits d'association de malfaiteurs avec violence et de détention illégale d'arme à feu par le juge président.

Ce verdict marque, en fait, l'épilogue du procès fictif organisé, du 18 au 20 juin, à l'auditorium de la Primature au Plateau, par le Secrétariat permanent du Comité interministériel de l'action de l'Etat en mer (Sepcim-Aem), avec l'appui technique de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc) et le soutien financier des Etats-Unis d'Amérique. Y ont pris part des magistrats et agents des administrations parties prenantes, à savoir la Police nationale, la Gendarmerie nationale et les Affaires maritimes et portuaires.

« Le procès fictif, dont le délibéré a été vidé ce matin, est organisé dans le cadre du renforcement des capacités de la chaîne pénale », a expliqué Abroulaye Fofana, secrétaire permanent du Cim-Aem. L'initiative, selon lui, a valeur d'entraînement pour les magistrats et les procureurs, en prévision d'éventuels procès liés à des attaques en mer. « Nous avons constaté que la faiblesse dans notre système de lutte contre la piraterie maritime a toujours été la finition juridique du processus de criminalisation. Nous avons, aujourd'hui, les capacités de faire des opérations en mer, d'arraisonner les bateaux, d'arrêter les criminels. Mais, dans la plupart des cas, nous sommes confrontés à des situations où notre arsenal juridique est insuffisant pour ordonner certaines poursuites ou prononcer des condamnations », a fait savoir Abroulaye Fofana.

L'enjeu, a-t-il poursuivi, est d'avoir des magistrats capables en situation réelle de mener à terme le processus lorsque des criminels sont interpellés.

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