Mauritanie: Les Mauritaniens aux urnes - Qui pour succéder à Ould Abdelaziz ?

Le président Mohamed Ould Abdelaziz ne briguera pas de troisième mandat à la tête de l'Etat mauritanien.

« Le fait que Mohamed Ould Abdelaziz n'a pas procédé à la modification de la Constitution pour rester au pouvoir pour un troisième mandat est un fait positif surtout dans le contexte africain marqué par la volonté de certains présidents de changer la Constitution pour rester au pouvoir », a souligné Moussaoui Ajlaoui, expert associé à AMES-Center dans une déclaration à Libé.

En effet, certains présidents font des mains et des pieds pour rester éternellement au pouvoir comme c'était le cas de l'ex-président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qui voulait briguer un cinquième mandat avant qu'une révolution populaire ne le contraigne à la démission ou le cas de Omar El Bachir, au Soudan, forcé, lui aussi, d'abdiquer suite à une révolution populaire.

Lors des élections présidentielles qui auront lieu ce samedi en Mauritanie, on va connaître le successeur du président sortant, Mohammed Ould Abdelaziz, au pouvoir depuis 10 ans.

Il y a six candidats en lice. Il s'agit de l'ex-général Mohamed Ould Ghazouani, qui est, selon l'AFP, « le compagnon de route du président sortant, et crédité samedi de 29,5% des intentions de vote par un sondage du Centre mauritanien des études et des recherches stratégiques (Cmers) réalisé auprès de 13.000 électeurs à Nouakchott, où vit près d'un quart de la population ».

Selon la même souce, Mohamed Ould Ghazouani « est suivi par l'ancien chef du gouvernement de transition (2005-2007), Sidi Mohamed Ould Boubacar, crédité de 23%, qui espère accéder au moins au second tour, le 6 juillet».

Et d'ajouter : «Sidi Mohamed Ould Boubacar est soutenu par une coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, principale force d'opposition, et par l'homme d'affaires franco-mauritanien en exil Mohamed Ould Bouamatou, bête noire du régime ».

Les autres candidats en lice sont le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (9,5% dans le sondage), l'opposant historique Mohamed Ould Moloud (3,7%), le journaliste Baba Hamidou Kane (2,6%) et Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi (2,1%).

Selon Moussaoui Ajlaoui, le candidat favori est Mohamed Ould Ghazouani qui avait fait ses études au Maroc et en Jordanie et sa probable élection ce samedi à la présidence s'inscrirait dans la continuité du régime du président sortant.

« C'est un ex-général qui remplace un autre. Mais il faut insister sur la stabilité sécuritaire et militaire dans un espace où s'activent des groupes jihadistes et de trafic de drogue.

S'il remporte les élections -ce qui est fort probable-, cela signifie la continuité de l'ancien régime. C'est-à-dire qu'il n'y aurait pas de rupture dans la politique menée jusqu'à présent». Et de préciser : «Même s'il y a continuité, il y a également une transition du pouvoir, et c'est une chose importante ».

Quels sont les défis auxquels doit faire face le prochain président de la Mauritanie ? D'après le chercheur marocain, quel que soit le nouveau élu, il devra affronter plusieurs défis, notamment sécuritaires dans l'espace sahélo-saharien, économiques, de la cohésion sociale et de rétablissement des relations avec les pays voisins surtout le Sénégal et le Maroc.

« On a noté, durant les dernières années, du règne de Mohamed Ould Abdelaziz, une amélioration dans les relations de Nouakchott avec Rabat et Dakar, tout en sachant au niveau économique qu'un grand gisement de gaz entre la Mauritanie et le Sénégal pourrait être exploité par les deux pays. Et si l'on veut exporter ce gaz vers l'Europe, ce sera probablement par le Maroc », a fait savoir Moussaoui Ajlaoui.

Il a, par ailleurs, souligné que depuis la nomination d'Ismail Ould Cheikh Ahmed à la tête du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération mauritanien, les relations entre Nouakchott et Rabat se sont nettement améliorées.

« Ces relations pourraient se renforcer avec Mohamed Ould Ghazouani », a-t-il mis en exergue, tout en précisant que « le Polisario est sérieusement inquiet surtout après la récente déclaration de Mohamed Ould Ghazouani à propos du vote des habitants de Tindouf lors des élections mauritaniennes ».

Pour rappel, les habitants de Tindouf participaient avant aux élections dans ce pays et également aux élections présidentielles algériennes.

Et récemment, Mohamed Ould Ghazouani avait déclaré que permettre aux habitants de Tindouf de voter aux élections présidentielles mauritaniennes constitue une trahison pour la Mauritanie.

« Je crois que le meilleur candidat pour le Maroc est évidemment Mohamed Ould Ghazouani, car Mohamed Ould Mouloud représente le parti (Union des forces de progrès UFP) le plus proche du Polisario même si des membres de ce parti entretiennent de bonnes relations avec le Maroc. Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar pourrait œuvrer également en cas de victoire à renforcer ses relations avec le Maroc », a conclu Moussaoui Ajalaoui.

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