21 Juin 2019

Ile Maurice: Incinérateur à Riche-Terre - Un rapport des Pays-Bas examiné par les opposants

Bien que l'échéance pour contester le permis EIA de l'incinérateur de déchets ait expiré hier, les opposants au projet - habitants et commerçants de la région - ne baissent pas les bras. Ils citent une étude sur un cas similaire en Europe.

Des craintes pour la préservation de l'environnement se précisent. La demande d'un permis Environmental Impact Assessment (EIA) de Veolia, dont la date butoir pour la contester était fixée à hier, ne permet pas de savoir si les normes de fonctionnement de l'incinérateur à déchets qui devrait voir le jour à Riche-Terre, garantiront une protection à 100 % de la pollution de l'air et la contamination des sols et de l'eau. «Nous avons soumis nos arguments ainsi que ceux des entreprises de la région aujourd'hui (NdlR, en référence à la contestation du permis EIA). Nous attendons main- tenant un retour des autorités pour décider de la marche à suivre», explique Gregory Ng, un des opposants au projet.

Plusieurs autres protestations sont aussi mises en avant contre l'absence d'indications claires sur le traite- ment des déchets polluants et le respect des normes inter- nationales, afin que les gaz d'échappement ne puissent être rejetés librement en plein air. D'où le fait qu'hier encore, une poignée d'habitants a une fois de plus élevé la voix contre ce projet à hauts risques pour tout le monde, selon leurs dires.

Pour soutenir leur argument, ils comptent mettre en avant un rapport publié en 2018 aux Pays-Bas. Les similarités seraient presque les mêmes qu'à Maurice. L'étude a été faite sur un incinérateur high-tech. Selon le rapport, cinq ans après, l'étude montre ses effets néfastes et son impact sur la vie de tous ceux qui y sont exposés. De sérieux problèmes environnementaux et le taux de dioxine plus élevé dans l'air ont été détectés.

Les dégâts, toujours selon le rapport, affecteraient des habitations sur deux kilomètres à la ronde. Ce qui pourrait être le cas à Maurice aussi. Car, rappellent les contestataires, Baie-du-Tombeau et Terre-Rouge se trouvent à proximité. «Il y a aussi une zone industrielle dans les alentours, cela affecterait les employés des différentes compagnies de la région. Serait-il question d'une délocalisation ?» se demandent-ils.

Rapport dans deux mois

Selon les informations recueillies à hier, des ingénieurs se penchent sur le sujet. D'ici deux mois, le rapport sur les risques d'un tel projet dans une zone hautement résidentielle devra voir le jour et être soumis aux autorités concernées.

Outre les problèmes liés à l'environnement et qui auront un impact sur la santé de tous, les contestataires s'élèvent contre le problème d'embouteillage que risque de connaître la région. «Il y a déjà un énorme embouteillage aux heures de pointe et les camions de vidange de Veolia circuleront toute la journée dans la zone industrielle de Riche-Terre. Jeter les déchets de pétrole, collectés dans le port des navires en visite, est une activité à haut risque, allant du transport au processus de mise au rebut en passant par l'incinération», soutiennent-ils.

Les commerçants se préparent déjà au pire

La psychose s'est installée dans plusieurs régions, qui pourraient être directement affectées, après que l'annonce d'un incinérateur de déchets a été annoncée à Riche-Terre. Pour cause, depuis le début de la semaine, après la mobilisation des habitants, c'est au tour des commerçants d'élever la voix. Ce projet, disent-ils, affectera leur gagne-pain. «De nombreuses villas sont louées dans cette région, que se passera-t-il maintenant ? Touris pa pou le mem vinn la», s'insurgent-ils. Ils comptent, eux aussi, envoyer une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth dans les jours à venir.

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