23 Juin 2019

Ile Maurice: Sourde à la naissance - Shahana commence à entendre...

Elle a fêté ses 18 ans en décembre. En guise de cadeau, Shahana Shamtally a recouvré l'ouïe. Partiellement, à 55 % plus précisément. Mais son combat n'est pas terminé...

Cette habitante de Curepipe veut désormais avoir une vie normale, comme toutes les jeunes filles de son âge. D'autant plus qu'elle n'a pas eu une enfance facile. Elle a dû se battre contre vent et marées pour voir la lumière au bout du tunnel.

Shahana était sourde à la naissance. Elle ne réagissait à aucun son. «C'est quand elle a eu un an qu'on a compris que quelque chose clochait chez elle.» Ses parents l'emmènent alors à La Réunion, pour un diagnostic complet, Maurice étant à la traîne dans le domaine à l'époque. Elle a par la suite été accompagnée par des médecins en Inde, confie sa maman. explique la maman.

Au fil des ans, au prix de gros sacrifices, les Shamtally ont dépensé pas moins de Rs 4 millions pour que leur fille mène à bien son combat contre la surdité. Le père de Shahana, Abdool Rashid, explique que toutes leurs économies et bien plus y sont passés. Il est menuisier et fait des petits boulots à droite et à gauche, dont peintre, pour arrondir les fins de mois.

«À l'âge de cinq ans, Shahana a eu des appareils auditifs sauf qu'elle ne voulait pas les porter. Li ti pé fer mové. Li ti pé fer ner», se rappellent les parents. Ce n'est que bien plus tard, une fois qu'elle a commencé à comprendre qu'il était impératif de les avoir à l'oreille, qu'elle a accepté.

Aujourd'hui, la jeune femme a pu recouvrer partiellement l'ouïe. «Mé li touzour pa tro tandé... Par exemple, si vous lui parlez au téléphone, elle ne pourra pas vous répondre. Elle communique toujours essentiellement à travers la langue des signes», renchérit sa maman. Shahana fréquente par ailleurs une école spécialisée. L'ado, selon les dires de ses parents, est très débrouillarde férue de technologie. «Li konn servi Facebook, WhatsApp tou li.»

De plus, même si elle peut désormais entendre partiellement, elle est suivie régulièrement par les médecins. «Chaque six mois-un an, elle doit se rendre à l'île sœur pour se faire ausculter et avoir un avis médical sur son progrès personnel.» Coût du voyage : 6 000 euros en moyenne (environ Rs 240 000) frais médicaux compris. Montant que la famille peine à réunir.

«Nou finn tap tou laport. Nou finn lans apel partou. Nou demann enn dernyé led ek bann Morisien. Ed nou pou ki mo tifi kapav ena enn lavi normal enn zour», supplie le père.

Il a également sollicité l'aide de la police afin de pouvoir organiser une collecte de fonds à travers l'île.

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