23 Juin 2019

Ile Maurice: Partielle, Rutnah et Compagnie - Les électeurs du n° 7 pas ravis

Le «Writ of election» a été émis mardi. Annonçant - en principe - une élection partielle à Piton- Rivière-du-Rempart, dans le sillage de la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo. Si la date du 13 novembre a été choisie, des observateurs politiques affirment qu'en fait, d'élection il n'y en aura point. Puisque l'Assemblée doit être dissoute en décembre et des élections générales organisées. En attendant, que pensent les électeurs de la circonscription de tout cela ? Et de leurs députés ?

Ils sont au cœur de l'actualité depuis que la date de l'élection partielle a été annoncée. Les habitants de la circonscription no 7, Piton-Rivière-du-Rempart, devraient se diriger vers les centres de vote le 13 novembre prochain pour remplacer Vishnu Lutchmeenaraidoo, ancien ministre des Affaires étrangères qui a démissionné. Si les habitants de ces villages sont au centre de toutes les conversations en ce moment, eux, ont d'autres chats à fouetter.

Au taxi stand, jeudi après-midi, les marchands de fruits papotent entre eux en attendant les passants. Abu Fokeerbux, 46 ans, est parmi. Lui, il ne se fait pas d'illusions. «Tou seki pou vini pou parey sa.» Cela ne changera rien à sa vie. Il devra toujours travailler comme marchand de fruits le jour et gardien de sécurité la nuit. Il devra toujours se faire du souci pour l'avenir de son fils, et les officiers du District Council le chasseront toujours.

D'ailleurs, il ne comprend pas pourquoi le gouvernement tient absolument à faire élire un député qui ne siégera que pendant un mois. «Dépité-la ti la, dépité-la inn alé, pann sanz nanyé. Pa ti trouv zot mem.» Le Citizen Advice Bureau est désespérément vide semaine après semaine. D'ailleurs, en quatre ans, il n'a jamais vu l'ombre d'un élu de la circonscription dans l'endroit. «SAJ pa vini mem. Apré, ena Ravi Rutnah. Avek so bann kozé dernierman-la... » Il ne finira pas sa phrase, esquissera une grimace.

'Leur cas' en suspens

Ses collègues sont d'accord. Selon un autre marchand, si l'opposition aligne un candidat, il sera sûr d'être élu. Il se rappelle du temps où le Dr Balkissoon Hookoom était un élu de l'endroit. Son cabinet se trouve à proximité, et il était toujours sur le terrain. «Li, li ti aksésib. Zordi, si met enn pié banann si contre MSM, li pou gagné», ironise-t-il.

La conversation passionne. D'autres s'y joignent, mais les points de vue ne divergent pas. Un laboureur avance qu'en 2014, pendant la campagne électorale, Vishnu Lutchmeenaraidoo en personne leur avait promis de s'occuper de 'leur cas'. «Cela devait être la première chose qu'il allait faire au Parlement. On devait avoir une augmentation. Mais vous avez vu quelque chose ?» Les députés le dépitent.

Ses rides se creusent, forment un rictus. Son énervement croit. Non seulement sa situation ne s'est pas améliorée, mais l'endroit est à l'abandon. Les marchands qui travaillaient là ont dû bouger pour aller plus loin, là où les clients sont aussi rares que les députés.

Les infrastructures laissent à désirer et les élus font la sourde oreille. «Ena dé dépité aster, mé kan ti ena trwa, ti parey. Ou kwrar SAJ ek Ravi Rutnah ki pou kav okip nou?» Et puis, pourquoi dépenser «nou kas» dans une élection partielle alors qu'il y a tellement mieux et plus important à faire. Un autre marchand, lui, tient à préciser que si pendant quatre ans, personne n'a rien fait, il est peu probable qu'un député fasse des miracles en un mois...

Un peu plus loin, Loganaden Armoogum vend des gâteaux en compagnie de sa femme. Si la politique ne le passionne pas, il tient quand même à donner son point de vue. D'ailleurs, lui, il ne croit pas que l'élection partielle aura lieu, surtout que les élections générales sont «dan kwin laport». Comme tous les autres, la valse des députés n'a rien changé à sa vie. «Mais peut-être que si SAJ avait gardé son poste, les choses auraient changé ici, qui sait ?»

Mais tous les habitants de la circonscription ne se laissent pas aller à la désillusion. Louis Jean Noël, est ravi du travail de l'alliance MSM-ML. Malade, il «trace» quand même sa vie en vendant des noix de coco. Son sac en rafia sur l'épaule, il n'a pas trop le temps de parler. C'est qu'il a des choses à faire chez lui. Avant de partir, il précise tout de même que le prix du gaz ménager est passé de Rs 240 à Rs 210. Pour lui, le gouvernement, fait bien son travail.

Il s'en va, puis revient pour rappeler à tout le monde que «pansion inn ogmanté ousi». Cependant, il est surpris d'apprendre qu'il y aura une élection partielle. C'est que ces derniers temps, sa santé ne lui a pas permis de suivre l'actualité. Est-ce que le gouvernement a ses chances de passer ? «Sa pa koné. Bizin atann mem!»

Il s'en va, pour de bon, cette fois.

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