21 Juin 2019

Afrique de l'Ouest: Mutilations génitales - Plus de deux cents millions de femmes continuent de subir des effets en Afrique

Les chefs religieux et traditionnels ont été invités à lutter contre le fléau et les mariages d'enfants sur le continent, au terme d'un sommet tenu du 16 au 18 juin, à Dakar, au Sénégal.

Le premier sommet africain sur l'excision et les mariages d'enfants observe que certains pays, notamment la Somalie, la Guinée, Djibouti et le Mali résistent à l'éradication des deux fléaux du continent. Le sommet invite les jeunes filles et les chefs religieux à jouer un rôle central pour l'élimination des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces en Afrique, en "renforcant le dialogue au sein de leurs communautés religieuses pour remettre en cause les idées reçues selon lesquelles les mariages d'enfants et les MGF sont des pratiques acceptables", peut-on lire dans la déclaration finale du premier sommet africain organisé par le Sénégal, la Gambie et l'ONG Safe Hands for Girls.

Pour l'imam sénégalais Abdou Aziz Kane, les mutilations génitales "constituent un danger et une atteinte à l'intégrité physique des femmes. Les prêcheurs doivent élever leurs voix pour sensibiliser à ces problèmes ". Le numéro deux de la mosquée Al-Azhar a prononcé une fatwa (décret religieux) interdisant les mariages d'enfants, jugeant que "l'âge minimum de maturité" pour les jeunes filles était de 18 ans.

La coordonnatrice en Gambie de Safe hands for girls, Lisa Camara, a relevé que "les croyances restent un gros problème sur le terrain, parce que les gens pensent que ces pratiques sont des obligations religieuses", espérant que ce sommet aura permis de "faire avancer la cause".

39% des filles en Afrique mariées avant 18 ans

Plus de deux cents millions de femmes continuent de subir les effets de mutilations génitales dans le monde, notamment en Afrique, et quelque cinquante millions de jeunes filles risquent d'en être victimes d'ici à 2030, selon le rapport de l'Unicef de 2016. Malgré que la tendance est à la baisse dans plusieurs pays, des "poches de grande résistance " persistent, notamment en Somalie, en Guinée, à Djibouti et au Mali, selon les organisateurs.

Les MGF entraînent parfois des taux élevés de mortalité maternelle liés aux complications qu'elles engendrent, souligne la résolution. En Afrique, 39% des filles sont, par ailleurs, mariées avant leur 18e anniversaire et 13% avant leur 15e anniversaire, indique l'Unicef. Les participants ont également appelé les Etats à "renforcer la promotion de l'égalité des sexes et l'autonomisation des filles, afin qu'elles puissent profiter de leur enfance", recommandant que "Les filles, en particulier les survivantes de mariage précoce, doivent être à l'avant-garde de la lutte". Ils appellent à les placer "au cœur du débat sur les changements sociaux" et à s'attaquer aux questions d'éducation, de santé et de pauvreté, en évitant les "approches universelles" ne prenant pas en compte des situations "complexes et variables".

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