23 Juin 2019

Burkina Faso: Massacre de Yirgou - Les familles dénoncent la lenteur de la justice

Six mois après le massacre de Yirgou, les femmes victimes et des familles de victime ont organisé samedi 22 juin un sit-in devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou pour dénoncer la lenteur de la justice dans le traitement de ce dossier.

Le 1er janvier 2019, après l'assassinat du chef du village de Yirgou, situé dans la province du Sanmatenga, des Peuls ont été ciblés par des villageois Mossi, aidés par des membres de leur groupe d'autodéfense, les Koglweogo. Bilan : plus de 200 personnes tuées et des milliers de déplacés.

À l'image des femmes originaires des provinces du Sanmatenga et du Soum, Madame Bah, née Aissatou Boli, qui a vu des membres de sa famille être tués au cours des représailles suite à l'assassinat du chef de Yirgou, manifeste contre la lenteur de la justice. « Vraiment, on veut que la justice fasse son travail, témoigne-t-elle. Depuis le massacre de Yirgou, cela ne fait que s'empirer de jour en jour. On a des veuves, des orphelins, vraiment c'est devenu insupportable. Jusqu'à présent, rien n'est fait. »

Pourtant, explique Daouda Diallo, le coordonnateur du Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés, le procureur de la ville de Kaya a déjà auditionné plusieurs victimes et témoins. « Le procureur a dit clairement qu'il avait pu identifier 180 suspects sérieux, 200 témoins et victimes. Il a même demandé à ce qu'on arrête les suspects sérieux qui sont impliqués dans ces crimes, mais jusqu'à présent, il y a des blocages », déplore Daouda Diallo.

Avec des calebasses renversées sur leur tête, les femmes dénoncent également la dégradation des conditions de vie sur les sites accueillant les déplacés. « Aujourd'hui, nous portons cette calebasse renversée pour signifier le manque de nourriture sur les différents sites », justifie Apsa Diallo est leur porte-parole.

Les femmes du Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés invitent le gouvernement à mettre à la disposition de la justice tous les moyens nécessaires afin que la lumière soit faite sur les massacres de Yirgou, Arbinda et autres.

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