Sénégal: L'Etat préoccupé par la sauvegarde du patrimoine de Sembène Ousmane

Dakar — Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Demba Faye, a fait part vendredi de la préoccupation de l'Etat du Sénégal relativement à la situation actuelle de "Gallé Ceddo", le domicile laissé en patrimoine par le défunt cinéaste sénégalais Sembène Ousmane.

"Le ministère de la Culture et de la Communication reste très préoccupé par l'état actuel de +Gallé Ceddo+, le domicile de Sembène Ousmane et la sauvegarde de son patrimoine", a-t-il souligné à l'ouverture du colloque que l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a consacré au défunt réalisateur, sur le thème "Sembène Ousmane, artiste militant".

Selon lui, "l'Etat du Sénégal est disposé à soutenir la famille au cas où elle souhaiterait en faire un musée ou un lieu de mémoire comme ce fut le cas pour la villa de feu le président Léopold Sédar Senghor".

Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication Demba Faye rappelle la réalisation à titre posthume du projet de film panafricain "Samory" qui "tenait beaucoup à cœur Sembène Ousmane".

Il a appelé "toutes les bonnes volontés (collectivités locales, mécènes, universitaires, partenaires financiers nationaux et internationaux, etc.) à se mobiliser pour réaliser ces projets qui vont davantage immortaliser et pérenniser l'œuvre du regretté Sembène".

Demba Faye estime que Sembène Ousmane "a tracé la route, à nous également de poursuivre sur ce chemin".

Selon son président, le professeur Maguèye Kassé, l'association Sembène Ousmane a décidé d'organiser ce premier colloque international coïncidant avec le douzième anniversaire de la disparition du défunt cinéaste, pour célébrer "un homme qui a consacré toute sa vie à un combat pour libérer l'Afrique de l'ignorance, de l'aliénation sous toutes ses formes, de la pauvreté et de la mal gouvernance avec des moyens comme la littérature et le cinéma".

Si l'on en croit le professeur Kassé, "ce colloque apporte des éléments nouveaux dans l'analyse scientifique que les quatre axes définis par l'Association comme projets qui apparaissent dans le combat de Sembène".

Le chercheur français Edouardo Cagnan, secrétaire général et membre fondateur de l'association, a lui insisté sur l'importance du travail de mémoire, "essentiel pour garder les traces de nos auteurs et construire la littérature de demain".

Il a donné en exemple l'ouvrage intitulé "L'homme est culture" de Sembène Ousmane, qui constitue la restitution d'une conférence donnée par Sembène dans l'Indiana en 1975 et qui est aujourd'hui introuvable.

Diverses thématiques sont au menu de ce colloque, en plus de la projection d'un court métrage de Sembène Ousmane intitulé "Albourah" (Le Cheval).

Une exposition du peintre Abdoulaye Diallo et du cinéaste Magette Diop renseignent également sur le travail de celui qui était appelé affectueusement l"'aîné des anciens", en allusion à son statut de pionnier du cinéma sénégalais et africain en général.

Sembène Ousmane, écrivain, réalisateur, scénariste, producteur et acteur, est décédé le 9 juin 2007 à Dakar, à l'âge de 84 ans. Il fut aussi docker, maçon, pêcheur.

Parmi ses nombreux romans figurent "Le docker noir" (1956), "Ô pays, mon beau peuple" (1957), "Les Bouts de bois de Dieu" (1960), "Le Mandat" (1956).

Dans le domaine du cinéma, on lui doit plusieurs courts métrages, dont "Borrom Sarret" (1963), "L'Empire songhay" (1963) et de nombreux longs métrages parmi lesquels "La Noire de..." (1966), Le "Mandat" (Mandabi, 1968), "Xala" (1974), "Camp de Thiaroye" (1987).

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