Sénégal: Désencombrement des alentours d'Abass Ndao, Tillène et de l'Avenue Blaise Diagne - Les ambulants ralent, les riverains se frottent les mains

Depuis que le mot d'ordre de libération de l'espace public a été donné aux marchands et autres vendeurs dans la capitale sénégalaise, ce n'est que dans la soirée de ce mercredi 19 juin que les forces de l'ordre ont procédé aux opérations de déguerpissement des marchands ambulants qui logent dans les parages de Abass Ndao et environnants. Conséquence des opérations: les étals qui foisonnaient sur les lieux comme à Tilène ou sur l'Avenue Blaise Diagne ont disparu des yeux. Au grand dam des marchands ambulants et autres vendeurs qui rouspètent contre la mesure alors que les riverains applaudissent en jouissant de la fluidité de la circulation retrouvée..

Vêtu d'un pantalon kaki et d'un maillot de l'équipe nationale de football, Ismaila Cissé déverse sa colère: «Nous avons le cœur meurtri. C'est difficile et nous déplorons vraiment cet acte. Cependant, nous mettons cela dans les mains divines car on ne peut que faire avec ». A côté, son voisin Amadou Diouf s'exprime d'un ton menaçant : « On se décarcasse pour travailler durement afin de nourrir nos familles et le Président Macky Sall nous l'interdit. Vous, journalistes, en avez une part de responsabilité parce que vous ne nous donnez que du tort, à nous autres ambulants. Nous sommes des Sénégalais et le Président doit prendre en compte nos ambitions. Il n'y a que la lutte qui puisse y remédier et nous sommes prêts à tous les sacrifices.

Toutefois, nous restons ouverts au dialogue, s'il le souhaite».

Plus loin, dans les sillages de Tilène, un autre décor se dresse. Sur place, nous avons trouvé une vieille dame en pleurs et dont les étals de poissons étaient en train d'être enlevés par des policiers. Juste à côté, une camionnette de police avait, elle, déjà rempli le véhicule de marchandises et de vendeurs. A quelques pas, non loin de là, une riveraine excluant de dévoiler son identité nous confie : « Ce matin, j'étais vraiment étonnée de voir comment la circulation était libre. Avant, c'était impossible de marcher librement sans que ces ambulants vous bloquent le passage. Cependant, ça aurait été mieux que la mairie de la ville leur octroie des cantines où travailler car ce sont tout de même des pères ou soutiens de famille ».

A Sandaga cependant, le désencombrement est en stand-by car c'est juste un mot d'ordre de lever qui a été prononcé. Du coup, les marchands sont prévenus mais restent toujours sur place. Habillé d'un boubou traditionnel, bonnet blanc à la tête et lunettes suspendues au front, ce septuagénaire vendeur de tissus par terre nous affirme : « on nous a avertis de déguerpir. Mais quand on nous interdit d'étaler ici, on doit par conséquent nous donner un lieu adéquat ou une activité remplaçante. Nous ne nous focalisons que sur ces ventes car nous sommes tout de même des pères de famille ».

En attendant, ces vendeurs sont dans les abords mais aucune activité de vente n'est exercée. Reste tout de même à savoir s'ils persisteront dans cette lancée ou feront encore dans la résistance si aucune solution n'est proposée par l'Etat comme nous l'affirment certains d'entre eux. En tout cas, les riverains saluent, eux, ce déguerpissement et espèrent surtout qu'il y aura un suivi. Pour rappel, suite à la lettre l'instruction du président de la République, Macky Sall, qui a beaucoup insisté sur le désencombrement de la capitale sénégalaise, dans la foulée de la réélection, les autorités préfectorales du département de Dakar ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de lancer une vaste opération de déguerpissement dans Dakar et environs

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