22 Juin 2019

Sénégal: Mega-rassemblement contre le «scandale» portant sur les contrats pétroliers et gaziers - «Aar li nu bokk» reussit son coup

Après avoir interdit, la semaine passée, la manifestation de la plateforme citoyenne "Aaar Li Nu Bokk", le préfet de Dakar, Alioune Badara Samb, a autorisé hier, vendredi 21 juin, le rassemblement de ladite plateforme au boulevard du Centenaire.

A cet effet, les manifestants ont pris d'assaut les lieux pour répondre à l'appel citoyen et exiger la lumière sur les contrats pétroliers et gaziers, après l'éclatement du « scandale » ou de l'affaire de corruption présumée relayée par la chaine anglaise BBC et éclaboussant le frère cadet du président Macky Sall, Aliou Sall.

La place symbolique des allées du Centenaire était pleine à craquer hier, vendredi 21 juin 2019. Un monde fou était venu de partout, des citoyens de tout bord.

Une marée humaine impressionnante pour répondre à l'appel à la manifestation de la plateforme citoyenne "Aaar Li Nu Bokk" contre le scandale touchant les contrats pétroliers et gaziers au Sénégal.

Les manifestants arboraient des tee-shirts où on pourrait lire « Sunu pétrole », et brandissant une panoplie de pancartes hostiles à Aliou Sall, le maire de Guédiawaye et autres « corrompus, voleurs magouilleurs et criminels financiers », des slogans à dire vrai très hostiles au régime de Macky Sall.

Venus en nombre réclamer la lumière sur le « scandale » pétrolier et gazier incriminant le directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignation, Aliou Sall , frère du président Macky Sall, et l'homme d'affaires Frank Timis, les jeunes ont répondu massivement à la convocation de la Plateforme citoyenne « Aar Li Nu Bokk ». Alors que l'horloge affichait 16h 54 mn, le leader de Pastef /les Patriotes, Ousmane Sonko, flanqué de ses gardes du corps a enthousiasmé la foule.

L'arrivée de l'ancien candidat à la dernière élection présidentielle avait électrisé la foule. Prenant la parole devant une foule ivre de joie, Ousmane Sonko a été paradoxalement un peu clément avec le président Macky Sall, ce qui n'était pas son habitude.

Aussi a-t-il déclaré : « Moi Ousmane Sonko en tant que simple citoyen, je suis prêt à pardonner à Macky Sall, à ses ministres de tout cœur ». Et le leader de Pastef de fixer néanmoins ses conditions pour le pardon en question.

« La condition, c'est le retour immédiat de nos ressources. Mais, il y a aussi les contrats signés dans la nébuleuse avec des milliers de milliards de dollars qui peuvent régler définitivement les problèmes des Sénégalais.

Que le président prenne l'engagement de renégocier tous les contrats et tout ce qui fait au désavantage du Sénégal" », soutiendra Ousmane Sonko.

Poursuivant son propos, le leader de Pastef déclarera à qui veut l'entendre que « plus jamais ça, nous n'allons jamais accepter des jeunes qui s'enferment dans leur bureau pour signer des contrats au Sénégal parce que simplement on leur a donné des mallettes d'argent au détriment du peuple Sénégalais. Nos étudiants ont droit à un avenir.

Les femmes qui vivent dans le monde rural ont droit à mieux que ça, les jeunes qui meurent dans les couloirs des hôpitaux ont droit à mieux que ça ». Venu prendre part à la manifestation, le maire de Mermoz Sacré cœur, Barthélémy Dias, a tiré encore à boulets rouges sur Macky Sall. «

Tous ceux qui disent que cette affaire ne les considère pas, ce sont les premiers ennemis du pays. On ne va pas polémiquer ni se battre. Les 6000 milliards que Macky Sall a détournés, il faut qu'il fasse retourner l'argent au peuple ».

Grand moment de mobilisation populaire pour la gestion transparente des ressources naturelles du Sénégal, la manifestation d'hier, vendredi, a été un franc succès pour ses promoteurs.

Au final, les manifestants ont promis de descendre dans la rue chaque vendredi pour que la lumière jaillisse enfin sur cette affaire du pétrole et gaz et sur les accusations portées par la chaine de BBC.

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