21 Juin 2019

Soudan: Au Soudan et en Algérie, la protestation ne faiblit pas

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika et son homologue soudanais Omar Hassan el-Béchir ont été chassés du pouvoir en avril dernier par la rue. Depuis, les populations de ces deux pays maintiennent la pression.

En Algérie, le mouvement de contestation populaire, débuté le 22 février, se poursuit en dépit des avertissements formulés mardi (18 juin) par le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Une mise en garde qui ne rassure pas Maati Kabbal, le chargé d'actions culturelles à l'Institut du monde arabe à Paris. "Je crains qu'un jour, les militaires fassent la même chose que leurs homologues soudanais. Mais les manifestants algériens essayent vraiment de ne pas arriver à ce scénario," explique Maati Kabbal.

En revanche, au Soudan, la mobilisation populaire en faveur du transfert du pouvoir aux civils a considérablement diminué depuis la sanglante répression de début juin par les Forces de soutien rapide (RSF).

Mais les populations n'ont pas complètement abdiqué, selon l'historien Maati Monjib, membre du Comité scientifique du CODESRIA, le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique. "Les activistes publient de temps en temps des appels à continuer à résister. Ils sont dans un certain repli tactique pour essayer de s'adapter à la nouvelle donne qu'est la répression à balles réelles où des dizaines et des dizaines de victimes tombent," précise l'historien.

Pour l'heure, le Conseil militaire de la transition au Soudan n'est pas prêt de rendre le pouvoir aux civils. Maati Kabbal, de l'Institut du monde arabe.

"Il faut pas non plus oublier que l'armée soudanaise est soutenue par des forces étrangères, que ce soit la Russie, ou les Américains qui veulent vraiment faire un retour au Soudan, ou encore d'autres puissances occidentales," souligne M. Kabbal

Ajoutons qu'en Afrique du nord, seule la Tunisie a pu réussir sa transition démocratique après le renversement en 2011, à la faveur du Printemps arabe, de son ancien président Zine el-Abidine Ben Ali.

Ça n'a pas été le cas pour l'Egypte, dirigée par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi. Et on ignore l'issue de la situation en Algérie et au Soudan.

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